Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......

Publicité

Discours prononcé Place St Jacques le 15 août 2007

15 août 2007 – Place Saint Jacques
Les défis du moment

Lors de la première et de la deuxième guerre mondiale, alors qu’il s’agissait de conjurer les périls de la guerre, les évêques de Metz, Mgr Benzler et Mgr Heintz, se tournèrent avec leur peuple vers Notre-Dame de Metz, trouvant en sa protection foi et espérance pour affronter l’épreuve. C’est leur démarche que nous rappelons chaque 15 août en venant à notre tour en procession auprès de la statue de la place Saint-Jacques.
 
La guerre s’est fort heureusement éloignée de nos frontières depuis plus de soixante ans, mais elle reste hélas présente de façon tenace en d’autres parties du monde. Nous jouissons de la liberté et de nombreux avantages humains, même si ceux-ci pourraient être plus équitablement partagés avec tous et, malgré cela, nous avons à relever de nombreux défis si nous voulons le bonheur pour tous, un bonheur qui certes sur cette terre restera toujours limité, mais qui n’en reste pas moins la vocation de l’homme : Jésus n’a-t-il pas inscrit les béatitudes au cœur de son Evangile ?
 
Les défis du moment, les évêques de France les ont plusieurs fois rappelés ces derniers mois dans la perspective des élections. Lors de leur dernière assemblée, ils énuméraient les convictions des chrétiens par rapport à la vie en société :
 
oui à la vie, de son fragile commencement à son accomplissement naturel ;
oui à la famille, cellule de base de la communauté humaine et premier lieu où les hommes et les femmes apprennent la confiance en eux-mêmes et dans les autres ; et corrélativement, oui au droit qu’a l’enfant d’avoir un père et une mère unis par les liens du mariage ;
oui à tout ce qui conduit à un plus grand partage du travail et des richesses et non à ce qui favorise l’inégalité grandissante dans le monde et dans notre pays ;
oui à un accueil des immigrés généreux, responsable et respectueux des droits de l’homme : oui à la sauvegarde de la création.
 
Tous ces oui s’imposent aux chrétiens à partir de la vision de l’homme et du monde qui leur vient de la foi. Ils constituent comme autant de points de repère nets sur les exigences du bien commun et sur la mise en œuvre effective de la fraternité entre les hommes.
 
Si je les énumère aujourd’hui, dans le cadre de notre hommage annuel à Notre-Dame de Metz, c’est parce que ces oui ne constituent pas seulement un programme politique, mais une charte de renouvellement intérieur des personnes. D’ailleurs, nous le savons d’expérience, les programmes politiques les meilleurs se heurtent toujours à la résistance des personnes.
 
Marie, que nous célébrons plus particulièrement en ce 15 août, nous ramène toujours à son Fils et, comme à Cana de Galilée, elle nous dit en ce jour : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ». L’enseignement du Christ précisément concerne essentiellement la conversion des personnes car, pour lui, c’est à partir d’elle que les structures de la société peuvent changer : l’amour fraternel jusqu’au don total de la vie, la préférence des plus faibles et des plus petits, le partage des biens, l’effort dans le travail, le respect de la vocation surnaturelle de l’homme sont les maîtres mots de la doctrine sociale inspirée de l’Evangile. En les mettant en œuvre, les chrétiens apportent à la société dont ils partagent la vie un concours inestimable.
 
Un écrit anonyme de la fin du IIe siècle, la Lettre à Diognète, présente les chrétiens : ce sont des hommes et des femmes comme tout le monde, ils jouent loyalement le jeu de la vie en société avec ses droits et aussi ses devoirs, ils obéissent aux lois établies dans la mesure où celles-ci ne s’opposent pas à la voix de leur conscience, ils cherchent à aimer tous les hommes et, en leur partageant leurs convictions, ils pensent assurer leur bien et leur bonheur.
 
En d’autres termes, les disciples du Christ se veulent « au service de tous et sans ambition de pouvoir, ils se sentent à l’aise dans une société démocratique et laïque. Ils lui apportent leur contribution,

sans accepter que leur foi soit reléguée dans la sphère du privé, puisque celle-ci a une dimension humaine et sociale » (Réhabiliter la politique, n°35).
 
Les disciples du Christ reconnaissent l’importance et la noblesse de l’engagement politique, aussi n’entendent-ils ni le déserter, ni le décrier. Ils respectent les gouvernants et les élus qu’ils ont choisis démocratiquement, ils prient volontiers pour eux parce qu’ils savent leur charge difficile, mais ils n’en gardent pas moins un regard critique sur leur action.
 
La confiance en l’intercession maternelle de Marie qui est au cœur de notre démarche d’aujourd’hui ne consiste pas à nous décharger sur elle des tâches qui nous incombent, mais à les assumer avec elle et avec son aide dans la condition de disciple, d’hommes des béatitudes, de façon à servir nos frères à la manière de Jésus. A l’heure présente, nous pouvons affirmer sans nous tromper que, dans la société qui est la nôtre, le renouvellement intérieur des personnes est aussi important que les changements institutionnels. A l’école de Marie, qui fut la première des disciples de Jésus, nous apprenons à devenir disciples. Puisse Marie être l’étoile qui guide notre cheminement et notre engagement à rendre heureux nos frères.
fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article