Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......
Le Pape et le préservatif
Alors que le Saint Père est en visite apostolique au Cameroun et en Angola pour redonner une espérance au continent africain, engager une parole forte de l'Eglise et un appel à une conversion du cœur à des pays qui souffrent de la pauvreté, de la corruption, de la prostitution et de maladies graves et endémiques comme le sida, une nouvelle polémique a alimenté les médias au sujet du préservatif et de l'opposition du Pape à son utilisation. Pour que chacun se fasse une idée des propos exacts du Saint Père, nous vous communiquons le dossier préparé par le diocèse de Metz à ce sujet. Et pour ne pas en rester à la polémique médiatique de « la petite phrase » extraite de l'ensemble de la réponse de Benoît XVI, permettez-moi d'engager un début de réflexion sur une question aussi complexe.
D'abord, je crois que personne ne contestera l'aspect techniquement efficace du préservatif. C'est presque du 100 %. A priori, il suffirait donc de distribuer largement des préservatifs à tout-le-monde (dès le plus jeune âge), et ce problème serait résolu. Cela paraît simple et évident. Mais est-ce seulement un problème technique et prophylactique ? Que constatons-nous en Afrique (et peut-être ailleurs) : cela fonctionne difficilement, et le sida se développe toujours autant. Pourquoi ?
D'abord, il faut souligner que ce moyen rebute particulièrement la culture africaine, qui est une culture ouverte sur la vie, qui a une sagesse et des traditions propres. Une très grande majorité d'Africains, au concret, ne choisissent pas cette solution qu'ils considèrent imposée par les pays occidentaux. Pourtant, bien des paroisses -prêtres et religieuses en tête- ont largement distribué des préservatifs pour lutter contre la pandémie, et expliqué que si un comportement maîtrisé n'était pas possible, il valait mieux mettre un préservatif que de donner la mort. Solution d'urgence, mais à court terme, qui évite peut-être d'ajouter du mal au mal et tient compte des comportements à risques dont il faut se protéger, mais n'apporte sûrement pas « la » solution au problème.
Je crois que beaucoup comprennent que le fond du problème est d'abord éducatif, culturel et économique. La pauvreté, la promiscuité, l'absence de perspective d'avenir, le manque d'éducation et de santé, certaines traditions comme le lévirat (devoir d'épouser la veuve de son frère), parfois la polygamie, mais aussi les migrations économiques qui engendrent la prostitution, le vagabondage sexuel, tout cela encourage les comportements à risques qui sont la cause première de la diffusion du sida en Afrique. Qui les jugera ? Ne sommes-nous pas en partie responsables de cette situation par le dictat économique que nous leur imposons? Et le modèle sociétal que nous véhiculons à travers notamment la libération des mœurs, - qui a des conséquences aussi chez nous sur le développement de cette maladie terrible, sur la famille, sur les relations interpersonnelles, sur l'éducation (le drame de la pornographie sur le comportement des enfants à l'école),- peut-il être un modèle transposable ou imposable à d'autres cultures ? La distribution massive de préservatifs n'encouragerait-elle pas alors l'irresponsabilité dans ses choix et ses actes sans conversion réelle des mentalités?
La formation à la liberté et à la responsabilité est essentielle pour lutter contre ce fléau. C'est cela qu'a voulu dire le Saint Père. C'est vrai : il faut du temps pour aider à mûrir et à devenir un homme ou une femme responsables. C'est une œuvre difficile, et l'échec peut avoir des conséquences dramatiques. Nous mesurons bien là la complexité de cette question, la pression et la peur qui entourent tous les décideurs, les éducateurs, et les parents.
Mais l'Eglise nous rappelle que, derrière ce grave problème, se cache surtout l'absence d'une vraie éducation à la sexualité. Tout le discours actuel -notamment en Occident- réduit la sexualité à la satisfaction d'une pulsion (« quand je veux, où je veux, avec qui je veux »), omettant sa dimension relationnelle, c'est-à-dire la prise en compte de l'autre, de l'intégrité et de l'intégralité de sa personne et de son histoire. Trop souvent, elle n'est vue que sous l'angle de la « consommation immédiate». Or on ne vit jamais une relation sexuelle comme on mange son « jambon beurre » à quatre heures, juste parce qu'on a une petite faim. La relation sexuelle engage une relation forte avec son vis-à-vis, à qui on offre de partager son intimité. D'ailleurs, la rupture avec quelqu'un avec qui on a eu des relations sexuelles blesse durement et durablement. Comment retrouver la confiance ensuite ? Comment faire le choix d'une nouvelle relation, sans la crainte de revivre une telle blessure ? Ce qui est engagé par le corps, « sacrement de l'âme » selon la belle expression de Jean-Paul II, engage la personne toute entière. Ce n'est jamais anodin !
Quand elle est maîtrisée, la sexualité participe de la construction d'une relation dans un projet qui peut alors garantir l'épanouissement de la vie. Pour un chrétien, la sexualité a une beauté et une dignité supplémentaires, puisqu'elle revêt une dimension sacramentelle dans le mariage, projet d'Alliance qui a pour socle la fidélité et vise un développement durable de la relation. Elle signifie alors -tout en y communiant- la grandeur de l'amour de Dieu pour l'humanité ! Peut-on encore dire que l'Eglise a un regard négatif sur la sexualité ?
La perspective de l'Eglise est une perspective éducative à long terme. Et si le préservatif peut être une solution à court terme pour ceux qui n'en ont pas d'autres, en fait il n'éduque pas la volonté humaine, ni éclaire le choix humain. C'est peut-être en ce sens qu'il faut comprendre les propos du Saint Père.
Dominique THIRY+
DOSSIER PARU SUR LE SITE DU DIOCESE DE METZ
A PROPOS DE LA POLEMIQUE SUR LE PRESERVATIF
(http://catholique-metz.cef.fr)
Interview dans l'avion (l'interview complète dans un article précédent sur ce blog)
Question de Philippe Visseyrias de France 2 :
« Saint Père, parmi les multiples maux dont souffre l'Afrique, il y a aussi en particulier celui de l'épidémie du sida. La position de l'Eglise catholique quant aux moyens de lutter contre ce fléau est souvent considérée comme irréaliste et inefficace. Aborderez-vous ce thème durant le voyage ? »
Réponse de Benoît XVI [traduit de l'italien] :
« Je dirais le contraire. Il me semble que l'entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est vraiment l'Eglise catholique, avec ses mouvements et ses diverses structures. Je pense à la Communauté San Egidio qui fait tant, de manière visible et aussi de manière invisible, pour lutter contre le sida, aux religieux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont au service des malades... Je dirais qu'on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si ce n'est pas le cœur, si les Africains ne s'y entraident pas, on ne peut résoudre ce fléau avec la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'accroître le problème. La solution ne peut venir que d'un double engagement : en premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui permette une nouvelle manière de se comporter les uns avec les autres, et deuxièmement une vraie attention - particulièrement à l'égard des personnes qui souffrent-, la disponibilité, les sacrifices aussi, les renoncements personnels pour être avec les personnes souffrantes. Ce sont les moyens qui aident et permettent des progrès visibles. C'est pourquoi, je dirais que c'est là notre double force : renouveler l'homme intérieur, donner une force spirituelle et morale pour un comportement juste dans la manière de considérer son propre corps et celui d'autrui, et d'autre part cette capacité à souffrir avec ceux qui souffrent, d'être présents aux côtés de ceux qui traversent des épreuves. Je crois que c'est là la juste réponse, que l'Eglise la met en œuvre et offre ainsi une aide très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui y participent.»
L'Eglise et le sida : Quelques éléments de compréhension
Le Pape évoque l'engagement de l'Eglise dans la lutte contre le sida : Comment s'implique-t-elle concrètement dans la prévention et le soin ?
Dans ses réflexions sur la prévention contre le sida, Benoît XVI a d'abord voulu souligner l'engagement de l'Église dans l'accueil, les soins médicaux et l'accompagnement social et spirituel des personnes touchées par le sida. Parmi les institutions dans le monde qui s'occupent des personnes ainsi atteintes, l'Église est le plus important prestataire privé de soins aux malades du sida (44% sont des institutions d'État, 26,70% sont des institutions catholiques, 18,30% sont des ONG et 11% d'autres religions). L'Église est également engagée dans la prévention contre la transmission du virus HIV par l'intermédiaire de ses réseaux d'écoles, de mouvements de jeunesse et d'associations familiales.
Le Saint-Siège a créé en 2004, sous l'impulsion du Pape Jean-Paul II, la Fondation du Bon Samaritain, afin de financer des projets de soins et d'éducation en direction des personnes concernées et de la prévention. C'est dire combien l'Église est active dans ces domaines.
Qu'a voulu dire le Pape au sujet du préservatif ?
Il considère que le préservatif ne peut être "la" solution au problème du sida. On voit bien d'ailleurs, depuis des dizaines d'années, que la pandémie est loin d'être enrayée, au contraire.
Mercredi 18 mars, lors d'un point presse à Yaoundé, le Père Federico Lombardi, porte-parole du Pape, est revenu sur ce sujet : il a expliqué que, pour l'Eglise, « développer une idéologie de confiance dans le préservatif » n'est « pas une position correcte » car elle ne met pas l'accent sur « le sens des responsabilités ». Il a également indiqué « qu'il ne faut pas attendre de ce voyage un changement de position de l'Eglise catholique envers le problème du sida ».
Le Père Lombardi a aussi rappelé « les lignes essentielles de l'engagement de l'Eglise catholique dans le combat contre ce terrible fléau qu'est le sida : en premier, par l'éducation à la responsabilité des personnes dans la pratique de la sexualité et en réaffirmant le rôle essentiel du mariage et de la famille. Deuxièmement : par la recherche et l'utilisation des thérapies efficaces contre le sida et dans leur mise à disposition au plus grand nombre possible de malades grâce à de nombreuses initiatives et instances sanitaires. Troisièmement, par l'assistance humaine et spirituelle des malades du sida comme de tous ceux qui souffrent et qui demeurent au cœur de l'Eglise ».
Dans sa réflexion sur la question que pose l'épidémie du sida, le Pape s'appuie sur la manière dont l'Eglise envisage l'amour et la sexualité. C'est pourquoi il considère que la sexualité humaine ne peut pas s'élaborer psychologiquement et se signifier moralement en fonction d'une maladie. Ce n'est pas à partir du sida qu'on définit la sexualité humaine, mais à partir du sens de l'amour, de l'amour qui est un engagement entre un homme et une femme dans une relation et dans la responsabilité. L'Église témoigne d'un amour de vie.
Comment les évêques africains réagissent-ils aux propos du Saint-Père ?
D'après l'agence de presse I-Média, « plusieurs haut prélats africains ont salué les propos tenus par Benoît XVI dans l'avion qui le menait à Yaoundé (Cameroun) le 17 mars 2009 sur le fait que la distribution de préservatifs aggraverait le problème du Sida ». Interrogés par la chaîne catholique française KTO et I.MEDIA le 18 mars dans la capitale camerounaise, ils ont aussi invité les Occidentaux à ne pas imposer leur façon de voir les choses en la matière.
« Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique et seule façon de voir », a ainsi martelé le Cardinal sénégalais Théodore-Adrien Sarr. « Dans des pays comme les nôtres, a alors expliqué l'archevêque de Dakar, l'abstinence et la fidélité sont des valeurs qui sont encore vécues et, avec leur promotion, nous contribuons à la prévention contre le sida ». « Nous ne pouvons pas promouvoir l'utilisation du préservatif, a encore souligné le Cardinal sénégalais, mais prêcher les valeurs morales qui, pour nous, demeurent valables, afin d'aider nos populations à se prémunir du sida : l'abstinence et la fidélité". Ces valeurs, a enfin expliqué le Cardinal Sarr, sont "des réalités" pour les Africains, et « il ne faut vraiment pas nous dire que nous n'avons pas à prêcher ces valeurs».
Dans le même sens, Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega au Burundi, a dénoncé « le glissement de pensée » de l'Occident, et son « hédonisme sexuel devenu comme un chemin incontournable ». « Ce n'est pas le préservatif, a-t-il soutenu, qui va diminuer le nombre d'infections du Sida, mais certainement une discipline que chacun doit s'imposer pour pouvoir changer d'attitude, une attitude qui va l'aider à échapper à un hédonisme qu'il ne peut plus contrôler ». « Pour moi, la façon la plus sûre (de lutter contre le Sida, ndlr), c'est ma volonté », a encore expliqué Mgr Simon Ntamwana.
« Vous démissionnez de votre volonté, de l'engagement de l'effort, et je ne sais pas vers où vous allez », a enfin prévenu l'évêque burundais à l'intention des Occidentaux. Le préservatif « aggrave le problème car il donne une fausse sécurité, une sécurité qui n'en est pas toujours une », a expliqué pour sa part Mgr Laurent Monsengwo Pasinya en reprenant les propos de Benoît XVI dans l'avion qui le menait au Cameroun. Ainsi, pour l'archevêque de Kinshasa (République démocratique du Congo), « le préservatif n'est pas le moyen le plus sûr car il peut être de mauvaise qualité ».
Que propose l'Eglise aux hommes d'aujourd'hui ?
L'Église ne cesse de rappeler la dignité de la personne humaine et la signification de l'amour. Elle affirme qu'il n'y a de remède ultime au sida que grâce à un comportement digne de l'homme, c'est-à-dire capable de respect, de fidélité et de maîtrise de soi qui sont les conditions même de l'amour.
Egalement interrogé sur les propos du Pape, Mgr di Falco a répondu sur RTL, ce mercredi 18 mars, que, d'après lui, le Pape a voulu dire que le préservatif « n'était pas suffisant mais qu'il devait y avoir derrière de l'éducation, de la responsabilisation (...) Ce qu'a dit le Pape, c'est l'idéal de la fidélité proposé aux chrétiens (...) Le plus haut responsable exprime l'idéal. Il n'entre pas dans les situations concrètes ».
Mgr di Falco a également estimé que « si on n'arrive pas à vivre la situation telle qu'il la propose on ne doit être ni criminel, ni suicidaire et on doit utiliser le préservatif. Il a précisé que, sur le terrain, les religieux incitent, si nécessaire, à utiliser le préservatif pour ne pas se mettre en danger ou mettre en danger des partenaires ». « On n'a jamais dit autre chose depuis dix ans » a-t-il ajouté.
En décembre 1988, le cardinal Lustiger avait répondu sur ce sujet à l'Express : « Il faut aider la nouvelle génération : elle désire découvrir la dignité de l'amour. La fidélité est possible. Tout véritable amour doit apprendre la chasteté. Des malades du sida sont appelés, comme chacun de nous, à vivre la chasteté non dans la frustration, mais dans la liberté. Ceux qui n'y parviennent pas doivent, en utilisant d'autres moyens, éviter le pire : ne donnez pas la mort. ». A la remarque du journaliste : « Un pis-aller, le préservatif ? », il avait répondu : « Un moyen de ne pas ajouter au mal un autre mal...» Autrement dit, il ne s'agit pas d'exclure le recours au préservatif dans certaines situations. Le discours sanitaire peut être nécessaire mais reste largement insuffisant quand il s'arrête à des mesures purement techniques.
Benoît XVI et la prévention contre le sida, par Mgr Tony Anatrella (I)
« Un nouveau colonialisme comportemental bouleverse les sociétés africaines »
ROME, Jeudi 19 mars 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI est très bien informé quant à la prévention du si da et parle à l'encontre d'un « nouveau colonialisme comportemental » qui « bouleverse les sociétés africaines », fait entre autres observer Mgr Anatrella.
Monseigneur Tony Anatrella est Psychanalyste et Spécialiste de Psychiatrie Sociale. Il enseigne à Paris et à Rome. Il est consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour la santé.
Il a publié : « L'amour et le préservatif », Paris, Flammarion en 1995. Un livre qui reste d'actualité et qui a été réédité sous le titre : « L'amour et l'Eglise », Paris, Champ-Flammarion.
Son dernier ouvrage paru : « La tentation de Capoue », - anthropologie du mariage et de la filiation - Paris, Cujas. Un livre qui s'interroge sur les modifications en cours où l'on voudrait ouvrir le mariage et la filiation de façon déguisée à des partenariats unisexués. Un ouvrage de référence en la matière.
Mgr Tony Anatrella revient dans cette interview sur la polémique suscitée, surtout en France, autour des propos du pape concernant la prévention contre le sida.
Nous publions ci-dessous la première partie de cet entretien.
Zenit : Les propos du Pape Benoît XVI soulèvent une tempête médiatique. A-t-il commis une faute de communication ?
Mgr Tony Anatrella : Non ! Le Pape a parlé clairement. Il est très bien informé sur les questions concernant la transmission du virus HIV et des problèmes posés par les campagnes de prévention. Il nous interroge en remet tant en question une vision de la prévention limitée au seul préservatif. Il adopte un point de vue anthropologique et moral pour critiquer une orientation sanitaire qui, à elle seule, n'est pas en mesure de juguler la pandémie. En l'espace de vingt-cinq ans ces campagnes n'ont pas réussi à la réduire. Une autre approche doit être soulignée qui fait davantage appel au sens de la conscience humaine et de la responsabilité afin d'évaluer le sens des comportements sexuels. Mais cette perspective, on s'en aperçoit, est difficilement entendue actuellement dans le discours social. Le préservatif est devenu une sorte de tabou incritiquable qui devrait, curieusement, participer à la définition de la sexualité. N'est-ce pas une façon de masquer des interrogations ?
Zenit : Est-ce un dialogue de sourds ?
Mgr T. Anatrella : Sans aucun doute. Les décideurs et les prescripteurs politiques et sociaux véhiculent et confortent une représentation de l'expression sexuelle qui est souvent instrumentale et délétère. L'acte sexuel recherché pour lui-même au gré des rencontres n'humanise pas la sexualité ni la relation humaine. Il entraîne bien des souffrances et pèse sur la qualité du lien social. Dans le meilleur des cas, l'acte sexuel n'a de sens que s'il s'intègre dans une relation amoureuse mais pas comme une réponse à une impulsion réflexe. L'Eglise soutient que seul l'amour qui s'inscrit dans une perspective conjugale et familiale est source de vie, là où nous entendons des discours de confusion relationnelle et identitaire et des discours de mort qui nous en éloignent.
Zenit : La prévention à parti r du préservatif aggrave t-elle la pandémie du sida ?
Mgr T. Anatrella : Que dit le Pape exactement ? Je le cite car ses propos ont été rapportés d'une façon approximative et, une fois de plus, déformés.
« Je pense que l'entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l'Église catholique, avec ses mouvements, ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant'Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida. Je pense aux camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades. Je dirais que l'on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S'il n'y a pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut résoudre ce fl&eacu te;au en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d'augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l'un envers l'autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre effort est double : d'une part, renouveler l'homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre ; d'autre part, notre capacité à souffrir avec ceux qui souffrent, à rester présent dans les situations d'épreu ve. Il me semble que c'est la réponse juste. L'Église agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Nous remercions tous ceux qui le font ».
C'est le rôle du Pape d'affirmer que, sans une éducation au sens des responsabilités, on pourra difficilement faire diminuer l'expansion virale. La transmission du virus du sida est parfaitement évitable. Il ne s'attrape pas comme celui de la grippe. Il est lié aux comportements et aux pratiques sexuelles. En ciblant uniquement le préservatif, en laissant entendre « fais ce que tu veux », on risque de confirmer des comportements qui posent déjà problème et on évite de les penser. Le préservatif n'est pas un principe de vie. C'est la responsabilité qui est un principe de vie.
Dans la société actuel le, le sens des choses et des mots est souvent inversé quand on affirme par exemple que « le sida est la maladie de l'amour ». Il s'agit plutôt du contraire : il est surtout l'expression d'une errance affective et d'une impulsivité sexuelle. Autrement dit, il y a un certain conformisme de la prévention qui évite de poser les vraies questions au sujet des comportements sexuels aujourd'hui. Nous avons à nous interroger afin de considérer l'expression sexuelle avec davantage de dignité qu'en favorisant des conduites et des pratiques inconsidérées. C'est la question du sens de l'amour et de la fidélité qui se trouve posée. Il ne s'agit pas de propos régressifs comme certains ont voulu le dire, mais bien au contraire d'inviter à une réflexion qui est d'abord humaine avant d'être confessionnelle. Il y a une autre façon d'orienter la prévention qui est plus structurante que de s'en tenir uniquement au préservatif qui incite à continuer des pratiques problématiques. N'est-ce pas une façon d'entretenir la confusion de laquelle Benoît XVI nous invite à sortir. Car je le répète, avoir comme seul horizon des moyens « prophylactiques » pour lutter contre le sida est insuffisant si cette lutte n'est pas accompagnée d'une réflexion psychologique, sociale et morale. La politique de santé publique aurait à y gagner en humanité et en efficacité.
Zenit : L'Afrique semble moins touchée par cette polémique que la France ?
Mgr T. Anatrella : L'accueil fait au Pape par les africains est extraordinaire. Les foules sont nombreuses et très joyeuses. Les discours de Benoît XVI sont d'une grande qualité et tracent des voies d'espérance pour ce continent. Malheureusement, l'obsession des médias pour le préservatif obture l'importance de ces discours. Faut-il y voir une forme de paresse intellectuelle et d'obscurcissement de la conscience, et d'une vision étroite et partiale des choses ?
Il est vrai que les premiers concernés par les propos du Pape savent les entendre et les recevoir à quelques exceptions près. D'ailleurs de nombreux pays africains organisent la prévention contre le sida autour de trois principes : « abstinence, fidélité ou préservatif » et cela provoque des effets positifs. Les occidentaux sont incapables de comprendre cette démarche. Nous recevons d'ailleurs de nombreuses réactions venues d'Afrique qui en ont assez de se voir imposer les modèles sexuels des sociétés occidentales, qui pour soutenir c es modèles sexuels, sont évidemment accompagnés de moyens de protection. Il s'agit d'un nouveau colonialisme comportemental qui bouleverse les sociétés africaines. Certains se révoltent de voir se développer un « vagabondage » inconnu jusque-là en Afrique où le sens de la fidélité et de la famille est respecté et honoré. Certains occidentaux perdent le sens de cette dignité.
Il y a un décalage entre l'Afrique et les pays occidentaux concernant la sexualité. Je dois me rendre prochainement en Afrique et je mesure, en préparant mes conférences, combien ce continent a beaucoup de choses à nous apprendre là où nos modèles occidentaux du sexe recherché pour lui-même, véhiculés par les médias, brouillent le sens de la sexualité humaine.
Zenit : Comment voyez-vous le rôle des médias et les prises de position de décideurs politiques et sociaux ?
Mgr T. Anatrella : Nous assistons à une sorte de lynchage médiatique où la mauvaise foi se mêle au procès d'intention et à la surinterprétation. Tout et n'importe quoi s'exprime contre le Saint-Père, le plus souvent sans tenir compte de ce qu'il dit vraiment. Ce n'est pas le Pape qui est un problème. En revanche, les médias et les réactions de certains décideurs politiques et des prescripteurs sociaux posent un sérieux problème. L'unanimité en la matière est pour le moins suspecte. Le Pape sème le trouble à juste raison ! Les médias pourraient parler avec un minimum de rigueur en cherchant à davantage à expliquer afin que les propos du Saint-Père soient au moins restitués en vérité. Comme à l'habitude, une phrase citée hors contexte déclenche une série de réactions totalement irrationnelles. Comment voulez-vous que des personnes qui n'ont comme écho que ce que rapportent les médias puissent réagir avec sérénité ? Mais je pense qu'en réalité on ne souhaite pas entendre un autre discours que celui du préservatif ! Certains tentent de porter un autre message mais les réactions des journalistes sont toujours les mêmes : « C'est trop compliqué ! ». Effectivement le sens de la vie et de l'amour est complexe, mais il est pourtant nécessaire de prendre le temps pour l'expliquer. Ce temps n'est apparemment pas celui des médias. Je viens d'en faire l'expérience : pour la radio, la télévision e t la presse écrite, le temps qui nous est accordé pour répondre est extrêmement limité alors qu'ils consacrent un espace très large à toutes sortes de détracteurs. Il y a notamment les professionnels de la contestation parmi une faible minorité de catholiques extrémistes qui sont édifiés en experts et ne parlent que d'eux-mêmes en faisant de la surinterprétation idéologique, bien loin de la pensée chrétienne. Des responsables politiques se présentant comme catholiques, cherchent à se démarquer de l'Église en adoptant des idées qui ne sont pas en cohérence avec son enseignement, et affirment s'y opposer au nom de leur foi comme s'ils prenaient leur foi personnelle pour un magistère. Nous sommes soumis à un conformisme dominant qui nous éloigne du bon sens et des simples normes d'humanité si nécessaire en matière de sexualité.
Zenit : Que fait l'Eglise contre le sida et pour les soins des malades ?
Mgr T. Anatrella : Dans ses réflexions sur la prévention contre le sida, Benoît XVI a d'abord voulu souligner l'engagement de l'Église dans l'accueil, les soins médicaux et l'accompagnement social et spirituel des personnes touchées par le Sida. Parmi les institutions dans le monde qui s'occupent des personnes ainsi atteintes, l'Église est le plus important prestataire privé de soins aux malades du sida, elle arrive en seconde position après les états : 44% sont des institutions d'État, 26,70% sont des institutions catholiques, 18,30% sont des ONG et 11% d'autres religions. (Cf. Conseil Pontifical pour la Santé).
L'Église est également engagée dans la prévention contre la transmission du virus HIV par l'intermédiaire de ses réseaux d'écoles, de mouvements de jeunesse et d'associations familiales.
Le Saint-Siège a créé en 2004, sous l'impulsion du Pape Jean-Paul II, la Fondation du Bon Samaritain afin de financer des projets de soins et d'éducation en direction des personnes concernées et de la prévention. C'est dire combien l'Église est active dans ces domaines et connaît bien les enjeux de cette pandémie. Elle a la compétence en la matière et développe une réflexion autour de l'éducation au sens de la responsabilité. Une exigence humaine accessible à toutes les consciences indépendamment d'un point de vue confessionnel. C'est dans ce sens que le Pape Benoît XVI vient d'affirmer que « l'on ne peut pas régler le problème du sida avec la distributi on des préservatifs. Au contraire leur utilisation aggrave le problème ». Il a souligné que la solution passe par « un réveil humain et spirituel » et « l'amitié pour les souffrants ».
Zenit : Comment analysez-vous ces réactions ?
Mgr T. Anatrella : Ces réflexions étonnent de nombreux commentateurs qui soutiennent une vision sanitaire de la sexualité humaine. La question qui est pourtant posée à la conscience humaine devant la constante transmission du virus HIV est de savoir quel sens avons-nous de la sexualité, quel modèle sommes-nous en train de construire avec une prévention uniquement centrée sur le préservatif, quelle éducation sur le sens de la relation voulons-nous donner aux jeunes générations ? Au lieu de se fier à un moyen technique qui évacue de nombreuses questions, n'est-il pas décisif de réfléchir sur des comportements qui participent à la transmission de ce virus et de bien d'autres en matière sexuelle ?
A entendre les réactions de l'univers médiatico-politique comment ne pas voir une fracture culturelle importante : on sait plus penser la sexualité que du point de vue sanitaire. Il est pour le moins simpliste et ridicule de laisser entendre que le discours du Pape serait responsable de la pandémie en Afrique. D'un côté on affirme que les gens ne tiennent pas compte des principes moraux de l'Église en matière de sexualité et de l'autre on soutient que son discours faciliterait la transmission du virus. Nous sommes en train d'inverser les rôles et de déplacer les responsabilités selon la modalité du bouc-émissaire. Sans vouloir le reconnaître, il y a un type de prévention qui est incitative de pratiques contre lesquelles on veut lutter et c'est l'inverse qui se produit comme à une époque on voulait « soigner la drogue avec de la drogue ». Nous en sommes revenus après que cette forme de prévention nous a fait perdre du temps pendant près de quarante ans !
Nous sommes dans une sorte d'incapacité à tout simplement comprendre ce que dit le Pape : « Réfléchissons aux comportements sexuels qui transmettent le virus HIV et engageons des mesures d'éducation au sens de la responsabilité ». Cela ne veut pas dire que le discours sanitaire et les « moyens prophylactiques » sont exclus, mais dans une perspective éducative nous ne pouvons pas nous limiter à ses seuls moyens. Cela montre bien à quel autisme se trouvent réduits certains. Où est le bon sens ? Il est étonnant que l'on reproche au Pape de nous faire part de ses réflexions à la suite d'une question posée par un journaliste. L'impuissance à réfléchir les comportements et les modèles sexuels contemporains valorisants les pulsions partielles, les pratiques morcelées et les orientations sexuelles finit par murer dans des clichés. Nous avons ainsi entendu sous forme d'affirmation péremptoire, comme savent le faire des adolescents, «ce qui m'intéresse ce sont les hommes et pas les dogmes ». Avec une telle formule ne somme-nous pas dans le degré zéro de la culture ? Des responsables politiques réduisent le champ de la réflexion à un soliloque puisque le Pape ne parle pas ici de dogmes mais jette un regard réaliste d'adulte sur une vision quasi immature et enfa ntine de la sexualité humaine. Quel aveuglement, quel obscurantisme, quelle vision idéologique du préservatif pour ne pas voir quelles sont les pratiques qui sont à l'origine de la transmission virale. La maladie provoquée par ce virus est tragique et il nous revient de tout mettre en œuvre pour l'éviter et soigner dignement les malades et notamment en Afrique par la gratuité des soins et des médicaments comme le suggère le Pape. Mais en même temps, il y a une sorte d'enfermement dans un type de sexualité depuis près de quarante ans qui pose de sérieux problèmes. Le refus de la réflexion montre bien quelle angoisse on cherche à éviter sans la traiter à travers des conduites problématiques. On oublie également, que l'on meurt davantage d'autres maladies que du sida et pourtant on ne parle que de lui. Comme si c'était une façon de vouloir maintenir des modèles comportementaux sous le biais de la compassion pour ne pas à les interroger et les remettre en question. Une culture, c'est aussi une façon de signifier la sexualité et l'expression sexuelle qui reste une modalité de la relation humaine entre un homme et une femme, et non pas seulement un exutoire des angoisses primaires et des pulsions partielles comme pour se libérer d'un sentiment de castration alors que l'on ne fait que de la renforcer.
La pandémie du sida nous interroge une fois de plus sur les comportements sexuels. Elle nous incite à changer de comportement plutôt que de changer de pratiques techniques. En effet devons-nous nous limiter uniquement à une vision pulsionnelle et technique de la sexualité qui en favorise sa déshumanisation ou bien rechercher les conditions épanouissantes de son exercice dans la perspective d'une renco ntre qui vient enrichir la relation engagée entre un homme et une femme ? Dans l'acte sexuel l'homme et la femme s'accueillent et se donnent. Grâce à l'amour sexuel, ils se rejoignent dans la jouissance pour être ensemble et se donner vie. Si l'acte sexuel n'engage pas la relation et répond simplement à une excitation, il demeure un acte hygiénique et, dans ces conditions, le préservatif apparaît comme une protection sanitaire mais aussi une protection relationnelle. En revanche, si l'expression sexuelle est vécue comme un engagement entre l'homme et la femme alors l'abstinence et la fidélité s'imposent. Mais depuis quelques années nous fabriquons un modèle sexuel assez surréaliste qui produit le sexe-préservatif. Est-ce à cet objet sanitaire de définir la sexualité et de l'humaniser ? D'ailleurs lors de campagnes de prévention, ne voit -on pas sur les murs de Paris des affiches avec le slogan : « Paris aime » ... suivi de l'image d'un préservatif en forme de lever de soleil. Il serait plus sain d'apprendre à découvrir ce qu'est l'amour entre un homme et une femme plutôt que de déplacer le sens de l'amour sur un condom. Un message qui prête à confusion et, une fois de plus, à l'inversion des sens et des choses.
Zenit : L'Église parle d'amour ?
Mgr T. Anatrella : Oui, mais pas d'une façon émotionnelle où tout et n'importe quoi peut se dire et se faire en son nom. Encore faut-il savoir ce qu'est l'amour et dans quelles conditions il est possible de le vivre. L'amour est indissociable de la vérité. Toutes les relations affectives et toutes les expressions sexuelles ne sont pas synonymes d'amour.
Le discours de Benoît XVI sur la sexualité humaine s'inscrit dans la continuité du sens de l'amour révélé par le Christ. Il est ainsi dans la cohérence des orientations de l'Évangile, développées dans la Tradition de l'Eglise, sur le sens de l'amour qui ont d'ailleurs influencé notre société au cours de l'histoire.
L'Amour de Dieu est souvent mal compris. Il est entendu comme le fait de recevoir des gratifications affectives en toutes circonstances. Cette vision simpliste, et parfois infantile, ne correspond pas au message chrétien. Dieu est Amour au sens où il donne un amour à partir duquel la vie est possible. Aimer de l'Amour de Dieu c'est chercher à faire vivre l'autre et les autres.
L'homme est appelé à l'amour par Dieu. Cette conception de l'homme est, dans notre civilisation, à l'origine du sens de la pers onne, qui a sa propre valeur, de son intériorité, de sa conscience, de son autonomie, de sa liberté et de sa responsabilité. C'est pourquoi l'Évangile du Christ s'adresse à sa conscience afin de chercher la vérité et évaluer le sens et la conséquence de ses actes sur lui-même, sur les autres et sur la société. La personne s'engagera dans cette réflexion morale par rapport à des valeurs objectives qui ne dépendent pas d'abord de sa subjectivité ou de ses désirs du moment mais des références transcendantes de l'amour.
L'Église ne cesse de rappeler la dignité de la personne humaine et la signification de l'amour. Elle affirme qu'il n'y a de remède ultime au sida que grâce à un comportement digne de l'homme, c'est-à-dire capable de respect, de fidélité et de maîtrise d e soi qui sont les conditions même de l'amour. Cette perspective n'exclue nullement un discours sanitaire et le recours dans certaines situations au préservatif afin de ne pas mettre la vie en danger. Le discours sanitaire (et le préservatif) peut être nécessaire mais restent largement insuffisant quand il s'arrête à des mesures purement techniques. En langage moral, le préservatif reste une question de casuistique, comme l'évoquait déjà le cardinal Ratzinger en 1989 que je cite dans mon livre : L'amour et l'Eglise, Champ-Flammarion,
« L'erreur de base est de centrer le problème du Sida sur celui de l'usage du préservatif. Certes, les deux se rejoignent à un certain point, mais là n'est pas le vrai problème. Se polariser sur le préservatif comme moyen de prévention, c'est mettre au second plan toutes les réalité ;s et tous les éléments humains qui entourent le malade, et qui doivent demeurer présents dans notre réflexion. La question du préservatif est marginale, je dirais casuistique. [...] Il me semble que le problème fondamental est de trouver le juste langage en la matière. Pour ma part, je n'aime pas l'expression de "moindre mal". Malgré tout, pour l'instant, la question n'est pas de trancher entre telle ou telle position, mais de chercher ensemble l'avis le meilleur pour définir et comprendre aussi l'action possible. [...] C'est le signe d'une réflexion qui n'est pas figée. [...] Ce qui est clair pour ma part, c'est la nécessité d'une sexualité personnalisée, que je considère être la meilleure et l'unique prévention véritable. Il faut en tenir compte non seulement du point de vue de la théologie, mais aussi du point de vue des sciences ».[1]
Il existe deux attitudes pour éviter le sida : la fidélité et l'abstinence et un moyen technique : le préservatif. Si les deux attitudes ne peuvent pas être vécues, alors il est préférable d'avoir recours à des moyens de protection pour ne pas répandre la mort. La priorité reste toujours la formation au sens de la responsabilité.
Le Cardinal Lustiger avait bien situé les enjeux dans cette perspective en déclarant aux journalistes de l'Express[2] : » Il faut aider la nouvelle génération : elle désire découvrir la dignité de l'amour. La fidélité est possible. Tout véritable amour doit apprendre la chasteté. Des malades du sida sont appelés, comme chacun de nous, à vivre la chasteté non dans la frustration, mais dans la liberté. Ceux qui n'y parviennent pas doivent, en utilisant d'autres moyens, éviter le pire : ne donnez pas la mort. » Le journaliste de reprendre : « Un pis-aller, le préservatif ? » « Un moyen de ne pas ajouter au mal un autre mal... »
Autrement dit, au nom de l'amour tout n'est pas possible encore faut-il que les actes soient en cohérence avec lui.
Zenit : « L'Eglise est experte en humanité », selon la formule de Paul VI à l'ONU, et également éducatrice des consciences en appelant chacun au sens de sa conscience, de sa liberté à ne pas aliéner et au sens d'une relation authentique à l'autre. Comment to ut ceci peut-il se traduire face au fléau du sida ?
Mgr T. Anatrella : Pour l'Eglise, « la sexualité doit être orientée, élevée et intégrée par l'amour qui, seul, la rend humaine »[3]. Même si la personne n'est pas située dans cette perspective, elle est invitée à assumer son existence là où elle en est de sa conscience d'elle-même par rapport aux réalités et aux exigences morales. Autrement dit, l'amour est une perspective et un ordre relationnel à partir de duquel il convient d'évaluer la nature, la qualité et la vérité de sa relation et de son engagement vis-à-vis d'autrui. Ensuite, face à cette exigence, c'est à chacun de prendre ses responsabilités en usant de la vertu de la prudence, cel le qui calcule et tient compte de tous les risques de la vie. Le préservatif, au-delà de son aspect sanitaire, lorsqu'il vient simplement justifier le multipartenariat, devient au regard du sens de l'amour humain le signe de l'inauthenticité de la relation et donc moralement illicite. Une telle conduite feint l'amour, elle n'en relève pas. Autrement dit, il ne suffit pour éviter des accidents de la route de mettre sa ceinture de sécurité, encore faut-il savoir respecter le code de la route.
Benoît XVI assume sa fonction et reste dans son domaine spirituel et moral lorsqu'il réaffirme les principes humains au sujet de la sexualité qui nous concernent tous. Le sida devrait-il en changer la signification ?
Les relations entre les êtres humains engagent plus que nous ne le croyons. L'expression de l'amour sexuel n'est pas banale. Un homme et une femme n'ont pas trop de toute leur vie pour s'aimer. La multiplication des partenaires sans discernement est un malheur complet pour la dignité humaine.
La sexualité humaine ne peut pas s'élaborer psychologiquement et se signifier moralement en fonction d'une maladie, à moins que l'on veuille profiter d'une telle situation pour justifier et édifier des tendances problématiques comme modèles sexuels. Ce n'est pas à partir du sida qu'on définit la sexualité humaine, mais à partir du sens de l'amour, de l'amour qui est un engagement entre un homme et une femme dans une relation et dans la responsabilité. L'Église témoigne d'un amour de vie, d'un amour prophétique.
Propos recueillis par Anita S. Bourdin
[1] Propos recueillis par G. Mattia, La Croix du 22 novembre 198 9.
[2] L'Express du 9 décembre 1988, p. 75, propos recueillis par Guillaume Maurie et Jean-Sebastien Stehli.
[3] Orientations éducatives sur l'amour humain § n°6
La parabole de l'automobiliste et du préservatif:
Une personne qui a une conduite à risque en voiture, rencontre deux amis. Ceux-ci, en voyant sa situation, lui donnent chacun un conseil différent. Le premier qui a le plus de voix, lui dit qu'il faut absolument qu'il se protège en renforçant le par-choc de son véhicule, en ajoutant des airbags latéraux et ventraux et une ceinture supplémentaires, et qu'il n'y a pas d'autres solutions plus sûres. Le second, qui a une toute petite voix, l'invite tout simplement à changer de comportement au volant, pour adopter une conduite plus sûre. Qui lui aura donné le meilleur conseil ?
Le risque zéro n'existe pas. Mais si tout le monde adopte le premier conseil, ne risque-t-on pas de voir se développer les conduites à risque ? Et si tout le monde adopte le second conseil, n'y aura-t-il pas une limitation réelle des risques ?
Dans la vie, c'est comme sur la route, il faut savoir être responsable avant tout!
Polémique en France, enthousiasme en Afrique : Mgr Riocreux fait le point
Invité par plusieurs évêques, il a assisté à la visite du pape en AfriqueROME, Mercredi 25 mars 2009 (ZENIT.org) - Invité par plusieurs évêques du Cameroun, et comme responsable de la Communauté francophone des radios chrétiennes, à assister à ; la visite du pape au Cameroun, l'évêque de Pontoise, Mgr Jean-Yves Riocreux, explique, sur le site de son diocèse, que la polémique déclenchée en France « semblait parler d'un autre voyage » que celui dont il était témoin. Nous publions ci-dessous le texte intégral de sa réflexion.
* * *
Ayant été témoin de la ferveur, de l'enthousiasme et de la joie de toute l'Afrique d'accueillir le successeur de Pierre, je me dois de crier face au lynchage médiatique con tre Benoit XVI en France. Je dis bien « en France », car c'est surtout chez nous que l'incompréhension des propos du pape et l'exploitation politique se sont manifestées avec une virulence inouïe. Vu de Yaoundé où je me trouvais avec près de 100 évêques de tout le continent, cette polémique en France semblait parler d'un autre voyage que celui dont nous étions témoins. Et je le dis avec force : j'avais honte de la présentation journalistique et du raccourcissement du propos du pape dans l'avion le conduisant au Cameroun.
Invité par plusieurs évêques de ce pays et comme responsable de la COFRAC (Communauté Francophone des radios chrétiennes), je tenais à être présent à l'évènement de la visite papale à Yaoundé. Cela m'a permis de commenter en direct l'arrivée du Saint Père sur R adio Reine, la radio catholique du Cameroun.
En allant là bas, je pressentais aussi que c'était une occasion unique pour faire remonter l'information du Sud vers le Nord : faire connaître l'Afrique avec ses drames certes, mais surtout l'extraordinaire vitalité de l'Eglise catholique et l'aspiration à la paix, à la justice et à la réconciliation. De cela, rien ou très peu ont été dit puisque la France n'a entendu parler que du préservatif alors qu'au même moment, la fête autour du pape fut belle et joyeuse. Mépris d'un côté et propos déplacés qui ont engendré une incroyable haine contre le pape, et de l'autre côté, la fierté de tout un pays d'accueillir l'homme de foi, de paix et de compassion, Benoît XVI.
Aussi, ce fut un vrai scandale pour moi de voir et d'entendre ce qui se disait en France sur le pape alors que nous vivions tout autre chose à Yaoundé. Interrogeant les évêques africains, ils me répondaient tous qu'ils souscrivaient pleinement aux propos de Benoit XVI puisque celui-ci avait parlé pour l'Afrique... et non pour la France. Les évêques de ce continent constatent que les campagnes anti sida par distribution de préservatifs ne font qu'augmenter le problème. Quant aux évêques anglophones, deux jours après la tempête médiatique... ils ignoraient la polémique en France ! En conséquence, l'opinion publique française matraquée par les média et les politiques n'a rien su des véritables enjeux du voyage papal dans «le continent de l'espérance » que représente l'Afrique sur le plan économique, culturel et chrétien.
Voilà pourquoi maintenant je souhaite témoigner de ces trois j ours avec le pape à Yaoundé. D'abord de l'extraordinaire accueil reçu par le pape. Sur les 25 kilomètres entre l'aéroport et la ville, une foule considérable manifestait sa joie et son enthousiasme. En accueillant Benoît XVI, le président Byia disait au nom du Cameroun la « fierté » d'avoir été le pays choisi pour accueillir l'Eglise de tout le continent.
Présent aux deux grandes célébrations des Vêpres à la basilique Marie Reine des Apôtres le mercredi et à la magnifique messe au stade Ahidjo le jeudi, j'ai été impressionné par la beauté et la ferveur de ces liturgies, du recueillement et de longs silences contrastant avec l'exubérance manifestée au moment de l'arrivée du Saint Père. Il y eut même un symbole immédiatement interprété par nos amis africains.
Alors que le pape venait d'entrer dans la basilique, une pluie abondante s'est abattue sur la colline où se dresse la basilique. Pluie, signe de bénédiction...même si elle contraignait les fidèles amassés à l'extérieur à trouver un abri précaire ou à subir cette pluie diluvienne. Puis un arc en ciel a suivi ! L'arc en ciel de Yaoundé.
Quant à la messe solennelle, elle a constitué le sommet du voyage pontifical. Les chants nous rappelaient les messes chez nous, tels le « Seigneur, nous arrivons des quatre coins de l'horizon » ou « Le Seigneur nous a aimés » mais mis en musique à la manière africaine avec accompagnement aux balafons et saxophones. La liturgie elle même était extraordinairement festive dans un heureux mélange entre Credo et Pater en latin avec des chants et danses en langues locales du Cameroun e t du Congo pour le Gloire à Dieu et la procession d'offrandes. Beau cadeau pour le pape à l'occasion de la Saint Joseph !
Et puis, il y eut cette émouvante et touchante rencontre avec les handicapés au « Centre Cardinal Léger » . Comme l'avait fait Jean Paul II à Tours en 1996 avec les «blessés de la vie », Benoît XVI s'est penché avec compassion vers ces malades en leur adressant les mots justes.
Car ce sont aussi les discours qu'il faut maintenant lire. Chez ce pape, les propos sont toujours denses et précis à l'image de son discours aux Bernardins à Paris et de ses méditations à Lourdes. Notre pape donne des textes riches à méditer et à reprendre.
Le moment essentiel de cette visite fut naturellement celui de la remise de l'Instrumentum Laboris aux présidents des conférences épiscopales d'Afriqu e pour le synode d'octobre. Après le premier synode de 1994 et l'exhortation apostolique sur la mission évangélisatrice, voici maintenant ce travail sur le thème approprié de « la paix, de la justice et de la réconciliation ».
Dans le document « Ecclesia in Africa » de 1995, il est écrit que « L'Afrique, dans la diversité de ses rites, danse de joie, exprime sa foi dans la vie, au son des tam-tams et d'autres instruments de musique africains ». A Yaoundé, nous l'avons vu, le pape était visiblement heureux de cet enthousiasme. Ce même texte aborde aussi la question du SIDA, en disant que « la lutte doit être le combat de tous ». Tous savent que, en Afrique, l'Eglise est au premier rang de cette lutte et le pape l'a rappelé dans l'interview donnée dans l'avion...mais cette mention a été hélas occultée, comme toute la réflexion qui a précédé ou suivi les deux petites phrases retenues.
En revenant ici en France et dans mon diocèse, j'étais à la fois rempli de tristesse devant cette incompréhension de notre pays sur la mission du pape, et dans le même temps, comblé de joie par la célébration de ce 4ème dimanche de Carême. En effet, en ce jour, en l'église de Jouy le Moutier, j'instituais lecteur et acolyte en vue du diaconat un père de famille d'origine camerounaise, Louis Bède. Présent dans le Val d'Oise depuis 20 ans, il est ingénieur et actif dans le catéchuménat diocésain. Son père est connu dans le pays comme un chrétien exemplaire, enseignant et traducteur en langue Ewondo de la Bible et de la Liturgie. Là bas, à Yaoundé, j'ai rencontré la famille de Louis Bède et de Bertille, s on épouse. Ils étaient heureux de ce lien entre nos Eglises et fiers de la visite du pape chez eux. C'est ce bonheur que je retiens, celui de toute l'Afrique, d'avoir accueilli magnifiquement le successeur de Pierre.
+ Jean Yves Riocreux, évêque de Pontoise
le 23 Mars 2009
SIDA : Communiqué de la Fédération africaine d'action familiale
Les jeunes ont besoin d'adultes qui les aident à vivre des relations vraiesROME, Jeudi 26 mars 2009 (ZENIT.org) - « Les jeunes n'ont pas besoin d'adultes qui leur distribuent des préservatifs et des pilules. Il y en a déjà suffisamment. Ce qu'ils cherchent c'est des adultes heureux dans leur sexualité et qui les aident à vivre des relations vraies », affirme la Fédération africaine d'action familiale, dans ce communiqué sur la polémique soulevée par la déclaration du pape Benoît XVI sur le SIDA, lors de son voyage en Afrique. Nous publions ci-dessous le communiqué de la FAAF, en date du 25 mars, dans son intégralité.
* * *
POLEMIQUE SUR LA DECLARATION DU PAPE SUR LE PRESERVATIF
A-t-on bien compris ce que voulait dire le Saint Père ?
Les 30 organisations membres de la Fédération Africaine d'Action Familiale en provenance de 20 pays Africains suivants : Burundi, Burkina Faso, Cameroun, Togo, Côte d'Ivoire, Tanzanie, Ouganda, Rwanda, République Démocratique du Congo (RDC), Nigeria, Madagascar, Ile Maurice, Malawi, Afrique du Sud, Sénégal, Soudan, Zimbabwe, Tchad, Kenya, tenons a exprimé notre opinion sur la polémique autour du préservatif.
Ce que nous avons entendu de la déclaration du Saint Père : le sida est un véritable fléau. Il nous invite plus que jamais à humaniser la sexualité et à accompagner les personnes malades et nous dit que ce fléau ne peut être résolu par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème.
Il n'est pas de notre ressort de commenter cette déclaration ni sur le fond ni sur la forme. Nous profitons de la polémique suscitée pour livrer notre point de vue qui s'appuie sur des observations sur le terrain.
En effet, nous rencontrons beaucoup d'Africains jeunes et moins jeunes qui sont convaincus que la solution pour combattre le VIH/SIDA ne se trouve pas dans le préservatif mais dans l'éducation à la sexualité.
De nombreuses générations ont assimilé le continent africain à un havre de riches cultures traditionnelles et de modèles à l'épreuve du temps en matière de respect des valeurs familiales.
Dans bon nombre de nos traditions, il s'agit essentiellement pour cette éducation de faire vivre une sexualité épanouie, et un amour véritable, préparant à un mariage heureux et à une fécondité physique et spirituelle.
Cette conception de l'éducation tend à faire de l'homme un adulte libre. Notre entendement de la notion de « sexualité humanisée » dont parle et a encore parlé Benoît XVI s'appuie sur le fait que l'éducation doit tenir compte du fait que la sexualité ne se limite pas à la biologie ou à la génitalité. C'est un apprentissage à la vie ayant donc une dimension à la fois sociale, sacrée et religieuse. Elle vise à présenter l'amour vrai et, elle repose sur une confiance et une acceptation mutuelle.
Il ne s'agit certes pas de refuser le progrès car comme le dit un proverbe Kongo, « si tu changes de pays change aussi de façon de vivre ». mais sachons aussi « qu'un arbre ne tient pas sans racine » (proverbe mandingue.) Dans sa recherche d'un nouveau mode de vie cohérent et acceptable, l'homme africain aujourd'hui, situé dans la visée d'une combinaison harmonieuse du complexe socio - culturel traditionnel qui continue de structurer sa personnalité , et des apports modernes ne gagne t-il pas à garder les qualités des anciens et y ajouter les valeurs modernes, en rejetant les défauts des deux. Parmi les a pports de la modernité figure le préservatif.
Mais tout ce qui est moderne n'est pas forcément le meilleur.
Nous souhaiterions que les organisations internationales soient à l'écoute des Africains qui désirent faire appel à un certain sens de la dignité humaine dans la manière de vivre la sexualité. L'éducation à la responsabilité, au sens de sexualité, à vivre l'amour dans toute sa dimension intéressent les jeunes Africains. Les jeunes ont besoin de références et surtout de modèles cohérents et vivants. Nous ne devrons donc pas avoir peur de leur dire ce que nous pensons. Il ne s'agit pas de faire de la démagogie. Ne pas oser demander des efforts aux gens et ne pas s'il le faut proposer un idéal exigeant , ce n'est pas les respecter. Surtout c'est croire les jeunes incapables d'aimer. Les jeunes n'ont pas besoin d'adultes qui leur distribuent des préservatifs et des pilules. Il y en a déjà suffisamment. Ce qu'ils cherchent c'est des adultes heureux dans leur sexualité et qui les aident à vivre des relations vraies.
De fait, dans un pays comme l'Ouganda, c'est grâce à une campagne d'éducation en vue d'une abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage que le taux de propagation de l'épidémie a sensiblement baissé ces dernières années. La revue scientifique américaine Science no 304 a publié le 30 avril 2004 .un article de deux chercheurs de l'université de Cambridge, Rand L. Stoneburner et Daniel Low-Beern sur l'efficacité de la lutte anti-SIDA en Ouganda. Selon les deux hommes, la baisse du SIDA dans ce pays s'explique par une campagne unique en son genre. Le message diffusé dans la population insiste sur la morbidité élevée due au SIDA et le mode de transmission du virus responsable, essentiellement sexuel. Mais l'originalité de la démarche, et son succès, vient de la promotion de la fidélité et de l'abstinence, au lieu des traditionnels préservatifs et test de dépistages.
Pour prévenir l'expansion du sida d'une manière durable, il faut croire en la capacité des jeunes de vivre une sexualité épanouie et responsable dans les paramètres de la fidélité et de l'abstinence. Le changement de comportement auquel sont conviés les jeunes est un processus à promouvoir et par les adultes et par les jeunes eux-mêmes.
AIDEZ NOUS À GARDER NOS VALEURS.
QUANT A NOUS AFRICAINS NE NOUS TROMPONS PAS DE COMBAT
Danièle Sauvage
Présidente de la FAAF
Un peu d'humour:
« IL FAIT BEAU... »
A son retour à Rome, par une belle après-midi ensoleillée, le Pape aurait confié à une journaliste : « Il fait beau aujourd'hui ! ».
Ces propos ont aussitôt soulevé dans le monde entier une immense émotion et alimentent une polémique qui ne cesse de grandir.
Voici quelques réactions :
- Le maire de Bordeaux :
« Ce pape pose problème ! Il pleut à verse à Bordeaux !...
Cette contre-vérité montre bien que le pape vit dans un état d'autisme total. Cela ruine définitivement, s'il en était encore besoin, le dogme de l'infaillibilité pontificale ! ».
- L'Association féministe « les troutchettes hurlantes » :
« Pourquoi « il » fait beau et pas « elle » ?
Le pape, une fois de plus s'en prend à la légitime cause des femmes et montre son attachement aux principes les plus rétrogrades.
En 2009, il en est encore là, c'est affligeant ! »
- Le Conseil Représentatif des Victime du Réchauffement Planétaire :
« Comment ne pas voir dans cette déclaration provocatrice une insulte pour toutes les victimes passées, présentes et à venir, des caprices du climat, inondations, tsunamis, sécheresse ... ?
Cette affirmation du pape ne peut qu'encourager ceux qui participent au réchauffement de la planète, puisqu'ils pourront désormais se prévaloir de la caution du Vatican ».
A Rome, certains membres de la Curie ont bien tenté d'atténuer les propos du pape, prétextant son grand âge et le fait qu'il ait pu être mal compris, mais sans succès jusqu'à présent.
« Petit collectif de l'humour »