Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......
Introduction à la retraite spirituelle
Que dans ta journée labeur et repos soient vivifiés par la Parole de Dieu
Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ.
Pénètre-toi de l'esprit des Béatitudes : Joie - Simplicité - Miséricorde
L'appel de Dieu à la retraite
Dieu t'a appelé à la retraite. Tu cherches Dieu, mais Dieu t'a devancé dans ta recherche : il t'a recherché avant même que tu ne commences à le chercher. Tu as entendu sa voix et tu es venu : en réponse à l'appel qui t'était adressé, tu as accompli une première démarche pour te rendre disponible. Tu es là. Il te faut maintenant tendre à la disponibilité totale.
Dès l'arrivée, « décharge-toi sur Dieu de tous tes soucis, car lui-même prend soin de toi ». Dieu sait toutes choses : ta misère physique et spirituelle, ta souffrance secrète, inavouée, tes détresses, il les connaît et il sait ce dont tu as besoin. « Il porte nos souffrances et se charge de nos douleurs ». Il répondra à ta prière, tu entendras sa voix, si fidèlement tu l'écoutes dans le silence et le recueillement. Aussi abandonne tous tes soucis, tes préoccupations, tes problèmes personnels. Et dis-toi : « J'ai le temps ». Tous les hommes se plaignent de ne pas avoir assez de temps. C'est qu'ils regardent leur vie avec des yeux trop humains. On a toujours le temps de faire ce que Dieu nous donne à faire. Mais il faut être présent dans tous les instants qu'il nous donne. » Ne te mets pas en souci du lendemain. Cherche premièrement le Royaume et sa justice. Abandonne-toi, donne-toi, et il sera versé dans ton sein une bonne mesure pressée, secouée, débordante, car on se servira pour toi de la mesure avec laquelle tu auras mesuré. »
Ayant détaché ton regard de toi-même, porte-le sur le Seigneur Christ. Il t'éclairera, car il est la lumière du monde. Il t'appelle à l'unité avec lui, toi qui cherches à découvrir sa volonté à ton égard, mais qui vis dans un dualisme, source de conflit intérieur qui te rend incapable par toi-même d'engagements décisifs. Il veut que tu sois un avec lui, car il y a en toi une adhérence, secrète mais réelle, au vouloir divin, mais d'est au plus profond de toi-même que Dieu te cherche et te trouve.
Enfin, ne t'embarrasse pas d'idées préconçues. Ne cherche pas à mener ta retraite selon tes prévisions et ne t'irrite pas de ne point trouver tout de suite, dans le détail, ce que tu espères découvrir. Aie de l'ordre, certes : suis autant que possible l'horaire que tu te seras fixé. Mais si cet ordre est bouleversé, si tu ne peux pas prier au moment où tu voudrais, méditer comme tu l'as prévu, abandonne-toi à la « fantaisie » de Dieu et laisse-toi diriger par lui. Au demeurant, bien des choses peuvent, au cours de cette retraite, ne pas répondre à ton désir : ne t'y arrête pas. Celui qui critique, juge au lieu d'avancer : il fait obstacle à l'appel de Dieu. Il ne faut pas de tension. Dieu donne son amour à celui qui se confie.
Solitude et silence
« Il est des moments où culmine le silence de Dieu dans ses créatures. Dans la solitude de la retraite, la rencontre d'intimité avec le Christ nous renouvelle (Règle de Taizé).
Le principe essentiel d'une retraite est contenu dans ces deux règles :
- Retire-toi dans la solitude de ta chambre.
- Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ
La vraie retraite est une solitude avec Dieu, dans le silence.
En t'adressant son appel, le Seigneur veut te conduire à l'écart, dans la solitude où il te parlera. Ainsi en a-t-il fait pour bien d'autres que toi, avant toi. Quand Dieu prend, à part ses serviteurs, ou Jésus ses disciples, les séparant momentanément du monde, c'est pour les arracher au plan trop humain de leur vie, pour les former au véritable service, pour les revêtir de son Esprit. Son dessein pour toi est le même. Il t'attire à lui, il te mène dans la solitude où il te nourrit par sa Parole : ta solitude est don de Dieu, prends-en soin. Car ce désert où tu es mené est aussi le lieu de la tentation et du combat. C'est le Saint-Esprit qui a emmené notre Seigneur au désert pour y être tenté par Satan. Que ta solitude soit union avec Dieu, et non quelque solitude superbe où l'on ne cherche que sa satisfaction personnelle où l'on ne se remplit que de son propre esprit. Aux heures difficiles, où tu te sentiras mal disposé, las, indifférent ne te décourage pas. Pour livrer ton combat, tu n'es pas seul : le Sauveur de la tentation, du péché et de la mort combat avec toi. Aie le sentiment concret de la présence du Christ dans ta chambre. Tu l'as appelé, il est venu. Il est ici. Retrouve alors la seule chose nécessaire, la bonne part qui ne te sera point ôtée, la seule chose qui résistera dans le Royaume des cieux : être aux pieds du Seigneur, écouter sa Parole, l'aimer, le contempler, l'adorer, lui rendre grâces, lui obéir.
Il n'y a de solitude véritable que là où Dieu seul parle. Tu ne peux être solitaire et entendre ce que les hommes et les sens peuvent te dire. C'est pourquoi, dans la retraite, solitude et silence sont indissolublement liés.
Le silence extérieur, tu le trouveras ici : tu es venu dans un lieu de silence. Et c'est ce que Dieu veut pour toi. Car qu'es-tu venu chercher ici ? Est-ce le contact avec les hommes, le conseil des hommes ? Tu le trouverais aussi bien ailleurs, dans quelques journées de vacances ou de repos. Là, il serait tout naturel d'échanger quelques paroles ave ton voisin de chambre. Non, tu es venu chercher bien autre chose : le secours promis par Dieu lorsqu'il t'a appelé à la retraite. Et pour entendre sa voix - que ce soit dans la méditation de sa Parole, ou dans l'adoration de la contemplation - il te faut de la solitude, du silence. Certes, tu viens du bruit, de l'agitation, et tu tombes dans un lieu de calme : le contraste risque de te paraître brutal, et u seras alors tenté de fuir la retraite, de parler aux uns et aux autres, de rompre ce silence qui fait mal peut-être ... Certes aussi, le silence n'a pas une valeur en lui-même, il peut être vain et sans signification. Il y a le silence des lâches (Pierre dans la cour du grand prêtre), celui des traîtres (Judas pendant le dernier repas). On peut trahir la cause de Dieu par son silence, de même qu'on le trahit par ses paroles. Aussi bien ne s'agit-il absolument pas de fuir (fuite dans la retraite), mais au contraire de cesser de fuir, cesser de mettre des mots et des choses entre soi et le Dieu vivant.
Sois donc reconnaissant et respectueux du silence extérieur qui t'est donné ici par Dieu, et tends au silence intérieur grâce auquel le silence extérieur ne te sera pas pesant mais prendra au contraire toute sa valeur.
« Le Silence intérieur réclame d'abord l'oubli de soi pour apaiser les voix
discordantes et maîtriser le souci obsédant, dans le continuel recommencement d'un homme jamais découragé parce que toujours pardonné. Il rend possible notre conversation avec Jésus-Christ » (Règle de Taizé). Le silence intérieur, c'est l'âme recueillie en Dieu, en la présence du Christ. C'est in silence si plein de Dieu s'imposeront à toi, afin que tu réalises que bien des pensées que tu chéris viennent de toi et non pas de Dieu, que bien des choses doivent être réduites en cendres pour qu'en toi puisse grandir l'homme nouveau.
Parler peu aux créatures et beaucoup à Dieu
Silence au monde, silence aux nouvelles, silence dans la communion des saints.
Silence dans le travail, dans les mouvements
Silence de tout l'être extérieur, préparant l'être à écouter Dieu ; image sensible du silence intérieur, celui du moi sans lequel il n'y a pas de vie spirituelle.
Silence de l'imagination
Silence aux émotions, aux tristesses, au vain bruit des pensées.
Silence de la mémoire
Silence sur la passé, les vains regrets, les amertumes. Ne se souvenir que des miséricordes de Dieu.
Silence du cœur
Silence des désirs, silence des antipathies, silence de l'amour dans ce qu'il a d'exalté.
Silence de l'amour- propre
Silence à la vue de son péché, de son incapacité. Silence aux louanges. Silence du moi humain.
Silence de l'esprit
Faire taire les pensées inutiles, silence aux raisonnements subtils qui affaiblissent la volonté et dessèchent l'amour. Silence aux recherches personnelles.
Silence du jugement
Silence quant aux personnes : ne pas juger
Silence de la volonté
Silence dans les angoisses du cœur, dans les douleurs de l'âme, silence de l'abandon.
Silence avec soi-même
Ne pas s'écouter, ne pas se plaindre, ni se consoler, se taire avec soi-même, s'oublier, se séparer de soi-même.
Silence avec Dieu
S'offrir à Dieu, l'adorer, l'écouter, se reposer en lui. C'est le silence de l'éternité, c'est l'union de l'être avec Dieu.
Et lorsque dans le silence, Dieu ne répond pas, c'est là encore un effet de son amour. Il te demande alors l'attente de celui qui espère parce q'il aime. « Il est bon d'attendre en silence le secours du Seigneur. »
Méditation et contemplation
"Dans ta vie d'oraison et de méditation recherche l'ordre que Dieu t'adresse pour le mettre aussitôt en pratique. Lis alors peu, mais attarde-toi" (Règle e Taizé).
Médite la Parole de Dieu aussi souvent que tu le pourras, car elle doit être au centre de ta retraite. Tu es venu apprendre à la lire, à la relire, à la méditer avec une fidélité renouvelée, pour chercher ce qu'elle t'ordonne.
La Parole de Dieu t'est donnée ; elle donne la vie
"Vous tous qui avez soif, venez à la source des eaux. Prêtez l'oreille et venez à moi. Ecoutez et votre âme vivra."
La Parole de Dieu est reçue
"Aujourd'hui, si vous entendez ma voix, n'endurcissez pas vos cœurs."
La Parole de Dieu t'éclaire
"Ta Parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier. La révélation de tes paroles éclaire."
La Parole de Dieu te garde du mal
"Je serre ta Parole dans mon cœur afin de ne pas pécher contre toi."
La Parole de Dieu est aimée et méditée
"Détourne mes yeux de la vue des choses vaines. Fais-moi vivre dans ta voie."
La Parole de Dieu donne la paix
« Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment la loi »
« La loi du Seigneur est parfaite, réconfort pour l'âme »
Dans le silence de la retraite, la Parole de Dieu pénètre, nourrit et alimente la pensée. La méditation est un des actes essentiels qui est demandé à celui qui se tient devant Dieu. Elle lie la Parole à son cœur, elle l'y tient, comme attachée, par une attention continuelle. Elle apprend, comme le faisait la Vierge Marie, à conserver et à repasser dans son cœur toutes les paroles reçues de Dieu.
Méditer, c'est discerner, contempler et retenir la vérité de la Parole de Dieu ; c'est dire avec les disciples d'Emmaüs : « Reste avec nous, Seigneur. » La méditation demande du temps, du silence, de la tranquillité : repos du corps, des membres, puis du cœur et de la pensée. La méditation n'est pas un acte intellectuel ; elle est une semence qui doit grandir en son temps, dans le silence, la paix de l'esprit. En effet, si l'intelligence se soumet à Dieu, elle ne s'ordonne plus elle-même, elle s'intègre à la pensée de Dieu, elle devient lumière sous l'action du Saint-Esprit. Elle règle les instincts naturels, les mouvements désordonnés, la sympathie et l'antipathie, les rapports humains. L'intelligence naturelle prend alors une valeur, une puissance et un rayonnement qui viennent de Dieu. Il lui donne une force créatrice : dans la méditation, l'intelligence se fortifie de connaissances nouvelles, elle réalise ce qu'est l'évènement dans la pensée de Dieu. Méditer en définitive, c'est être en présence de Dieu, face à lui seul. Alors ta méditation porte sur son enseignement, sur son message, sur sa volonté à ton égard : « Enseigne-moi à faire ta volonté, car tu es mon Dieu ».Mais méditer n'est pas seulement connaître, c'est aussi aimer : par la médiation, l'amour du Christ et pour le Christ devient réel en toi, il est le centre de ton être. Cet amour t'empêche de te replier sur toi-même ; il te fait penser aux autres, prier pour eux. Tu dois pouvoir dire avec saint Paul : « Ce n'est pas moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi ». La méditation est l'œuvre du Saint-Esprit en toi ; si tu ne résistes pas au Saint-Esprit, pareil à la bonne terre de la parabole, tu porteras beaucoup de fruit, les fruits de l'Esprit qui sont l'amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi.
De même qu'il y a une façon intellectuelle de lire la Parole de Dieu (en disséquant, soupesant les mots, cherchant les contradictions), il y a une façon contemplative - qui voit le Sauveur, sa manière d'être vis-à-vis de son Père, vis-à-vis des hommes - et c'est cette façon-là qui t'aide dans ton comportement journalier, dans ton intimité avec Dieu : contempler et croire, croire et contempler, se tourner vers la lumière, se laisser éclairer, puis, silencieux, immobile, rester en sa présence. « Je t'aime, Seigneur, toi qui es ma force. »
Il est donné à certains appelés à monter sur la montagne de la Transfiguration, et de voir le Christ glorifié. C'est la suprême vision de la sainteté parfaite : « Oui, c'est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle et que je le ressuscite au dernier jour ». Celui qui, dans la retraite, est appelé à contempler son Sauveur vivant, glorieux, reconnaît le Christ comme sa seule espérance, apporte sa propre obscurité à la seule lumière éternelle, pour que ses ténèbres soient dissipées. La Transfiguration, c'est voir la joie du sacrifice offert pour le monde de souffrance et de péché, c'est la rédemption visible de la création. « Par ta lumière, nous voyons la lumière. » Le disciple qui est appelé à contempler la Lumière parfaite, éternelle, est d'abord abaissé, jeté à terre, puis illuminé. Il reste alors devant le Christ, ne voyant plus que lui, ses mains ouvertes, mendiant de la gloire. Il demande que la gloire de Dieu descende sur lui et le revête. Celui qui prie sur la montagne de la Transfiguration, apporte avec lui devant le Christ glorifié, les pêcheurs, les souffrants, les tentés, les anxieux, les désespérés - parce que le monde souillé et toute la création doivent être recréés dans le mystère divin de la Transfiguration, afin que tous ceux qui sont sauvés puissent servir à la louange de la gloire de Dieu.
Louange et intercession
Au cours de la retraite, ta louange et ton intercession s'exprimeront dans la prière en commun (les offices), et la prière personnelle.
« La prière de l'office se situe dans la communion des saints. Mais pour réaliser cette communion avec les fidèles de tous les temps, nous devons nous livrer à une intercession ardente pour les hommes et l'Eglise ».
« Le Seigneur pourrait se passer de notre intercession et de notre louange. Toutefois, c'est le mystère de Dieu qu'il réclame de nous, ses collaborateurs, de prier toujours, sans jamais se lasser ». (Règle de Taizé).
L'office du matin nous prépare à écouter la voix de Dieu. Il ouvre le chemin de notre obéissance journalière.
La méditation silencieuse à midi est là pour nous rappeler, à nous qui sommes en danger de nous laisser emporter par les préoccupations quotidiennes, que pour l'Eglise, vivre c'est demeurer en Christ dans la joie du Royaume qui vient.
L'office du soir établit Dieu dans le silence de la nuit. Il donne au repos qui vient son vrai prix : à qui s'est remis corps et âme au Créateur, les heures nocturnes apportent le renouvellement qui fera du réveil une renaissance.
Assiste à tous les offices. Ils sont des heures de fête dans la journée. C'est le temps de joie où Dieu entre en dialogue avec l'Eglise rassemblée devant lui. Il lui révèle le mystère de sa grâce à travers l'Ecriture, et l'Eglise s'adresse à lui en déposant à ses pieds l'offrande des louanges tirées de sa Parole. La communauté prie les psaumes à chaque office et modèle sa prière sur eux. Chaque jour, elle est placée devant la révélation tout entière : elle entend la lecture suivie de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il ne s'agit pas alors de chercher une solution à tel ou tel problème personnel : contemple plutôt la grandeur et la bonté de Dieu, son plan éternel pour les hommes ; loue ton Sauveur et ouvre-toi à sa Parole, afin qu'elle porte en toi des fruits. Associe-toi, en outre, à la communauté dans son acte d'obéissance à la Parole : « Priez les uns pour les autres ». Le frère qui dirige l'intercession est soutenu par la prière de tous, car c'est au nom de toute la communauté qu'il présente les sujets d'intercession recueillis avant l'office. Intercéder est une grâce et un honneur. Nous sommes les collaborateurs de Dieu, déclare l'apôtre Paul. Intercéder, c'est prendre rang parmi ceux qui crient à lui de jour et de nuit. L'intercession forme un lien qui unit la communauté en Christ. La persévérance dans l'intercession est possible parce que l'Esprit lui-même intercède pour nous. Le Christ est toujours vivant pour intercéder en notre faveur.
Ne manque donc pas de te joindre à la communauté « pour louer et bénir et chanter le Christ ton Seigneur », car la prière chrétienne est d'abord la prière de Jésus-Christ : prière de l'Eglise, corps du Christ, dirigée par le Saint-Esprit ; prière de la communauté : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux ». Considère l'office, comme le sacrifice de louange et d'intercession que tu dois à ton Seigneur dans la reconnaissance et l'obéissance.
« La prière commune ne nous dispense pas de l'oraison personnelle. L'une soutient l'autre. Chaque jour prenons un moment pour nous renouveler dans notre intimité avec Jésus-Christ » (Règle de Taizé).
Dieu communique son Esprit à ceux qui prient, afin qu'ils deviennent des « âmes vivantes ». Ceux qui abandonnent la prière, cette respiration de l'âme, meurent asphyxiés. Il nous sera redemandé compte de notre vie de prière comme d'un talent qui nous a été confié à tous et que nous aurons soit fait valoir, soit enfoui dans la paresse, dans l'indifférence, dans l'activisme.
La pratique du silence est la discipline par excellence de ceux qui désirent pénétrer dans le sanctuaire de la prière : ce sentiment « d'irréalité » qui obsède le novice de la prière : ce sentiment « d'irréalité » qui obsède le novice de la prière est dû au fait qu'il est engagé dans un monologue et non dans une conversation ; car le but de la prière n'est pas seulement d'exprimer les plus profondes aspirations de l'âme, mais de savoir que Dieu est là. Commence donc toujours ta prière par une sérieuse attention à la présence de Dieu. Puis adresse cette prière : « Seigneur, enseigne-nous à prier. Qui nous enseignera à prier, si ce n'est toi, Dieu de la prière ? Prier comme te voyant, comme te parlant, t'écoutant, te répondant, comme sentant ta présence, écoutant ta Parole. »
Les gens pressés et agités que nous sommes ne savent pas attendre la prière que le Christ veut formuler en nous, qu'il veut prier à travers nous. C'est pourtant à cette condition que notre prière cesse d'être un monologue long et découragé, une vaine redite. Entre nous et les richesses de Dieu, il n'y a rien ; entre nous et les réalités éternelles, il n'y a pas de barrière, mais seulement cet espace silencieux où s'avance notre prière, pour recevoir l'Esprit qui transformera l'être, et par l'être, toute la vie. Il faut prier sans avoir l'esprit ni troublé, ni accablé, ni hésitant, ni défiant, ni divisé, ni prévenant la volonté de Dieu par quelque passion secrète. Il ne faut ni faire effort, ni bander son esprit. C'est l'Esprit de Dieu, que nous avons su attendre en silence, qui prie en nous, parce que Dieu, que nous avons su attendre en silence, qui prie en nous, parce que Dieu est si grand que personne ne peut le prier que par son Esprit. Le Saint-Esprit nous apprend à prier : il remplit l'âme, il la guide, il illumine sa vision, lui révèle la profondeur des richesses infinies de l'amour du Christ ; au moyen de notre être, il intercède en des soupirs inexprimables ; c'est lui qui nous fait dire à Dieu : « Notre Père ». Celui qui prie recueille son âme devant Dieu, et ce seul désir, cet effort, prépare à la renonciation totale, car seul peut renoncer à tout, celui qui n'a qu'un seul désir. Il voit ses désirs, les vœux même pour lesquels il avait osé prendre la parole, s'effacer les uns après les autres ; il ne parle plus à Dieu, mais la prière devient l'acte par lequel il écoute sa Parole, elle est un silence plein d'obéissance et d'adoration. Ainsi, il est prêt à se jeter dans la lutte avec Dieu et à triompher, car l'homme qui prie vraiment combat dans la prière, et triomphe parce que Dieu triomphe en lui.
N'oublie pas que tu n'es pas seul agenouillé, mais que toute la chrétienté est à tes côtés. L'homme ne s'unit à Dieu que lorsqu'il s'unit à ses frères. Le chrétien qui prie ne peut plus se refermer sur lui-même. Quand le Christ nous a recommandé de dire « Notre Père », c'était dans le sentiment de solidarité humaine qui faisait partie intégrante de son être. Aucun homme ne peut se tenir seul devant Dieu. Dans l'intercession, s'exprime ce sentiment de solidarité humaine : prier pour les proches, pour ceux qui cheminent avec nous, les emporter, les placer debout dans la lumière de Dieu. Sur le chemin même où Dieu pénètre les âmes, sur ses traces, nous avançons aussi : nous ne connaissons plus avec les yeux de la chair, qui ne savent saisir que la chair, nous connaissons en esprit et en vérité. Le secret du rayonnement de l'Eglise est dans l'intercession silencieuse et constante, abandon à la grâce de Dieu qui nous révèle en même temps notre péché et son amour. Il nous garde ainsi de l'orgueil et du découragement. Celui qui intercède reçoit encore la grâce d'aimer. Car on ne peut prier pour quelqu'un sans se mettre à sa place ; on vit avec lui, de sa vie, on partage ses craintes, on tressaille de ses espoirs. La prière d'intercession nous rapproche de notre prochain plus que toute autre chose. Prier pour les autres, c'est lever sur les visages la lumière de Dieu, les connaître et les aimer.
Toutefois, il ne s'agit pas de te lamenter si tu peux adresser à Dieu de longues prières. Prie très souvent. Les prières courtes et fréquentes sont généralement préférables à des prières plus longues, qui risquent de devenir dangereusement intellectuelles. Mais si le Seigneur t'accorde de prier longtemps avec ferveur, rends-lui en grâces joyeusement.
« Et puisqu'aux pieds du Seigneur nous avons droit à la bonne part, abandonnons-nous à la Parole vivante de Dieu, laissons-la atteindre les profondeurs intimes de notre être pour s'emparer non seulement de notre esprit, mais aussi de notre corps. Le Christ, Parole faite chair, se donne à nous visiblement dans le sacrement. Aussi nourris-toi au repas d'action de grâces, la sainte cène, et n'oublie pas qu'elle est offerte aux malades du Peuple de Dieu. Elle est là pour toi qui toujours es faible et infirme (Règle de Taizé).
Le combat de la retraite
La retraite doit être pour toi l'occasion de faire le point de ta vie de chrétien. Pour cela, il faut te livrer à un examen intérieur aussi complet que possible, sans crainte de l'humiliation, mais avec la ferme volonté de parvenir au but de ta retraite : le renouvellement de ta vie spirituelle. Pour t'examiner avec loyauté et objectivité, il est nécessaire que tu te poses un certain nombre de questions qui te permettent de considérer ta vie de chrétien sous tous ses angles.
Le questionnaire ci-dessous, auquel il ne s'agit pas de répondre simplement par des « oui » ou des « non », est là pour te servir de guide et pour t'aider à garder l'objectivité nécessaire à l'examen intérieur de toi-même.
Qui suis-je par rapport à Dieu ?
1. Y a-t-il en moi de graves questions, un malaise profond qui brise toute communion avec Dieu ?
2. Suis-je attentif au fait que si je me prends au sérieux, je ne puis prendre le Christ
au sérieux ? Il faut qu'il croisse et que je diminue.
3. Ai-je un sentiment de culpabilité qui me paralyse ? Est-ce que je sais regarder lucidement en moi à des moments mis à part dans ce but ?
4. Est-ce que je vis du pardon, de la miséricorde de Dieu ?
5. Ma vie chrétienne manifeste-t-elle la joie du salut ?
6. Sachant que les démons aiment les sinuosités, est-ce que je simplifie toujours davantage toutes choses en mon être intime et aussi dans ma vie quotidienne ?
7. Suis-je attentif au fait que plus j'avance en âge, plus devraient s'affermir en moi la joie et la liberté chrétiennes ?
8. Qu'est-ce que je fais pour vivre de l'Evangile dans sa fraîcheur, « aujourd'hui » ?
9. Suis-je averti de la tentation de minimiser dans ma vie les exigences de l'Evangile (vie chrétienne vécue en son minimum) ? Pour me donner bonne conscience, en suis-je arrivé à séculariser ma vie chrétienne au point que je me découvre à rougir, en certaines occasions, de ma vocation de chrétien ?
Qui est mon prochain ?
1. Si je vis de la miséricorde et du pardon de Dieu, est-ce que je mets mon prochain au bénéfice de cette réalité ? « Pardonne-nous comme aussi nous pardonnons... »
2. Est-ce que je vis en vase clos, dans une société humaine (famille, amis) ou chrétienne choisie ? (Attention au ghetto chrétien.)
3. Suis-je averti de la situation présente du monde, que fais-je pour cela ? (Lectures, connaissances sociologiques, etc.)
4. Est-ce que je vis dans la crainte du péril qui menace les hommes : guerre, idéologies, etc., au point que je ne puisse plus me confier à la seigneurie du Christ sur le monde ?
5. Dans ma recherche de l'unité des chrétiens, est-ce que je respecte certaines exigences spirituelles précises, en dehors desquelles ma recherche peut devenir vaine ou hypocrite ?
6. Dans l'ordre de ma vocation chrétienne, est-ce que je confie premièrement au Seigneur ceux dont il m'a donné la charge, ou bien est-ce que je cherche d'abord une solution avec les moyens humains ?
7. Ma timidité naturelle ou son contraire, l'absence de tact spirituel, demeurent-ils une excuse pour rester avec mon prochain au stade de la relation « mondaine » ?
8. Suis-je vigilant pour briser en moi tout autoritarisme, demeurant d'autre part sans faiblesse pour maintenir ceux qui me sont confiés dans le plan de Dieu, ne laissant pas les autoritaires s'imposer et rendant en toute occasion confiance aux faibles ?
9. Suis-je conséquent avec le commandement d'amour pour m'armer de miséricorde et la demander au Christ comme la grâce la plus essentielle à ma vocation de chrétien ?
Ton examen intérieur risque de ne pas aller tout seul, surtout si tu n'as guère eu l'occasion jusqu'à présent de le pratiquer : il a fait revenir à la surface, il a mis en pleine lumière une blessure, une écharde dans ta chair, que tu t'étais toujours efforcé de dissimuler aux yeux de tous, à commencer par les tiens. Et cette redécouverte t'est insupportable. Si un obstacle intérieur pèse sur toi, si tu sens le poids d'un fardeau qui t'alourdit, qui fait écran entre toi et la lumière qui doit briller sur toi et te pénétrer de joie, tu dois t'en décharger. Et c'est peut-être là que commencera la tentation : la tentation de fuir, de s'évader, de refuser de voir que ce fardeau est un péché. Le silence est alors insupportable parce qu'il n'est pas le silence où Dieu parle, mais où il se tait, et où les voix discordantes du monde, du péché, du Diable sont toutes-puissantes. Mais il importe que tu ne restes pas prisonnier de tes propres pensées, de tes propres péchés. La retraite doit te délivrer de toi-même et te permettre de d'évader, de courir dans une voie nouvelle.
Fais appel au ministère de l'Eglise ; il est des hommes qui ont la charge d'écouter et de garder le secret sur ce qu'ils ont entendu. Ils partageront tes difficultés, ta souffrance, et les porteront au Christ dans l'intercession. Sois alors ce que tu es devant Dieu, avec toute ta misère et toutes tes espérances. Soumets les problèmes posés par ta vie intime. Humilie-toi, laisse-toi conduire.
Décharge-toi de ton fardeau, aie recours au ministère de l'Eglise pour te confesser. La confession fait partie intégrante de la retraite ; elle est plus qu'une ouverture de soi-même. Car celui qui t'entend représente toute l'Eglise que tu lèses par ton péché, que tu compromets ; aux apôtres le Seigneur a promis de délier ce qu'elle délierait. La confession est la recherche de l'absolution, de l'annonce du pardon de Dieu, qui ne va pas de soi. L'absolution est le signe concret du pardon de Dieu. C'est une grâce toute particulière que le Seigneur te fait. Elle te permet de recevoir pleinement la miséricorde de Dieu. Par elle tu es lavé, pur, joyeux. Elle te rappelle ton baptême. Alors guéri et renouvelé, tu pourras en toute liberté redécouvrir, dans la communion de l'Eglise, la volonté du Seigneur à ton égard.
L'appel au service de Dieu
Le dessein de Dieu en t'appelant à la retraite est de te consacrer à son service, dans une obéissance renouvelée. C'est dans la retraite qu'Elie, qui se croyait seul à servir Dieu et qui désespérait, a entendu Dieu lui dire : « Je me suis réservé en Israël sept mille hommes ; tous ceux-là n'ont point fléchi leurs genoux devant Baal et leurs lèvres ne l'ont point baisé » - C'est dans la retraite que le Seigneur lui dit : « Va, reprends le chemin jusqu'à Damas ... tu oindras Hasaerel et Jéhu comme rois, tu oindras Elisée comme prophète à ta place ».
Dieu ordonne lui-même le travail de ses serviteurs. Le zèle sans la connaissance apparait souvent très funeste. Doc, plus le zèle est fervent, le souffle véhément, la charité » débordante, plus est nécessaire une connaissance vigilante qui maîtrise le zèle, tempère le souffle, ordonne la charité. Le service a été ordonné dans l'Eglise - aux uns le ministère d'apôtres, aux autres celui de prophètes... Il importe que tous soient liés les uns aux autres dans la charité et dans l'unité du corps du Christ, ce qui ne peut se produire que si le service a été ordonné. Car si chacun se laisse emporter par son propre élan, selon l'esprit qu'il a reçu, et court indifféremment suivant qu'il est poussé, il ne progresse pas selon la volonté de Dieu pour son corps tout entier. Si personne ne se contente de la fonction qui lui est assignée, mais tente n'importe quelle entreprise sans discernement, il n'y aura pas alors d'unité, mais plutôt de la confusion. La vocation n'est pas un jaillissement spontané de notre meilleur « moi », mais une initiative qui vient d'ailleurs et de plus haut. C'est Dieu qui appelle et lui seul. Dieu modèle l'homme avant d'en faire son instrument. Dieu ne laisse à ceux qu'il choisit que leur absolue pauvreté pour pouvoir les enrichir de sa grâce et les investir de la puissance de son Esprit. La vocation, c'est une obéissance sans conditions, non pas une approbation de nos velléités, de notre enthousiasme naturel, de nos ambitions généreuses, de nos aspirations élevées : un succès de notre élan vital. Qu'on se souvienne comment Jésus a annoncé à Pierre que son obéissance le conduirait où il ne voudrait pas aller. Qu'on se souvienne comment Paul a été conduit par l'Esprit.
Or, cette fonction de connaissance, de discernement, tu ne peux prétendre l'exercer par toi-même : tu serais immanquablement entraîné par ta subjectivité. C'est l'Eglise qui, à travers ses ministres, ordonne son ministère. Pour connaître la volonté de Dieu à ton égard, il te faut donc t'en remettre à un ministre de l'Eglise ; lui pourra discerner en toi ce qui est véritablement appel de Dieu à son service de ce qui relève de ta subjectivité.
Ainsi, dans la retraite, après avoir appris la joie de la vie communautaire dans l'adoration et la prière, tu réaliseras que celui qui vient à l'écart pour écouter Dieu, reçoit l'amour pour ses frères et est prêt à travailler avec eux dans un service commun où tous ont leur place fixée par Dieu.
Le retour
Dans la retraite, Dieu t'a parlé ; à travers sa Parole, sa vérité t'a éclairé, son amour t'a enveloppé, le chemin de l'obéissance s'est ouvert devant toi. Tu vas quitter le silence et la paix de ce temps mis à part et te retrouver dans le monde d'aujourd'hui, dans les difficultés de ton existence journalière avec ses problèmes et ses luttes.
"Veille attentivement sir ta propre âme que tu n'oublies pas les choses que tes yeux ont vues et qu'elles ne sortent pas de ta mémoire." Maintenant il faut marcher : marcher dans la lumière que tu as reçue, pour parvenir à celle que tu entrevois seulement et même à celle que tu ne soupçonnes pas encore. "On donne à celui qui a et il sera dans l'abondance". C'est
la loi du progrès dans tous les domaines et particulièrement dans le Royaume de Dieu. Marcher, mettre en œuvre, s'approprier ce qu'on a reçu, c'est le seul moyen de le posséder. La vie chrétienne n'est jamais statique mais toujours une activité, une marche.
De la lumière qui te fut prodiguée, cherche ce qui en subsiste dans ton cœur : ne pas s'accrocher à une idée, à un souvenir mais apprendre à ouvrir son cœur, à aimer mieux, et laisser jaillir les grâces reçues, dans un travail plus humblement, plus simplement accepté en Jésus-Christ. Alors ce qui était grand à tes yeux deviendra petit ce qui était petit deviendra grand : tout reprendra sa juste valeur et le Christ sera réellement le centre rayonnant de ta vie. Ainsi tu pourras être simplement et fidèlement un témoin et apporter le message de grâce là où Dieu t'appelle, vivre afin que son amour rayonne autour de toi, que sa joie illumine ton foyer et que sa paix console les cœurs souffrants qui te sont confiés.
Tu as pris conscience de ta vocation. La vocation fait de toi un instrument de Dieu. Elle te met sous sa discipline ; elle te place dans la dépendance et l'obéissance totale. Elle te rend impuissant par toi-même, mais elle te rend participant de la puissance de Dieu et de son action dans le monde. Elle t'arrache à toi-même et à ton plan humain ; elle t'inscrit dans le plan de Dieu. Elle te contraint à vivre par la foi et à dépendre de la puissance de Dieu.
"Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle." Nous avons avec nous le Christ, la Parole vivante, le Christ qui nous a dit : "Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde".