Lettre aux chrétiens de la communauté du Bon Pasteur:
Vers une réforme progressive de notre vie paroissiale
1. Comprendre notre situation: savoir d’où nous partons
Chers amis,
Cela fait maintenant plus de 6 mois que je chemine avec vous. Il me faudra encore du temps pour bien vous connaître. Je crois que cette connaissance-connivence nous aide tous à bien vivre comme chrétien. N’hésitez pas –je le répète– à m’inviter: j’en serai ravi! Il me semble que déjà nous avons pu nous apprécier mutuellement et je dirai même nous aimer fraternellement, en toute simplicité. Pour moi, c’est d’une importance primordiale, surtout dans le contexte dans lequel nous sommes. Vous connaissez la parole de Jésus : « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. » Voilà tout le moteur de notre action, de notre partenariat : notre amitié. Et ce partenariat, nous voulons le poursuivre dans la joie que nous procure notre vie avec le Christ. Nous voulons faire grandir notre vie communautaire. Nous voulons avoir un avenir ensemble, et pas simplement subir le présent. Nous voulons choisir cet avenir. Il est temps d’avoir un regard réaliste sur ce que nous sommes, de faire l’état des lieux en quelque sorte, pour diagnostiquer notre situation en vérité, mesurer l’état de nos forces et de nos faiblesses, et nous proposer une vision pour le futur. Il s’agit d’entrer dans l’espérance.
Lorsque je suis arrivé, je ne vous cache pas les difficultés que j’ai rencontrées, et qui ont en partie limité mon action : l’absence de presbytère, de secrétariat (photocopieur, bureau,…), une mission double auprès du Service des vocations sur l’ensemble du diocèse et auprès de notre communauté de paroisses (15.000 habitants), la nécessité d’apprendre « le métier », de découvrir une nouvelle réalité après 4 années de ministère comme secrétaire particulier de notre évêque, une succession d’un confrère décédé…. Sans exagération aucune, le premier mois, je finissais très souvent mes journées à 1h00 du matin pour gérer l’administratif et sortir à temps le feuillet paroissial. A ce rythme, je me suis souvent demandé si j’allais tenir. La présence de mes confrères de St Maximin m’a été un vrai soutien et je les en remercie. Je peux dire aussi que le Seigneur m’a aidé. Sa présence s’est faite « sentir » aux moments les plus difficiles. Je ne dis pas cela pour faire « pieux », mais parce que c’est la vérité.
Aujourd’hui, je suis heureux d’avoir mouillé ma chemise pour cette mission. Mais je vous en veux un peu : j’ai pris 5 kilos… sourire… rassurez vous, avec le temps, je vais réussir à faire un peu plus de sport, quitter les formes pour retrouver -je l’espère- la forme.
Ce qui m’a aussi donné beaucoup de joie et de courage, c’est d’avoir pu trouver du soutien auprès de vous, et ce dès le début. Cette bonne volonté, cet engagement concret m’ont aidé et ont aidé la communauté à poursuivre sa vie et sa mission. Fin octobre, nous avions déjà mis sur pied un vrai secrétariat à Veymerange, et 4 personnes pour faire l’accueil. Le lancement des premières communions s’est fait grâce à l’équipe en place. L’équipe baptême s’est agrandie et a poursuivi sa mission. Les offices, les obsèques sont assumés (chorales, sacristie, etc…). Les malades sont visités. Pour communiquer, nous avons un site internet et le feuillet paroissial. Les enfants sont catéchisés. Les conseils de fabrique sont en charge. Les mouvements prennent leur part dans la pastorale. L’EAC (équipe d’animation de la Communauté) a travaillé, et bien d’autres petites mains que le cadre de cette lettre ne me permet pas de nommer.
Signe d’une vitalité et d’un printemps qui pointe son nez, le nombre des mariages à célébrer cette année a été multiplié par trois ! Dans plusieurs paroisses, les enfants de chœur sont de retour. Merci à tous ceux qui se sont investis dans toutes ces missions, parfois depuis longtemps. Merci de continuer, malgré la fatigue ! Comme les hébreux, nous sommes en quelque sorte dans le désert et nous marchons vers la terre promise avec l’espérance au cœur, malgré la chaleur du jour.
C’est vrai, le découragement et la fatigue nous guettent. C’est le premier constat que j’ai pu faire en vous rejoignant : beaucoup de membres actifs sont fatigués. Et cela se comprend. Pourquoi ? Le manque de perspective, le manque de renouvellement des générations chrétiennes lié au contexte social (laïcisation-sécularisation-déchristianisation et vieillissement de la population), notre manquement à appeler de nouvelles forces, à proposer l’Evangile Vivant toujours neuf et créatif (avouons le : nous sommes encore nostalgiques et habitués d’une situation sociale où tout le monde était à peu chrétien, et où le curé et ses vicaires suffisaient pour satisfaire à la pastorale), la crise de la foi et de son expression, tout cela a grevé nos énergies.
Je crois aussi que nous manquons de ressourcement. Notre vie paroissiale n’est pas assez décisive pour nous ressourcer en profondeur, pour désensabler notre baptême, pour libérer de nouvelles énergies. Nous avons certes un trésor en nous. Chacun et chacune d’entre nous ont un trésor extraordinaire dans leur cœur à révéler et à partager. Et pourtant tout reste trop enfoui parce que le Christ n’est pas encore assez notre centre. N’allons pas chercher ailleurs d’autres raisons. Posons nous simplement quelques questions : nous est-il si facile d’aimer le Christ en toute simplicité, de lui parler, de le louer, de l’adorer, de le choisir par-dessus tout, d’y trouver de la joie, de la « pêche », de l’humour, du dynamisme pour construire une communauté qui a le goût de la famille, d’en parler à nos proches sans honte, de l’annoncer, et de nous engager à sa suite ? Il ne s’agit pas d’abord de faire ou de donner, mais de recevoir en son cœur le Seigneur qui veut venir habiter chez les siens et de le faire rayonner autour de soi. Notre engagement social sera à la mesure de notre amour reçu du Christ et du lien que nous aurons tissé avec Lui. La religion que nous avons à développer, c’est d’abord la religion du cœur ! Nous cherchons tous le bonheur. Mais je crois que le bonheur, c’est quelque chose comme une façon nouvelle de regarder la réalité de la vie et de la goûter. Et quand notre regard est habité par le regard du Christ, alors la vie a une valeur et une saveur extraordinaire et une perspective divine !
Si je regarde notre Eglise en France, il me semble que nous sommes à un moment de vérité qui s’exprime dans cette intensité là: ou l’Evangile est vrai et il nous donne les moyens de vivre plus à fond, ou tout cela est faux et nous mourrons de notre « belle mort »… mais dans ce cas, ne perdons pas notre sueur inutilement!
Vous le savez : notre évêque m’a donné un mandat de 6 ans auprès de vous. Ne perdons plus de temps à présent pour commencer à changer les choses selon ce que nous aurons décidé. Je suis convaincu que nous pouvons comme chrétiens vivre debout, face au vent, sortir des cales de la honte et de la stigmatisation, parce que le Christ est le capitaine et qu’il nous invite à aller au large pour jeter à nouveau les filets! Je suis intimement persuadé, malgré la schizophrénie culturelle dans laquelle nous sommes plongés, qu’il y a une grande attente de la part des hommes et des femmes de notre temps, qui étouffent trop dans une vie où « tout est consommable individuellement » et qui aspirent à une vraie libération, de vraies relations gratuites et fondatrices de sens dans un lien social retrouvé. « Religion », ça veut dire « relier », se relier à Dieu et les uns aux autres. C’est ensemble que nous pourrons retrouver la vraie liberté chrétienne, le sens des relations vécues comme dans une grande famille. Je veux que nous puissions être fiers de porter ce nom de « chrétien », non plus pour être comme par le passé « les plus forts », mais pour vivre la joie du service du Christ qui nous appelle au bonheur et à la lumière aujourd’hui.
Pour cela, il nous faut accepter certaines conversions et réformes de notre vie ecclésiale, certaines nouveautés aussi. Nous devons nous ouvrir et nous moderniser, laisser le vent de l’Esprit souffler et chasser la poussière de nos vieilles habitudes. Le temps du Carême est le temps favorable pour vivre la grâce des conversions.
« Voilà que je fais toutes choses nouvelles » nous dit le Seigneur. Saurons-nous sans rechigner et récriminer suivre l’appel que le Christ nous lance ? A chacun d’interroger sa conscience et de choisir le chemin qu’il veut prendre ! C’est Dieu lui-même qui nous en rappelle l’enjeu, comme jadis au peuple hébreu dans le désert : « Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t'attachant à lui; car là est ta vie.» (Dt 30, 19-20).
2. Avoir un vrai projet d’avenir: savoir où nous voulons aller
Comme je l’ai dit, se réformer, c’est être capable de vivre ensemble et d’avoir un avenir ensemble. C’est une invitation à changer d’attitude, à une conversion de regard. En tout premier lieu, il s’agira de se penser comme une seule communauté paroissiale et plus seulement comme une juxtaposition de paroisses. C’est la communauté de paroisses qui doit être en capacité d’offrir une vie chrétienne intégrale et tous ses services, et non plus chaque paroisse. Nous n’en avons plus objectivement les forces : regardons les choses en vérité sans nous voiler la face ! Du coup, les propositions qui seront adoptées pourront être ou originales sur une paroisse précise, ou transversales. Mais qu’importe: ce sera un bien pour toute la communauté! A tout le monde il sera demandé un effort d’ouverture pour ne pas pinailler « sur la part du voisin », comme si dans le fond, je ne le voyais pas d’abord comme un frère à aimer et à préférer…Il faudra aussi développer l’esprit d’équipe, et viser à intégrer de nouvelles personnes. L’équipe permet de se soutenir et d’apprécier le service rendu. Elle permet aussi la liberté de s’absenter quand c’est nécessaire. Elle est la première cellule fraternelle de la communauté. J’insiste : travailler dans chaque mission et service en équipe, et solliciter de l’aide de nouvelles personnes, s’ouvrir particulièrement à celles qui ne pratiquent pas. Ce dernier point est capital.
Je voudrais vous rendre attentif à cet aspect là : nous le savons, l’Eucharistie est le sommet de la vie chrétienne. Participer à l’Eucharistie, c’est recevoir le Christ et la famille qu’il nous donne. Mais pour atteindre un sommet, il faut des étapes, et il faut surtout la liberté de les atteindre. Sortons de nos schémas trop fermés pour ouvrir large et appeler large ! Ouvrir large, c’est avoir des propositions larges pour tous. La « mono proposition » dominicale est insuffisante. Si nous faisons de la place à nos concitoyens pour les aider à initier un chemin, ils trouveront leur place librement et joyeusement au sein de la communauté. Je tiens à le rappeler : c’est par le baptême que nous sommes d’abord chrétiens, que nous faisons partie de l’Eglise. Bon nombre de nos concitoyens sont baptisés. Avec nous, ils sont et font le Corps du Christ. Il faut retrouver cette primauté du baptême, et le chemin d’initiation qui est chemin d’évangélisation. Conclusion : chaque baptisé doit pouvoir trouver sa place librement et être heureux de faire Corps avec nous tous, quelle que soit sa situation. Et alors il pourra peut-être dans sa liberté de croyant découvrir l’importance de se nourrir du Corps et de participer à la même table. Retrouvons partout cette pédagogie de l’initiation comme nous y invites les évêques de France.
3. Des propositions concrètes: savoir ce qu’il faut faire
Après six mois de présence sur les paroisses, d'observations, de réflexions, de prières, de consultations, et pour ne pas rester dans de grandes généralités, voici ce que je vous propose (en vrac) et qui pourra être mise en œuvre d’ici 3 à 5 ans.
- Pour consolider cet esprit de communauté de paroisses et pour nous ouvrir à d’autres baptisés qui ont encore du mal à s’identifier à la communauté qui est pourtant la leur, il faudrait envisager un événement dynamique par an: j'avais pensé à une marche de la communauté qui traverserait chaque paroisse et qui pourrait s'achever à Volkrange par une messe festive en plein air, et pourquoi pas le jour de la kermesse.
- Il faudrait mettre en place un comité des fêtes pour faire des propositions ouvertes et festives. L’appel de nouveaux retraités dans ce comité pourrait être bénéfique et pourrait renouveler les propositions : liberté à la créativité avant tout ! On pourrait envisager par exemple une « saint Christophe » avec bénédiction de voitures, de motos ; des soirées thématiques, etc.… tout est possible…. À nous d’oser, et toujours ensemble!
- Pour nous ressourcer, je souhaiterais aussi proposer à toute la communauté et à toutes ses forces vives au moins une retraite d'une journée par an, qui serait prêchée par un prédicateur externe et dans un lieu à définir. En plus il pourrait y avoir en cercle plus restreint une proposition de retraite en abbaye sur 2-3 jours, ou un pèlerinage, pourquoi pas en Terre Sainte avec les Pèlerinages diocésains.
- Constatant qu'il faut développer la vie intérieure et le dynamisme de la communauté, il me semble important d'avoir un lieu de prière et d'adoration ouvert, avec une fréquence hebdomadaire dans un premier temps, qui débuterait dans un lieu précis et qui viserait à être systématisé si possible dans toutes les paroisses.
- Dans l'ordre des réalisations modernes, je pense à une soirée mensuelle de louange, ouverte à tous, pour chanter librement sous forme de « karaoké ». On les appellerait par exemple « les soirées top louange ». Il s’agit de libérer l’expression de la foi, ainsi que son annonce (le kérygme): ce point est capital. Là, ce serait en plus de la détente et en quelque sorte un « produit d'appel » pour inviter largement tous ceux qui sont loin de la vie chrétienne et qui lui reproche souvent son manque de vitalité et de dynamisme.
- Pour les jeunes qui sont les grands absents de notre communauté, il y a un très gros effort à fournir. Je propose : des après-midi festives pour les CM2 jusqu’en 5ème (karaoké - gospel, activités détentes et foi, goûter…) avec à l’issue une fête de la foi, préparatrice de la confirmation (= célébrée en archiprêtré pour les 4èmes-3èmes); des week-ends pour les 3èmes et lycéens, avec activités nouvelles (ateliers sportif, informatique, théâtral…) en lien avec le Gîte ; les JMJ pour les jeunes adultes. J’appelle d’ores et déjà tous ceux qui souhaiteraient s’investir dans cette pastorale de proximité avec les jeunes à me contacter : jeunes et moins jeunes seront les bienvenus et nous aurons besoin de monde ! C’est une priorité!
- Pour le service des plus souffrants (malades, personnes en situation de précarité, personnes âgées…), il faudrait revaloriser les groupes qui existent déjà et ouvrir ces groupes à d’autres, notamment les retraités. Je pense qu’il est urgent de développer une solidarité de proximité entre anciens. Pourquoi ne pas lancer dans chaque quartier une après-midi-rencontre par semaine, en petit groupe de 4 à 6 personnes, chez vous, autour d’un café et avec un thème à discuter (que le curé pourrait donner à tous chaque semaine par exemple), prendre le temps de prier pour untel qui a besoin de notre soutien, de chanter, en invitant voisins et amis proches …. Notre pays vieillit. Comme chrétiens, nous avons à développer des espaces de rencontre soutien pour nos chères personnes âgées. L’amitié signe notre foi ! N’attendons pas que les autres viennent à nous. Allons les inviter chez nous, tout simplement !
- Pour les plus accros, le lancement des cellules paroissiales d’évangélisation, avec un stage d’une semaine à Sanary sur Mer (Diocèse de Toulon) fin novembre 2007. Proposer la foi à son entourage, à ses amitiés, un peu sur le style sympathique d’un « club Tupperware ». Découvrir la vie chrétienne comme une vie profondément relationnelle.
- Pour développer les liturgies et fédérer nos forces, le lancement d’une équipe de liturgie sur l’ensemble de la communauté serait souhaitable. Il serait bon aussi de développer nos chorales et inviter largement à les rejoindre. C’est si bon de chanter!
- Une soirée pour comprendre la foi : « un prêtre vous répond » (discussions à bâton rompu autour d’un café, thèmes d’actualité divers, projection vidéo, catéchèse pour adulte, inspiration du cours Alpha….)
- Une équipe « obsèques » avec une coordinatrice : pour développer un service de proximité et de qualité auprès des familles en deuil, mme Nicole Vigneron a accepté de porter la pastorale des obsèques. Je la remercie particulièrement. Elle aura à cœur d’être proche des familles avant, pendant et après les obsèques. Coordinatrice, sa mission consistera à former une équipe pour porter le souci des obsèques à la communauté chrétienne. A partir du 1er mars, c’est elle avec son équipe qui se chargera de l’accueil des familles. Ils feront le mot d’accueil dans le cadre de la célébration. Ils seront également mandatés pour l’accompagnement au cimetière.
- Je fais le constat que des jeunes couples (et moins jeunes) vivent souvent maritalement faute de financement ou parce que le temps les a fait renoncer à cet engagement. Et c’est parfois une souffrance. N’est-ce pas aussi peut-être une injustice ? Pour leur permettre d’accéder au mariage sacramentel dans la mesure de leur désir et de leur liberté, il sera proposé une formule « essentielle » (intégralité sacramentelle + célébration complète mais adaptée, plus intime, formule moins « grandes pompes »). La formule « classique » sera évidemment maintenue et revisitée dans le style (plus moderne). La préparation au mariage sera également revue au profit de soirées communes. Pour les personnes qui ont subi un divorce et qui ont choisi de se remarier civilement ou qui vivent avec un conjoint divorcé déjà marié religieusement, je rappelle –malgré toutes les fausses idées qui circulent- qu’elles ne sont pas exclues de la vie paroissiale, même si nous ne pouvons plus « re-célébrer » le mariage sacramentel en vertu de la mission qui est confiée aux époux chrétiens (= signifier l’engagement et le lien ou l’alliance inséparable de Dieu avec l’humanité). Par contre, même s’il ne peut plus bénir leurs alliances, le prêtre peut toujours bénir leur foyer, leur maison et les personnes qui s’y trouvent, et apposer une croix en bonne place qu’il bénira également, symbole de l’appartenance à la communauté chrétienne et de l’amour de Dieu pour tous. Je le ferai volontiers si cela permet à chacun et à chacune de mieux se sentir partie prenante de notre communauté, et de s’engager à la suite de Jésus. Je souhaite que chacun et chacune se sente en famille, chez lui, chez elle, quelle que soit son histoire. Certes, on ne peut pas demander à l’Eglise de tout résoudre. Mais elle se veut accueillante à toute souffrance, à toute personne, à toute situation. Et elle veut accompagner chacun dans l’espérance, dans une perspective d’avenir et de renouveau. Et c’est ce que je souhaite pour notre communauté.
- Sur l’organisation et la structuration de nos paroisses, il me semble que la vie de notre communauté de paroisses pourrait se consolider autour de deux pôles de proximité, qui correspondent plus ou moins aux facilités de relations et de collaboration qui s'établissent entre les paroisses : je verrai un premier pôle autour de Veymerange Volkrange, et un deuxième pôle autour de Terville Beauregard. La proximité géographique a une influence évidente dans ce contexte. Donc nous aurions un développement bipolaire de la communauté avec des événements communs à définir pour marquer notre appartenance et à ce pôle et à une unique communauté de paroisses.
Pour chaque pôle, il faudrait un point central qui serait comme le point repère du pôle, un point de stabilité et de soutien aussi. Il paraît logique au vue des perspectives de croissance et de développement (dynamisme local, nombre d'habitants, « forces vives ») que ces deux points centraux soient Veymerange et Terville. Est-ce que les paroisses de Veymerange et Terville sont prêtes à jouer ce rôle de soutien par rapport à Volkrange et Beauregard ? Par exemple, pour alléger la charge de ces deux dernières, la tenue des registres paroissiaux pourrait être confiée aux points centraux. Leur participation financière aux dépenses globales qui concernent l’ensemble de la communauté pourrait être aussi revue. D’autres soutiens de ce genre pourraient être trouvés utilement pour le bien de toute la communauté.
Pour être un point repère stable dans le pôle, il apparaît de façon assez logique que l'eucharistie dominicale y soit célébrée hebdomadairement. Pour faire bénéficier à l’ensemble de la communauté d’une diversité d’horaire, j'ai pensé qu'il serait intéressant d'avoir une eucharistie dominicale fixe le samedi soir et le dimanche matin. Dans cette configuration, on aurait donc une messe à 18h30 à Veymerange tous les samedis et une messe à 10h45 à Terville tous les dimanches. On pourrait mettre la messe en alternance entre Beauregard et Volkrange le dimanche matin à 9h15. Bouger sur les horaires de messe à partir du 1er septembre 2007, ce serait une première étape pour manifester notre désir d'entrer dans un nouveau projet paroissial. Je suis conscient que rien n’est parfait. Mais sortons par pitié des querelles de « chapelles » au sens propre comme au sens figuré. Il faut nous rappeler que nous avons encore cette chance d’avoir des eucharisties de proximité, et au moins une fois par semaine dans chacune des paroisses quand ce n’est pas le dimanche même. Pour combien de temps encore? J’ai un confrère dans la Somme qui a 63 clochers: il lui arrive de célébrer une seule fois par an dans certaines églises. Nous avons l’eucharistie tous les week-ends à à peine 3 kms de notre lieu d’habitation quand elle n’est pas célébrée dans notre quartier. Nous nous déplaçons bien pour faire nos courses. Posons nous la question de savoir ce qui nous bloque vraiment? Organisons le covoiturage si c’est utile pour permettre à tous de célébrer l’eucharistie dignement. Partout, dans chaque église, nous sommes chez nous. J’ajoute que je me déplace aussi en permanence sur les paroisses, et que mes obligations me mènent parfois bien au-delà (Strasbourg, Dijon, Paris, etc…). Je suis souvent à m’interroger avec Madeleine Delbrêl qui disait: « comment se fait-il que Dieu soit partout, et moi si souvent ailleurs! » Relativisons nos « soucis » avec un peu d’humour. Notre situation n’est pas bien dramatique!
- Il faudra donner des couleurs à ces pôles : au regard de la population, trouver une pastorale plus adaptée à chaque paroisse: les jeunes, la famille, les anciens, les malades, etc….
Voici quelques pistes pour spécifier les paroisses :
- Veymerange pourrait fournir un effort important pour s’adapter et être en mesure d’intégrer des jeunes, notamment des jeunes adultes (couples, célibataires) : chants à renouveler, style, propositions pour les jeunes, etc…
- Terville pourrait viser les familles : mettre en place un accueil « Parole de Dieu » pour les enfants tous les dimanches, redynamiser la messe des familles, etc ….. Propositions « post première communion » ….
- Volkrange pourrait être la paroisse des fêtes, de la kermesse, qui organise des évènements (en lien avec l’association « des amis du vieux château de Volkrange » par exemple….), qui se soucie des enfants et des plus jeunes, qui a aussi le souci des malades, dans un esprit de proximité que lui permet sa taille de village …. .
- Beauregard devrait porter le souci des plus anciens. L’alternance dominicale, loin d’être un handicap, doit permettre de créer à terme un service pour porter l’eucharistie à domicile (exemple : tous les samedis, en lien avec la messe télévisée du dimanche), faire une proposition de rencontre une après midi par semaine pour partager la foi et rompre l’isolement…. Avec nos forces qui déclinent (M.Bonnet ne peut plus assumer les orgues, Mme Norris cherche un travail et ne pourra peut-être plus animer la messe dominicale, nous n’avons eu que 3 baptêmes l’an dernier, aucun mariage, le bâtiment est en souffrance et nos finances sont difficiles), nous devons regarder l’avenir avec courage et réalisme et nous adapter.
Il sera demandé à toutes les paroisses de s’adapter à ses objectifs spécifiques: dans le style, dans les lieux (église, salle paroissiale), dans les propositions.
- En terme de priorité, il faudra remédier définitivement au problème d’humidité de l’église de Volkrange pour qu’elle puisse être utilisée toute l’année. Il faudra refaire les escaliers de la chapelle de Beuvange et sécuriser l’église de Beauregard (électricité + bâtiment). La salle paroissiale de Terville devra être rénovée et la sonorisation de l’église améliorée. Le presbytère de Volkrange sera aussi à reprendre (De toute façon, on ne pourra pas laisser ce bâtiment se détériorer plus encore).
- Le rôle de l’EAC devra être renforcé. Pour devenir une vraie EAP plus efficace, chaque membre devra assumer le rôle de conseiller d’un service ou d’une mission ecclésiale sur l’ensemble de la communauté. Elle sera aussi chargée du suivi et de l’application du nouveau projet paroissial. Elle rendra compte annuellement des avancées de ce projet. L’EAP devra être installée au cours de mon mandat.
- On veillera à développer une communication proche des gens. Une plaquette paroissiale avec tous les services et renseignements sera distribuée dans toutes les boites aux lettres une fois par an.
Pour vous permettre de réagir à ces propositions et de les compléter de façon constructive et réaliste, je vous invite à déposer par écrit vos réflexions dans chaque Paroi-Box mise à votre disposition à la sortie de nos églises, et ce jusqu’au 1er avril. Elles seront dépouillées, analysées et j’y apporterai mes propres réactions pour en tenir compte au maximum dans le projet final. Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi y déposer votre disponibilité : « (Nom, prénom, n°de tél ou adresse), je suis prêt(e) à donner ….. (une heure ou deux…etc... par semaine, par mois), pour telle activité ….. (ou à votre convenance), s’il y a une équipe qui se met en place. »
Je suis conscient d’avoir été long. Mais notre vie chrétienne me tient à cœur. Ensemble allons plus loin….. avec cette certitude que nous ne réussirons qu’ensemble, et seulement si nous mettons le Christ au centre ! Vous pouvez compter sur l’engagement de mes forces, de ma détermination, de ma joie et de mon humour ! Déjà pour m’engager plus à fond, j’ai accepté de me défaire de ma responsabilité auprès du Service des Vocations à partir du 1er septembre prochain, alors qu’elle m’apportait beaucoup. Mais je donne avec joie et sans regret. Et vous, qu’êtes vous prêts à donner et à recevoir? Bon carême à tous….
Dominique THIRY+