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Commencement
Joseph Stricher bibliste, Ay-sur-Moselle
Commencement de la Bonne Nouvelle...Tout écrivain le sait : les premières lignes d'un livre sont très importantes. Il faut qu'elles attirent l'attention du lecteur et lui indiquent de quoi il sera question dans la suite tout en lui donnant l'envie de lire cette suite.
Quand on ouvre le deuxième Évangile, la voix qui s'adresse au lecteur est anonyme, mais une tradition bien établie dit qu'il s'agit de l’Évangile de Marc, un disciple de Paul et de Pierre, probablement le Jean-Marc dont Luc parle au début des Actes des Apôtres. Une analyse approfondie du texte indique que le livre a été écrit avant la chute de Jérusalem, en l'an 70. Ces quelques éléments suffisent au lecteur d'aujourd'hui pour ouvrir l'Évangile de Marc et le lire avec profit.
Lisons l'Évangile de Marc comme on lit un livre, du commencement jusqu'à la fin et d'une seule traite si possible. Réalisable en moins de deux heures, l'opération laisse une impression forte, différente des lectures fragmentaires auxquelles nous sommes habitués. Nous découvrons en effet que le livret de Marc est un récit qui se tient, avec un début, un milieu et une fin et que, comme toute histoire bien racontée, il comporte une intrigue et même un secret. Ne se dévoilant qu'à la fin du livre, ce secret concerne Jésus, Christ et Fils de Dieu.
La Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu.
Dans la première phrase de son livre, Marc définit Jésus : il est Christ et Fils de Dieu. Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Que faut-il mettre sous ces mots ? « Christ » est la traduction grecque du mot « Messie ». Signifiant « celui qui u reçu l'onction », il a un sens royal. Jésus serait-il le roi que Dieu envoie à son peuple Israël pour rétablir le trône de David ? Ou bien serait-il un roi de type nouveau, comme celui qui est attendu à la fin des temps ? L'expression Fils de Dieu signifie-t-elle la même chose ? Les anciens rois d'Israël étaient en effet considérés comme des fils adoptifs de Dieu à partir de leur montée sur le trône. Y aurait-il une autre manière de comprendre cette filiation divine ?
Le lecteur d'aujourd'hui a toutes les ressources du catéchisme et des 2000 ans de réflexion de l'Église pour répondre à ces questions. Une lecture intégrale de l'Évangile nous invite à regarder la manière dont Marc, un témoin privilégié des débuts de l'Église y a répondu avant nous. Guidés par son récit, observons ce que fait Jésus, écoutons ce qu'il dit. Avec les disciples, qui sont (presque) toujours avec Jésus, avec les foules qui sont sensibles à son rayonnement, demandons-nous : « Mais qui est donc Jésus ? » Mieux que cela : « Qui donc est-il pour moi, pour nous ? »
Il était écrit dans le livre du prophète Isaïe...
On pourrait s'attendre à ce qu'un récit sur le Christ commence par la naissance de Jésus : la crèche, les bergers et les mages... Dans l'Évangile de Marc, il n'en est rien. Quand Jésus entre en scène, il est adulte. On mentionne juste les activités de Jean-Baptiste, introduites elles-mêmes par une citation du prophète Isaïe. Le récit n'est pas une biographie qui suit le héros de sa naissance à sa mort. Il est d'abord une Bonne Nouvelle pour son lecteur.
Cette Bonne Nouvelle est cependant située dans le temps. Le temps des hommes : cela commence à l'époque où Jean baptisait dans le Jourdain. Et le temps de Dieu : une Histoire Sainte commencée il y a bien longtemps, avec les patriarches, les rois et les prophètes, arrive à son accomplissement. En la personne de Jésus, le Seigneur vient marcher sur nos chemins. Saurons-nous l'accueillir et le suivre ? Voilà la question fondamentale qui se pose au lecteur d'aujourd'hui.
Octobre 2008 Eglise de Metz