Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......

Publicité

L'Euthanasie: est-elle vraiment une solution?

A propos de l'euthanasie
 
Le cas de Chantal Sébire ravive le débat sur l'euthanasie. Rappelons que lundi dernier, le vice-président du tribunal de Dijon, René-Jean Jaillet a constaté que "le juge en l'état de la législation française, ne peut que rejeter sa demande". Pour cela, le juge s'est référé à l'arrêt Pretty de la Cour européenne des droits de l'Homme qui estimait "qu'il ne parait pas arbitraire que le droit reflète l'importance du droit à la vie en interdisant le suicide assisté". Cette décision s'appuie aussi sur le code de déontologie médicale qui dispose que "le médecin n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort".
Frédérique Dreifuss-Netter, professeur de droit à l'université Descartes-Paris-V et membre du Comité consultatif national d'éthique, est revenu sur la loi Leonetti de 2005 estimant "qu'elle ne permet pas [...] à un malade incurable qui n'est ni en fin de vie, ni ventilé, ni alimenté artificiellement, de maîtriser sa mort. Faut-il pour autant, changer la loi pour aller plus loin ?". "C'est au législateur seul d'en décider", ajoute-t-elle.
De son côté, le professeur Jean-Claude Ameisen, membre du Comité d'éthique de l'Inserm, a déclaré : "il faut voir si on peut aller jusqu'à l'exception d'euthanasie" ou "l'exception de l'assistance au suicide". Le député PS de la Vienne, Gaëtan Gorce, ancien président de la commission spéciale chargée d'examiner la proposition de loi relative aux droits des malades et à la fin de vie, propose que le malade souhaitant mourir ait la possibilité de "saisir une haute autorité morale", qui pourrait autoriser, à certaines conditions, un médecin à accéder à cette demande de mort.
Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a rappelé dans un communiqué que "la vie d'un être humain est inviolable, à chacune de ses étapes et en toutes situations. Un être humain ne peut jamais perdre sa dignité, quelles que soient ses conditions physiques ou psychiques", a-t-il ajouté. Il insiste également sur la "nécessité de développer une culture palliative" et demande que des efforts de formation pour les professionnels du soin soient mis en place. Pour conclure, il rappelle que "l'acceptation légale du meurtre volontaire d'un malade de la part des médecins et de la société ferait vaciller les principes fondamentaux de la coexistence civile".
Enfin, le journal Le Monde expose, dans un grand article, le drame d'un jeune homme de 28 ans, Vincent Pierra, schizophrène et dans le coma après une tentative de suicide ratée. Ses parents ont obtenu de lui enlever sa sonde alimentaire. Il est mort après 6 jours de souffrance.,Ils dénoncent l'hypocrisie d'"affirmer qu'il existe une différence, entre, d'un côté, retirer une sonde d'alimentation et attendre la mort et de l'autre faire une piqûre qui évite le traumatisme et la souffrance". Ils militent pour l'euthanasie et sont membres de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). On retrouve l'avocat de Chantal Sébire, maître Gilles Antonowicz dans leur entourage. Il signe un livre sur la mort de Vincent Pierra qui sortira le 2 mai.
© genethique.or
L’état des soins palliatifs en France
 
Marie de Hennezel, psychologue, spécialiste de la fin de vie, a remis, il y a quelques semaines, à Roselyne Bachelot, un rapport sur les soins palliatifs intitulé "La France palliative". Elle y dénonce l'insuffisance des moyens dans ce domaine.
Alors que Nicolas Sarkozy avait annoncé qu'il ferait du développement des soins palliatifs, l'une de ses priorités, les équipes ne constatent, pour l'instant, aucune amélioration.
Aujourd'hui, toutes les régions disposent d'une unité de soins palliatifs, mais Marie de Hennezel rappelle que "les refus d'admission [...] concernent en moyenne deux malades sur trois" et "qu'il faudrait "au moins une unité par département".
Si les soins palliatifs ont été renforcés dans les services de cancérologie, rien ne semble avoir été fait dans les centres de gériatrie. Par ailleurs, elle dénonce que le numéro azur "Accompagner la fin de la vie, s'informer, en parler"  (0811 020 300), installé par Philippe Douste-Blazy, en mai 2005, pour répondre aux questions sur la fin de vie, n'ait pas été soutenu par une campagne de communication.
Pour le docteur Bernard Devalois du service de soins palliatifs de Puteaux, "c'est mieux qu'il y a 15 ans, mais je peux vous dire que je refuse quatre fois plus de malades que je n'en admets".
Enfin, le docteur Emmanuel Debost, médecin traitant de Chantal Sébire, rappelle que "la loi Leonetti de 2005 a permis une évolution dans la prise en charge des fins de vie [...] mais n'a absolument pas répondu au problème de l'euthanasie, qui concerne le plus souvent des patients en pleine conscience".
Il rappelle que d'après l'Association pour le développement des soins palliatifs, "dans 95% des cas, un patient cesse de demander l'euthanasie après avoir été transféré dans un unité de soins palliatifs", preuve que la société a bien pris conscience de ce problème. Mais de s'interroger sur les 5% restant, pour lesquels il souhaite un "débat politique et citoyen afin de combler le vide juridique existant".
 
Urgence à soulager la souffrance
Les partisans d’une loi sur l’euthanasie invoquent les souffrances intolérables des personnes en fin de vie alors que la loi destinée à soulager ces souffrances existe déjà. "Les textes encadrent parfaitement la fin de vie et si des cas de souffrances intolérables sont rapportés, cela montre que la loi n’est pas appliquée partout". Marie de Hennezel
 
Appliquer la loi Leonetti
Selon la loi Leonetti du 22 avril 2005, "les actes de prévention, d’investigation et de soins ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris". Lors du vote de cette loi, le gouvernement avait annoncé l’ouverture de 1990 lits supplémentaires de soins palliatifs et la création de 35 nouvelles unités mobiles en 2005. On les attend toujours.
L’urgence aujourd’hui est de se donner les moyens d’appliquer la loi.
Euthanasie 
L’euthanasie est une action ou une omission dont l’intention première vise la mort d’un malade pour supprimer la douleur. L’euthanasie est une mort imposée qui s’oppose à la mort naturelle.
Euthanasie active / passive 
La distinction entre euthanasie active et euthanasie passive n’a pas lieu d’être et fausse le débat. Soit il y a euthanasie par action ou omission (en injectant un produit létal ou en "oubliant" de donner à boire...) c'est  à dire volonté de mettre un terme à la vie du patient...), soit il y a volonté d'accompagner le patient en atténuant ses souffrances, (cesser l'acharnement thérapeutique pour passer aux soins palliatifs) (cf définitions suivantes).
« Euthanasie d’exception » 
Notion proposée par le Comité consultatif national d’éthique afin de permettre, dans certains cas exceptionnels, de provoquer la mort d’un malade. On se souvient que l’avortement ne devait être pratiqué dans les hôpitaux que pour répondre à une situation exceptionnelle. Il remplace aujourd’hui, aux frais de la Sécurité sociale, la contraception dans un grand nombre de cas. Une telle dérive ne saurait épargner la pratique de l’euthanasie dans une société où la longévité s’accroît régulièrement avec ses souffrances et multiples dépendances, ce qui pèsera de plus en plus sur le budget de la Santé, d’où certaines tentations...
Aide au suicide - suicide assisté 
Méthode qui consiste à mettre du poison dans la seringue et à faire appuyer par le malade afin d’éviter les poursuites.
Acharnement thérapeutique 
Poursuivre un traitement lourd qui devient disproportionné par rapport au bien qu’en retire le patient.
La distinction entre l'euthanasie et l'interruption de soins disproportionnés est essentielle. « Le médecin n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort » (art. 38 du Code de déontologie médicale) mais il a le devoir de s’abstenir d’une obstination déraisonnable. Au lieu de maintenir un traitement qui a fait la preuve de son inefficacité, le médecin doit tout faire  pour permettre au malade l'accès à des soins palliatifs.
Soins palliatifs 
Accompagner le malade et utiliser des antalgiques pour soulager la douleur, même si cela consiste à prendre des risques parfois mortels.Le but n'est pas ici de donner la mort au patient. De plus, maintenir un patient en vie, peut lui permettre de tenir jusqu’à la mise au point de nouveaux traitements et d’être guéri.
Accompagnement en fin de vie
L’accompagnement des personnes en fin de vie est le véritable enjeu du débat sur l’euthanasie, comme le remarque le rapport Hennezel qui souligne que si, face à la souffrance, « les pratiques sont hétérogènes, la tentation de répondre au vœu de mort par un geste létal » est souvent révélatrice d’un défaut de formation et d’une solitude des soignants face à des fins de vie qu’ils ne savent pas accompagner. « Ce n’est pas une loi qui amendera les consciences… Par contre, on peut craindre qu’elle freine les efforts de soignants pour améliorer leur pratique, pour la penser, pour inventer une manière d’être humble et humaine auprès de ceux qu’on ne peut plus guérir.»
 
 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article