Chronique du Républicain Lorrain à paraître le 10 décembre
Le mariage, c'est solide!
En France, un mariage sur trois s’achève par un divorce. Evidemment, ce n’est pas de nature à engager les jeunes générations. Ce qu’on oublie de dire, c’est que ces statistiques concernent le mariage civil, et non le mariage religieux. Pour ce qui est du mariage religieux, un mariage sur sept seulement s’achève par un divorce.
D’après une étude de l’INSEE (« La Croix » 07/11/06), les couples en « union libre » se séparent plus souvent que les couples mariés. Comment expliquer cette situation ? Il y a probablement de nombreux facteurs qui interviennent dans ces ruptures. Mais il me semble qu’il y en a au moins un qui tient à la nature même de la relation créée. Lorsqu’un couple se décide à vivre ensemble, soit il choisit l’union libre, soit le pacs, soit le mariage civil, soit enfin le mariage religieux. Les trois premiers types de relation sont régis par un contrat plus ou moins explicite et contraignant, alors que le mariage religieux dans la perspective de l’Eglise, est régi par une Alliance. L’Alliance est une donation définitive entre personnes libres ayant fait le choix d’une vie à deux pour toujours, sans condition. Par conséquent, elle n’a pas la précarité qu’engendrent ces clauses plus ou moins exprimées dans les relations de type contractuel et qui peuvent être dénoncées à tout moment: « tant que tu es comme si, tant que tu fais ça, on reste ensemble. Si ça change, on renégocie ou on rompt. » Qui ne change pas ? Le contrat est par définition précaire, limité dans le temps. Est-ce que cela change quelque chose à l’amour que l’on porte à son vis-à-vis? Avouez qu’il est quand même plus grand de s’engager avec quelqu’un en lui disant : « je décide de t’aimer pour toujours » plutôt que de lui dire : « je t’aime à l’essai, sous contrat, en « CPE », et puis ensuite on verra…. »