Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......

Publicité

L'année de la Charité 2ème partie

Lettre pastorale de l’évêque de Metz
à l’occasion du 100ème anniversaire
de la Fédération Caritas
 
2ème partie

 

5.         Charité – solidarité, justice, humanitaire, développement
 
            Pas plus qu’elle ne méconnaît les initiatives des hommes et des femmes de bonne volonté, au sens où les entendait le bienheureux Jean XXIII dans Pacem in terris, l’Eglise ne récuse ces appellations nouvelles et ce qu’elles expriment.
 
1) C’est précisément le pape Jean-Paul II qui, entre autres avec Solidarnosc, a réintégré la solidarité. Le 2e Concile du Vatican, il est vrai, avait préparé la voie avec Gaudium et Spes (v.g. nn 4, 31, 37). Dans l’Encyclique Sollicitudo rei socialis, Jean-Paul II déclare : « La solidarité est sans aucun doute une vertu chrétienne… A la lumière de la foi, la solidarité tend à se dépasser elle-même, à prendre des dimensions spécifiquement chrétiennes de la gratuité totale, du pardon et de la réconciliation » (n° 40). Comme son nom précisément l’indique, la solidarité naît de la conscience d’appartenance commune, fondatrice de liens et d’interdépendances, tandis que la charité, quant à elle, se situe davantage dans la relation aux personnes concrètes.
            Une solidarité qui partirait d’une vision abstraite de l’homme ou des groupes sociaux, fondée sur la race ou la classe déraperait facilement en idéologie et en exclusion, tandis que la solidarité, fondée sur la conscience de la dépendance réciproque entre les hommes comme personnes concrètes, ne saurait être récusée. C’est ainsi que l’ont envisagée les évêques de France dans leur Charte de 1988 : « La solidarité devient un enjeu déterminant pour l’avenir de l’humanité et la diffusion de l’Evangile. Elle est un chemin indispensable de la paix et du développement. Elle constitue l’un des éléments actuels de l’authentique charité chrétienne ».
            Je note cependant que si, en 1987, notre message sur ces questions a pour titre : « L’urgence de la solidarité », onze ans plus tard notre Conseil national de la Solidarité intitule un message similaire « L’urgence de la charité » !
 
            2) Si la charité est une vertu théologale, la justice est une vertu cardinale qui, selon l’Abrégé du Catéchisme de l’Eglise catholique, consiste « dans la volonté constante et ferme de donner à autrui ce qui lui est dû » (n° 381). L’objet de ces deux vertus est donc différent : le prochain en tant qu’objet d’amour pour la charité, le prochain en tant que sujet de droit pour la justice. Mais un droit non informé par la charité, qui fonde notre humanité, serait-il un droit authentiquement humain ? Et une charité qui ignorerait le droit, c’est-à-dire le prochain en tant que digne de respect, serait-elle encore charité ? C’est pourquoi la promotion de la justice selon l’Evangile fait partie intégrante de la mission de l’Eglise. Comme le rappelle Paul VI dans Evangelii nuntiandi :
            « Il est impossible d’accepter que l’œuvre d’évangélisation puisse ou doive négliger les questions extrêmement graves, tellement agitées aujourd’hui, concernant la justice, la libération, le développement et la paix dans le monde. Si cela arrivait, ce serait ignorer la doctrine de l’Evangile sur l’amour envers le prochain qui souffre ou est dans le besoin » (n° 31).
 
            3) Trente ans après avoir été adulé et hissé quasiment au statut de religion de substitution, l’humanitaire est aujourd’hui en crise. Certes, il serait injuste de le réduire à ses dérives, mais précisément ces dérives ont quelque chose à nous dire sur le rapport de l’humanitaire à la charité.
            Il y a d’abord un alignement de l’humanitaire sur le modèle de l’entreprise et du marché. La professionnalisation des actions est bien sûr une nécessité : ce n’est pas parce qu’on sert les pauvres ou les victimes de catastrophes qu’on doit le faire en dilettante, bien au contraire, mais aligner les relations des organismes avec leurs donateurs sur le modèle du marché est une erreur, c’est confondre le don et l’échange. Or c’est ce qui se produit dans bon nombre d’organisations humanitaires.
            Deux raisons sont généralement avancées pour justifier cette évolution récente. D’abord ça marche : que cela plaise ou non, on peut à la limite essayer de « vendre » la souffrance humaine comme de la lessive. Cela se fait depuis des décennies aux Etats Unis et plus récemment en France. Les méthodes sont les mêmes et le vocabulaire utilisé par les professionnels du « charité-business » est identique à celui des professionnels de la publicité commerciale. Le slogan, la segmentation et le ciblage des messages qui en résulte, les méthodes « test and trial », les gourous de la communication associative deviennent les moteurs de la recherche de fonds. Mais, à long terme, dans le monde de transparence qui est le nôtre, les donateurs ne risquent-ils pas de se détourner des organismes au fur et à mesure qu’ils découvrent que leur compassion est utilisée comme simple matière première pour stimuler les entrées de telle ou telle association humanitaire ? Plus encore, la confusion entre le don et l’échange marchand – médiatisé par la publicité et le spectacle – auquel on prétend le réduire, n’aboutit-elle pas à un terrible appauvrissement de l’humain ? Enfin, bien des observateurs lucides sont frappés par son narcissisme congénital, lié sans doute à sa naissance, et qui relève autant du spectacle que de la charité. L’auto-glorification des actions humanitaires des vedettes du « show-business » ne risque-t-elle pas d’entraîner un peu plus dans cette dérive individualiste qui rend toujours plus difficile la rencontre de l’autre et surtout du Tout autre pour nos jeunes ? Et si l’aventure spirituelle se vit à l’image de l’aventure du médecin de l’urgence ou de la vedette, comment trouvera-t-elle la route de celui qui ne se rencontre que dans le silence et l’humilité du cœur ?
 
            4) Le développement intégral des personnes et des peuples est ce que recherche de plus en plus la charité. Trop souvent cette dernière a été confondue avec une sorte d’assistance, alors qu’il s’agit de mettre debout celui que l’on aide en en faisant l’artisan de son propre développement. C’est aujourd’hui de plus en plus l’orientation fondamentale des organismes caritatifs catholiques, elle se heurte cependant aux difficultés à changer des bénévoles et à la passivité des personnes secourues.
 
 
6.         Donner et se donner
 
            La charité, nous l’avons vu, est le moteur de toute la vie chrétienne et cependant elle a été liée dès les débuts du christianisme à l’aide à ceux qui sont dans le besoin ou la détresse.
 
            Dès l’âge apostolique en effet, la communauté chrétienne a souci des plus pauvres, et saint Paul organise la première grande quête de l’histoire au profit des frères de Jérusalem. Vers 150, la célébration de l'eucharistie, que décrit l’apologète saint Justin, parle d’une véritable quête en faveur des orphelins et des veuves et de tous ceux qui sont dans le besoin.
 
            Mais que donne-t-on aux pauvres ? De son superflu ou de son nécessaire ? Et suffit-il de signer un chèque si généreux soit-il ou d’envoyer une promesse de don ? Ne faut-il pas chercher aussi à se donner soi-même comme le font ceux et celles qui sont liés à plein temps aux œuvres caritatives ? « Le seul cadeau qu’on puisse faire au prochain, disait le grand théologien Karl Barth, c’est soi-même ». Comment ne pas s’habituer à la misère du monde et garder vive en soi cette attention du cœur à toute forme de détresse ?
 
            L’organisation du carême chrétien a très tôt lié le jeûne au partage avec les pauvres : la privation de nourriture n’est pas seulement pour s’en remettre à Dieu, mais aussi pour partager de son nécessaire avec les frères dans le besoin.
 
            Si désintéressés soyons-nous dans l’aide à nos frères les plus démunis, nous risquons toujours de susciter chez eux une relation de dépendance à notre égard (« mes » pauvres). Saint Vincent de Paul qui était très conscient de cela disait avec justesse qu’il fallait se faire pardonner nos actes de charité.
 
            En réalité, la charité à sens unique, cela n’existe pas : l’un fait la charité, l’autre en est le bénéficiaire. C’est un échange entre des personnes à travers l’échange d’objets ou de services : il n’y a pas ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien. Comme nous l’avons écrit dans notre Charte de la solidarité : « Pauvreté et richesse ne sont pas des notions simplement économiques. On peut être pauvre de biens de consommation et porteur de richesses humaines. On peut être riche matériellement et manquer de valeurs essentielles. Aucun homme ne doit considérer qu’il n’a rien à apprendre des autres. Aucun ne doit être considéré comme trop pauvre pour apporter aux autres » (Charte de la solidarité des Evêques de France).
 
            Bien entendu, ce que je dis des relations interpersonnelles vaut a fortiori des relations de pays à pays et d’Eglise à Eglise, ainsi que l’envisage la Charte de la solidarité invitant à de véritables partenariats.
 
 
7.         Pour que la charité soit vive en nous
 
            1) Une vie spirituelle intense est indispensable. Il nous faut notamment cultiver la vertu théologale d’espérance. Le monde actuel, humainement parlant, est désespérant : on a l’impression de se trouver face à des conditionnements puissants que l’on ne peut modifier et le peu que l’on entreprend apparaît comme une goutte d’eau dans un océan. Le pauvre quant à lui n’est pas forcément aimable et il faut parfois être fraternel avec lui, malgré lui.
            Jésus, en affirmant : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous » (Jn 12,8), laissait sûrement entendre que la pauvreté était liée aux structures endémiques de péché qui affectent l’humanité de tous les temps et que la pauvreté ainsi comprise ne serait définitivement vaincue que par sa venue glorieuse à la fin des temps. Cela ne veut pas dire évidemment qu’à cause de cela nous devions rester sans rien faire, les bras croisés, bien au contraire.
            La Constitution Gaudium et Spes du 2e Concile du Vatican nous a laissé sur ce point de précieuses indications :
            « Dieu nous prépare une nouvelle demeure et une nouvelle terre où régnera la justice et dont la béatitude comblera et dépassera tous les désirs de paix qui montent au cœur de l’homme. Alors, la mort vaincue, les fils de Dieu ressusciteront dans le Christ, et ce qui fut semé dans la faiblesse et la corruption revêtira l’incorruptibilité. La charité et ses œuvres demeureront et toute cette création que Dieu a faite pour l’homme sera délivrée de l’esclavage de la vanité…
            L’attente de la nouvelle terre, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller…
            Car ces valeurs de dignité, de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits excellents de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra le Royaume à son Père… » (n° 39).
 
            2)         Ne pas dissocier service des pauvres et annonce de l’Evangile
 
            Les évêques de France le déclaraient à Lourdes en 1987 : « Le développement doit être intégral. Il est impossible d’en dissocier les aspects matériels et spirituels… Libération et évangélisation représentent deux niveaux distincts d’une œuvre unique ».
            Et, en 1988, la charte de la solidarité y revenait : « Le développement n’est pas extérieur à l’évangélisation. Ces deux réalités ne peuvent être séparées : comment en effet pourrait-on annoncer le message d’amour et de fraternité de l’Evangile sans travailler directement et efficacement à sa réalisation ? Mais elles ne sont pas non plus confondues. Elles ont leur autonomie et leurs méthodes propres qui dépendent en partie du contexte où elles s’exercent. Elles sont en même temps reliées l’une à l’autre dans une unique mission de l’Eglise : la promotion du développement intégral pour un salut de tout l’homme ».
            C’est bien ce que confirme l’histoire de plusieurs siècles de mission ad gentes. L’annonce de l’Evangile a été source de développement et de promotion humaine. Les missionnaires qui ont apporté l’Evangile à ceux qui ne l’avaient pas encore reçu ont donné leur vie pour cela, soit qu’ils aient été très jeunes emportés par la maladie ou le martyre (saint Augustin Schoeffler, martyrisé à 29 ans, à peine arrivé au Tonkin), soit qu’ils aient usé leurs forces à proposer la foi.
            Comme je l’ai déjà dit, la présence des œuvres missionnaires dans nos conseils de la solidarité manifeste la complémentarité des diverses tâches confiées à l’Eglise. La Journée mondiale missionnaire le rappelle chaque année à l’ensemble des fidèles.
 
            3)         Travailler à l’avènement d’un monde de justice et de paix
 
            Les cieux nouveaux et la terre nouvelle, dont nous parle Gaudium et Spes, nous les préparons par nos multiples engagements d’ici bas et déjà nous espérons en percevoir l’ébauche. La charité n’est pas seulement un secours des personnes ou des collectivités, mais, comme nous l’avons déjà vu, un combat pour leur développement intégral, une lutte permanente contre les structures de péché si souvent dénoncées par le pape et les évêques.
            En invitant les catholiques de Moselle à « promouvoir et soutenir l’engagement dans la Cité », la huitième orientation de notre Projet Pastoral Diocésain entend les engager sur ce chemin.
            Le coup de cœur et la bonne volonté ne suffisent pas :
            « Les situations complexes actuelles de chômage, d’absence de logement, de misère, de détresse de populations exposées à la guerre, à la déportation et à la famine, appellent plus qu’un coup de cœur ; elles demandent des actions collectives, appuyées sur des analyses sociales, économiques et politiques qui dépassent les capacités individuelles. Pour cette action collective, nous sommes-nous réellement posé la question de notre engagement personnel dans des associations, dans des syndicats, dans des partis et des instances politiques ? Ou bien laissons-nous trop facilement et sans réfléchir ce type d’actions à d’autres, souvent les mêmes, quitte à les critiquer ensuite ? » (Les évêques de France, Conseil de la solidarité).
            Cette pratique de la charité s’exerce d’abord à travers les engagements professionnels dans l’entreprise ou le service public. Elle s’exerce aussi à travers les législations, le droit et donc les responsabilités politiques comme électeur ou comme élu, d’où l’importance d’une présence éclairée des chrétiens dans la Cité. Les divers mouvements apostoliques de l’Eglise catholique contribuent à aider les fidèles laïcs à assumer comme leur tâche propre le renouvellement de l’ordre temporel (cf. Apostolicam actuositatem, n°7).
 
            4) Soutenir et promouvoir les institutions que l’Eglise catholique s’est donné
 
            La charité, l’histoire de l’Eglise nous le montre, est inventive. A chaque époque, la charité a poussé des chrétiens à innover pour que les situations de détresse soient prises en charge, nous l’avons vu, tant et si bien que l’Eglise catholique dispose aujourd’hui d’une panoplie variée d’institutions qu’elle cherche à renouveler et adapter aux besoins du moment.
 
                        a. On ne sera pas surpris que l’on cite en tête le diaconat. Selon les Actes des Apôtres (6, 1-6), il est né du désir des Douze d’organiser la charité. Il a connu des périodes prestigieuses comme au temps de saint Laurent, diacre de l’Eglise de Rome au IIIe siècle, qui sentant les biens de l’Eglise menacés par les persécuteurs s’était empressé de les distribuer aux pauvres. Un siècle plus tard, saint Ephrem le Syrien, diacre de l’Eglise de Nisibe (aujourd’hui en Turquie), meurt d’épuisement pour avoir servi les exclus de son temps : « A la mesure de notre amour, écrivait-il, nous aurons la vie qui n’a pas de mesure ».
                        La restauration du diaconat permanent par le 2e Concile du Vatican a déjà contribué au renouvellement de la diaconie de l’Eglise catholique.
                        b. Les instituts de vie consacrée. La vie religieuse apostolique, surtout féminine, s’est la plupart du temps développée pour répondre aux requêtes nouvelles de l’évangélisation et de la pauvreté. Les fondateurs ont perçu des besoins nouveaux qui n’étaient pas pris en charge et ils les ont confiés aux religieux ou aux religieuses qu’ils fondaient.
                        Depuis la clôture de Vatican II, on a trop facilement déclaré que ces instituts étaient dépassés puisque leurs œuvres étaient prises en charge par la société civile. Qu’il s’agisse de l’éducation, du soin des malades ou du service des pauvres, il y a encore de la place pour des vies consacrées et puis, comme je l’ai dit plus haut, il y a tant de lieux-frontières où la société civile n’a pas encore investi.
                        A mon avis, la vie religieuse apostolique retrouvera un nouvel élan lorsqu’elle aura les moyens de se placer en ces lieux frontières. Cela dépend sans doute de son recrutement mais, en même temps, son recrutement en dépend.
 
                        c.  Les organisations proprement caritatives.
 
                        La 9e orientation de notre Projet Pastoral Diocésain invite les catholiques de Moselle à œuvrer dans le cadre de ces organisations :
                        « Dans les institutions socio-caritatives, notamment celles que l’Eglise s’est donné, ils travailleront non seulement à répondre aux urgences qui les sollicitent, mais aussi à manifester le souci de l’Eglise pour la dignité et la promotion de tout homme ».
                        Lors de son intervention à l’Assemblée plénière des évêques de France d’avril 1994, Mgr Joseph DUVAL, alors président de notre Conférence, déclarait :
                        « Les catholiques sont présents dans de multiples organismes non confessionnels au service de la solidarité. Mais l’Eglise se donne des institutions pour vivre concrètement la diaconie qui fait partie de sa mission au milieu des hommes. Il y a les organismes nés de la volonté de l’Eglise locale ou de l’ensemble des Eglises diocésaines de notre pays. Il y a des organismes nés d’initiatives privées, mais qui se veulent être l’expression des catholiques ou une expression de l’Eglise. La diversité est une richesse, même si elle comporte le risque de la dispersion des efforts. Mais la concertation garantit la qualité ecclésiale de la démarche » (Assemblée plénière des évêques de France, Paris, 1994, La solidarité, p. 136). Ces organismes peuvent être aussi internationaux comme le Conseil pontifical Cor unum, véritable ministère de la charité du Pape qui a pris en charge des initiatives généreuses comme la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel.
                        Jean-Paul II a longuement développé les bases théologiques de cette solidarité au sens chrétien du terme – solidarité entre chrétiens et solidarité avec tous les hommes – dans son Encyclique Sollicitudo rei socialis. Il y montre comment l’Eglise doit être sacrement de cette dimension spécifiquement chrétienne, non seulement par son enseignement, mais surtout par ses actions.
                        En instituant en 1988-89 le Conseil national de la solidarité et en invitant chaque évêque à faire la même chose dans son diocèse, la Conférence des évêques de France a voulu affirmer fortement le lien entre d’un côté la mission, la solidarité pastorale et de l’autre l’aide humanitaire, le développement, la lutte contre les exclusions.
                        Peu de temps après, l’Encyclique Redemptoris Missio rappelait avec force l’articulation entre les deux, et comment l’action « humanitaire » de l’Eglise s’inscrit dans sa mission spécifique d’évangélisation des peuples.
                        Les fidèles laïcs sont donc invités à soutenir ces divers organismes de leurs deniers et plus encore à s’y engager comme bénévoles. Ils y apprendront beaucoup d’autant plus qu’au cours des deux dernières décennies, ces organismes ont eu le souci de faire leur aggiornamento en corrigeant leurs méthodes (v.g. passer de l’assistanat à la promotion des personnes) et en modernisant leurs moyens d’action.
                        La plupart du temps, la société civile fait confiance à ces organisations et même tend à se décharger sur elles des problèmes qu’elle n’arrive pas à résoudre (v.g. les sans-papiers). Il y a dans le cas un véritable risque, car le rôle des institutions d’Eglise est d’abord un rôle d’éveil plus que de substitution à une société défaillante.
 
 
 
Conclusion : L’année de la charité
 
 
            C’est, je l’ai dit, d’abord une année de réflexion. La présente lettre voudrait, comme le Carême à domicile 2006, provoquer et nourrir cette réflexion.
 
Il n’y a pas de manifestation spéciale à organiser, sauf à honorer dans ce sens le temps fort qu’est déjà le Carême et les deux anniversaires que sont les 60 ans du Secours Catholique et les 100 ans de Caritas Moselle. Ce sont évidemment les responsables du Secours Catholique et de Caritas Moselle qui prépareront la célébration de leurs anniversaires respectifs et qui nous y convoqueront.
 
            Bonne année de la Charité ! Et comme nous le chantons à la messe du Jeudi Saint : « Ubi caritas et amor, Deus ibi est ».
 
 
 
                                                                                                        20 septembre 2005
 
 
 
fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article