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Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......

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Aux Etats-Unis, Benoît XVI a trouvé les mots et les gestes

Article paru dans le journal La Croix du 21 avril 2008

 

Aux Etats-Unis, Benoît XVI a trouvé les mots et les gestes

 

Attendu ce lundi matin à Rome au terme de six jours de voyage, le pape a conquis les Américains par une approche humble de sa fonction mais sans concession sur les problèmes affrontés par l'Église

 

NEW YORK

De notre envoyée spéciale ISABELLE DE GAULMYN

 

Brouillard humide sur la boue d'un chantier. Sur la rampe de béton qui descend dans le cratère béant, où pointent les fondations de la future Freedom Tower, le pape s'agenouille en si­lence. Pas de discours. Juste une prière, dont les mots s'élèvent le long des gratte-ciel, là où, il y a six ans, s'écrasaient les Twin Towers, enterrant 2896 victimes. Il est venu invoquer le «Dieu de l'amour, de la compassion et de la réconciliation» et saluer longuement des proches des victimes.

Benoît XVI a trouvé le geste apte à marquer les habitants de ce pays. Tout comme vendredi à la synagogue de Park East: même si la rencontre fut brève, l'image de cette première visite d'un pape à la communauté juive de New York était à la une, le lendemain, du New York Times.

«Le pape, en venant ici après avoir été sa­luer la communauté de Washington jeudi, nous a montré qu'il continuait dans la voie du dialogue ouverte par Vatican II», se réjouissait le rabbin Arthur Schneier. Visiblement, le malentendu né de la publication d'une nouvelle mouture de la prière pour les juifs pour le Vendredi saint est oublié.

Geste encore, que la rencontre-surprise avec des victimes de prêtres pédophiles. Geste en­fin, que ce pape en blanc qui traverse l'immense salle tapissée de vert de l'Organisation des Nations unies, devant les représentants de tous les États, debout en silence. «L'ONU est une institution laïque, mais son langage est souvent celui de la foi », affirme son secrétaire général Ban Ki-moon.

«Le discours de Benoît XVI aux Nations unies a été un peu passé sous silence», déplorait le P. Federico Lombardi, porte-parole du pape, le lendemain. Il est vrai que ce long texte, qui condense toute la doctrine catholique en matière de relations internationales, ne contient pas de « phrase choc», et guère d'exemples concrets. Mais il pose le principe d'une intervention internationale dans les pays où les droits des populations seraient me­nacés, encourageant les règlements multilatéraux des conflits. Et insiste, pour les 60 ans de la Déclaration uni­verselle des droits de l'homme, sur la protection de la liberté religieuse.

C'est finalement sur le volet pastoral du voyage, la rencontre de l'évêque de Rome avec le peuple américain, que Benoît XVI a été le plus à l'aise. Les habitants du pays ont su lui réserver un accueil comme il les aime: pas de foules sur son passage, mais une attention respectueuse et chaleu­reuse, avec cette simplicité directe dont ils ont le secret. La commu­nauté catholique américaine, très attachée à Rome, était honorée de recevoir le successeur de Pierre pour le 81ème anniversaire de sa naissance et le troisième de son pontificat: les «Happy birthday! » ont ainsi parsemé tout le voyage. À Washington, dans le quartier verdoyant du Little Vatican, le pape a été reçu avec professionna­lisme dans des bâtiments splendides, à l'image du dynamisme de l'Église. À la messe, on l'a vu s'amuser des «olas» d'une assistance modeste, le Nationals Park Stadium ne contenant « que» 45.000 personnes, mais plus à la mesure de ce pape mal à l'aise avec les grandes foules.

L'étape new-yorkaise fut aussi une réussite, malgré un service de sécurité omniprésent. Il y eut bien des manifestants, licenciés par des écoles catholiques ou membres d'associations de victimes de pédo­philes, mais peu nombreux. L’accueil dans la cathédrale Saint-Patrick fut enthousiaste, avec «standing ova­tions». Ému, le pape improvise et promet de faire «tout son possible pour être, malgré toute sa pauvreté spirituelle, un véritable successeur de Pierre »... Surtout, la rencontre avec 20.000 jeunes, samedi devant le séminaire Saint-Joseph, fut un moment festif. Le pape est sorfi de sa réserve pour s'amuser avec le public et le saluer longuement. Il leur con­fie ses souvenirs des années d'une adolescence « ruinées par un régime sinistre qui pensait qu'il avait toutes les réponses».

Benoît XVI est à l'aise dans ce pays dont il apprécie la culture. Cela ne l'empêche pas d'être exigeant pour une Église qui, comme il l'a dit aux évêques, «est l'une des communau­tés les plus nombreuses et les plus influentes du monde». Ses discours, complexes, sont souvent critiques. À Saint-Patrick, devant les prêtres et personnes consacrées, il repro­che à l'Église son légalisme et son institutionnalisation, quand «le défi le plus urgent est de communiquer la joie qui naît de la foi et l'expérience de l'amour de Dieu ». Une Église qui s'est divisée après Vatican II, sans faire le «renouvellement spirituel que voulait le Concile». Le samedi, il interpelle les jeunes: «Qui porte aujourd'hui la Bonne nouvelle de Jésus sur les routes de New York, dans les banlieues in­quiètes et marginalisées des grandes cités?» «Dans nos universités et nos écoles la foi est-elle "tangible"?», in­terroge-t-il à la Catholic University de Washington. Devant l'épiscopat, il pointe le «sécularisme de l'Améri­que» qui parfois «réduit de manière subtile la croyance religieuse au plus petit dénominateur commun», «sans incidence pratique sur la vie de tous les jours».

Tout au long de ce voyage, Benoît XVI a exhorté les catholiques américains à un profond renouvellement spirituel qui seul peut, selon lui, permettre aujourd'hui une proclama­tion efficace de l'Évangile. Ainsi, dit-il dans une jolie métaphore, l'Église des États-Unis sera à l'image de la cathé­drale Saint-Patrick, dont les flèches néogothiques semblent écrasées par l'ombre des gratte-ciel de Manhattan mais qui, «au coeur de la métropole indifférente, reste un signe vivant qui remémore la constante aspiration de l'esprit humain à s'élever vers Dieu».

 

 

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