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  • : Communauté; catholique du Bon Pasteur de Thionville
  • Communauté; catholique du Bon Pasteur de Thionville
  • : Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......
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Adoration du St Sacrement




"Christ au centre,
Christ pour tous!"

Tous les mercredis soir, de 20h15 à 21h30, à l'église de Veymerange, venez prier et louer le Seigneur, sur fond de chants de taizé et de l'Emmanuel. Le Saint Sacrement est exposé pour l'adoration.

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Réconciliation


Recevoir le pardon de Dieu: tous les premiers mardis du mois à 18h00 à l'église de TERVILLE; avant chaque messe; ou en faisant appel au curé de la paroisse

Que Dieu vous bénisse

Je vous souhaite la bienvenue sur le blog de la communauté de paroisses du Bon Pasteur ! Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez le faire à l' adresse ci-dessous ou en me téléphonant au presbytère. 

  Le secrétariat est au presbytère de Veymerange,

16 rue St Martin, 57100 Veymerange.

Hors vacances, les heures d'ouverture du secrétariat sont: mardi et vendredi de 17h00 à 18h30 et mercredi de 10h00 à 12h00.

Durant les vacances scolaires, il n'y a qu'une permance le vendredi.

l:  03.82.50.40.06

 courriel: jp.kovacs@eveche-metz.fr

----------------------------------Pour vous informer:------------------

 
KTO, la télé catho:Lien vers KTO
 
FPour aider la quête diocésaine:faire-un_don2.jpg

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Ensemble, avec le Christ au centre, le Christ pour tous!
  Jean-Pierre Kovacs
Le curé de la Communauté du Bon Pasteur
 Notre partenaire:
http://toplouange.over-blog.fr

Articles Récents

21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 15:59

Noël, espérance pour l’humanité

 

Le nouveau-né de Bethléem n’est pas seulement le messie qu’attendait depuis plusieurs siècles le peuple d’Israël, car Jésus ne vient pas seulement pour son peuple, mais pour toute l’humanité. Ce n’est pas pour rien que l’Evangile a placé, peu après la naissance de Jésus, la venue des mages. Ces mages sont les prémices des nations païennes qui accueilleront le messie promis à Israël.

« Grâce à l’Evangile, commente l’apôtre Paul, les païens sont associés au même héritage, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus » (Ep 3, 6).


Noël a donc d’emblée une portée universelle, l’événement concerne toute la famille humaine. Ensommes-nous conscients ?

Les apôtres, que Jésus ressuscité enverra porter l’Evangile à toutes les nations, accompliront ce qui est annoncé au moment de sa naissance et de son épiphanie. L’Eglise, à leur suite, ne cesse de redire le même Evangile à toute la famille humaine.

Rien n’est plus contraire à l’Evangile que ces barrières qui empêchent les hommes de communiquer, d’échanger et de partager. Rien n’est plus contraire à l’Evangile que les inégalités et les injustices qui maintiennent les peuples les plus faibles sous la dépendance économique et politique des plus forts. Aussi, dans sa doctrine sociale, l’Eglise ne cesse-t-elle pas de faire appel à un ordre économique, fondé sur le partenariat et l’échange des dons, qui permette au plus grand nombre d’avoir accès aux biens de la création, au sein d’une humanité solidaire. En comprenonsnous le bien fondé ?


En 2003, dans son Exhortation sur l’Eglise en Europe, le pape Jean-Paul II interpellait les nations européennes à propos des migrations, et il les invitait à promouvoir une culture de l’accueil, qui régule les flux migratoires en tenant compte de « l’égale dignité de toute personne et du devoir de solidarité à l’égard des plus faibles » (n° 101). Ces appels ont été par la suite souvent repris tant par le pape et les évêques des pays européens que par de nombreux mouvements laïcs.

 

Dans son message pour la 97ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié (16 janvier 2011), Benoît XVI écrit : « Le phénomène de la mondialisation, caractéristique de notre époque, n’est pas seulement un processus socio-économique », il met en effet en avant « une humanité de plus en plus interconnectée, dépassant les frontières géographiques et culturelles… Tous appartiennent à une unique famille, migrants et populations locales qui les accueillent, et tous ont le même droit de bénéficier des biens de la terre, dont la destination est universelle ». Sommes-nous ouverts à ces perspectives, même si elles sont souvent difficiles à atteindre ? Pour mettre en oeuvre ce programme, il faut « des hommes droits, des acteurs économiques et des hommes politiques fortement interpellés dans leur conscience par le souci du bien commun » (Caritas in veritate, n° 71). Noël ne peut être aujourd’hui espérance pour l’humanité que si les hommes se laissent interpeller et transformer par ce message et en font leur programme de vie, tantdans le gouvernement du monde, la direction des entreprises et des finances, que dans l’humble labeur de chaque jour. Serons-nous de ceux-là ?

 

Joyeux Noël dans l’espérance !

 

fr. Pierre RAFFIN, o.p.

évêque de Metz

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 14:03

Situer à sa juste place le ministère ordonné

 

Le temps du carême est marqué en mars 2010 par la réflexion sur le ministère ordonné à laquelle toute l'Eglise est conviée en cette année sacerdotale. La récollection des prêtres par zone pastorale et les conférences de carême proposées à Metz en constituent des temps forts.


L'ecclésiologie de Vatican II favorise la pluralité des ministères, elle invite chacun à prendre sa place dans l'Eglise et dans le monde, mais elle n'estompe pas le ministère ordonné, elle invite plutôt à l'évaluer à sa juste place, à en manifester la beauté et à témoigner du bonheur que l'on peut éprouver à l'exercer.

 

Il serait dommageable que, par un mouvement de balancier, on passe d'une situation où le prêtre faisait à peu près tout à un autre extrême, et que le ministère ordonné s'en trouve obscurci.

 

Ne devons-nous pas apprendre à porter sur le prêtre un regard plus profond qui est celui de la foi ? N'oublie-t-on pas trop souvent ce qui, dans le prêtre, n'est accessible que par la foi, à savoir sa dimension sacramentelle ? Le prêtre en effet représente sacramentellement le Christ Pasteur, il lui est configuré, à telle enseigne que, lorsqu'il pardonne les péchés en son nom, il ne dit pas : « Jésus te pardonne », mais «je te pardonne ».

 

Accueille-t-on toujours dans la foi la prédication du prêtre ? La question que l'on peut facilement poser est « Parle-t-il bien ? » ou « Confirme-t-il mes convictions personnelles ? » et pense-t-on que c'est Jésus qui parle à travers ce prêtre, même lorsqu'il balbutie ? Le prêtre n'est pas d'abord un orateur, mais un prédicateur, ce qui est tout différent. Il n'est pas un animateur, mais un célébrant. Il n'est pas un organisateur de la communauté, mais un pasteur. C'est Jésus qui parle, célèbre et guide à travers lui.

 

François d'Assise, qui était diacre, avait un très grand respect du prêtre et il exhortait souvent ses frères à respecter les prêtres quels qu'ils soient : « Le Seigneur me donna et me donne une telle foi dans les prêtres qui vivent selon la forme de la sainte Eglise romaine, à cause de leur ordre, que même s'ils me persécutaient, je veux recourir à eux. Et si j'avais autant de sagesse que Salomon et si je trouvais de pauvres prêtres de ce siècle, je ne veux pas prêcher dans les paroisses où ils demeurent, au-delà de leur volonté. Et ceux-là et tous les autres, je veux les craindre, les aimer et les honorer comme mes seigneurs. Et je ne veux pas considérer en eux le péché car je discerne en eux le Fils de Dieu et ils sont mes seigneurs. Et je fais cela parce que dans ce siècle, je ne vois rien corporellement du très haut Fils de Dieu, sinon son très saint corps et son très saint sang qu'eux-mêmes reçoivent et qu'eux seuls administrent aux autres ».

 

Il importe que le prêtre vive avec humilité et simplicité dans la conscience que le Christ l'habite de manière toute particulière comme la Tête de son Eglise. Et il importe que, du prêtre, les chrétiens découvrent mieux la dimension mystique. Si ce double voeu était exaucé, l'année sacerdotale aurait atteint son but.

 

fr. Pierre RAFFIN, o.p. évêque de Metz

Mars 2010

 

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 16:26
2 février 2010 – Fête de la Présentation de Jésus au Temple
Journée mondiale de la vie consacrée

C’est le pape Jean-Paul II qui institua la Journée mondiale de la vie consacrée le 2 février, jour où l’Eglise célèbre la Présentation de Jésus au Temple. En ce jour où Jésus, le consacré par excellence, est offert à son Père par le ministère de Marie et de Joseph, les consacrés sont invités à raviver leur propre consécration.
Le Catéchisme de l’Eglise catholique définit ainsi la vie consacrée : « C’est la profession des conseils évangéliques, dans un état de vie stable reconnu par l’Eglise, qui caractérise la « vie consacrée » à Dieu » (n° 915).

« L’état de vie consacrée apparaît dès lors comme l’une des manières de connaître une consécration « plus intime », qui s’enracine dans le baptême et est dédiée totalement à Dieu. Dans la vie consacrée, les fidèles du Christ se proposent, sous la motion de l’Esprit Saint, de suivre le Christ de plus près, de se donner à Dieu aimé par-dessus tout et, poursuivant la perfection de la charité au service du Royaume, de signifier et d’annoncer dans l’Eglise la gloire du monde à venir » (n° 916).
Ce texte est de 1998.

En 1996, l’Exhortation apostolique post-synodale, Vita consecrata, avait précisé qu’appartenaient à la vie consacrée la vie érémitique, les vierges et les veuves consacrées, la vie religieuse contemplative ou apostolique – masculine et féminine –, les instituts séculiers et, dans une certaine mesure, les sociétés de vie apostolique. Elle avait ouvert aussi la porte à « des formes de vie consacrée nouvelles ou renouvelées ». Elle avait défini la consécration comme « un approfondissement unique et fécond de la consécration baptismale » (n° 30) ; par cette consécration, « l’union intime avec le Christ, déjà inaugurée par le baptême, se développe pour être le don d’une conformation qu’exprime et réalise plus complètement la profession des conseils évangéliques » (ibid.) ; enfin, elle précisait que, pour appartenir à la vie consacrée, il faut vivre la chasteté dans le célibat.

Au principe de la vie consacrée, il y a un appel au don total de soi qui est réponse au don total du Christ, manifestant l’amour infini de Dieu pour l’humanité : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). Le consacré est un croyant qui, saisi par l’inouï de ce don, entend donner en retour tout ce qu’il est et tout ce qu’il a. La vie consacrée est impensable en dehors de cette réciprocité du don total et, dès qu’elle ne vit plus à ce niveau d’exigence, elle dépérit. C’est incontestablement l’affaiblissement de cette perspective au cours des dernières décennies qui est à l’origine de tant d’abandons et d’affadissements. Ne soyons pas dupes ! La vie consacrée ne retrouvera son élan qu’au feu incandescent de l’amour divin, toutes les autres tentatives de reprise qui s’en écartent sont vouées à l’avance à l’échec.

Le quatrième centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation nous remet très opportunément en présence d’un élément essentiel de son patrimoine spirituel, la doctrine de saint François de Sales que le bienheureux Pie IX déclara en 1877 docteur de l’Eglise pour avoir proposé aux chrétiens une voie de sainteté « sûre, facile et douce ».
Au début de l’année 1609, François de Sales publie l’Introduction à la vie dévote qui connaît un succès immédiat et considérable. La vie dévote « ou sainteté et perfection chrétienne est, pour saint François de Sales, à la portée de toute personne et de toute condition » : « C’est donc une erreur, ainsi qu’une hérésie, écrit-il, que de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés ».

 Il faut donc « accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier ». Au coeur de cette doctrine spirituelle, il y a la conviction que l’homme est capable d’aimer : « il n’est pas de terre ingrate que l’amour du laboureur ne féconde » et, en régime chrétien, cette capacité d’aimer est évidemment décuplée par la charité théologale. Jeanne-Françoise de Chantal, qui avait parfaitement assimilé la doctrine spirituelle de l’évêque de Genève, expliquait un jour à ses soeurs ce qu’est le martyre d’amour. Il s’agit, disait-elle, de donner à Dieu un consentement absolu et, dès lors, de laisser l’amour divin envahir les parties les plus secrètes de notre être en lui donnant une préférence absolue. C’est un martyre qui n’a rien de spectaculaire mais qui exprime qu’au principe de notre consécration, nous nous sommes donnés à Dieu sans réserve. Si la vie consacrée, en ses diverses formes, ne favorise pas ce « martyre d’amour », elle ne peut que s’affadir et finalement dépérir.

A peine François de Sales vient-il de publier l’Introduction à la vie dévote qu’il commence la rédaction de son Traité de l’amour de Dieu qui ne paraîtra qu’en 1616. Dieu est si proche du coeur humain, s’émerveille François de Sales : « Le doux Jésus, qui nous a rachetés par son sang, désire que nous l’aimions, afin que nous soyons éternellement sauvés, et désire que nous soyons sauvés afin que nous l’aimions éternellement ». En humaniste délibérément imprégné de l’expérience chrétienne, l’évêque de Genève considère que la volonté de l’homme, malgré la faute originelle, demeure capable, avec le secours de la grâce, de s’élever jusqu’à la connaissance de l’amour de Dieu. Ce faisant, François de Sales partageait le plus profond de son expérience spirituelle. « Que Dieu doit être bon, s’exclamait saint Vincent de Paul à propos du saint évêque, puisque Monsieur de Sales est si bon ! ». En fait, il aimait puissamment Dieu et les hommes. De même que « Dieu est Dieu du coeur humain », en quête du coeur de l’homme, de même François de Sales, devenu « le serviteur de tous en toutes choses » (oraison de sa fête), se mit avec confiance sur les traces du Bon Pasteur. Ainsi toute personne qu’il aborde peut penser qu’elle est unique pour lui, car elle se sent aimée d’un amour singulier. Sainte Jeanne-Françoise de Chantal, lors du procès de canonisation de l’évêque de Genève, a évoqué ce nombre incalculable de personnes que le saint a aidées par sa parole chaude et confiante, par son écoute et, parfois, « même d’un seul regard ».

La journée annuelle de la vie consacrée, loin d’être un rite répétitif, doit être l’occasion pour chaque consacré de se retremper dans l’amour divin qui est à l’origine de son engagement. Sinon elle ne sert à rien.

fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 16:02
MESSAGE DE NOËL 2009

Et Dieu se fit petit enfant


Noël, c’est d’abord la naissance d’un enfant qui est le propre Fils de Dieu. En la
personne de cet enfant, est proclamée la dignité de tout enfant.

Alors que la culture contemporaine considérait l’enfant comme quantité négligeable,
Jésus le regarde comme une personne de plain-pied avec le Royaume des cieux et il met en
avant ses capacités spirituelles. L’enfant symbolise le disciple authentique. C’est en petit enfant qu’il s’agit en effet d’accueillir le Royaume.

Le secret de la vraie grandeur, c’est de se faire petit enfant : « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant, n’y entrera pas », nous dit Jésus (Mc 10,15).

Qu’avons-nous fait de ce message ? Aujourd’hui, le monde est rempli d’enfants à qui
l’amour des parents est refusé, d’enfants des rues qui n’ont pas de foyer. Certains pays font
des enfants des instruments de guerre en les enrôlant comme soldats. Un peu partout des
enfants sont blessés au plus profond de leur âme par l’industrie de la pornographie…

Dans nos pays d’Europe occidentale à la natalité frileuse, tantôt on revendique le droit d’avoir un enfant à n’importe quel prix, tantôt on récuse la perspective de sa naissance parce qu’elle gêne.

L’enfant-roi, privé de la véritable éducation qui lui permettrait de grandir harmonieusement, ne
prépare pas pour demain des adultes structurés et responsables.

La fête de Noël ne pourrait-elle pas être l’occasion de découvrir dans le nouveau-né de
Bethléem la beauté et la fraîcheur dont tout enfant est porteur ?

Joyeux Noël !

fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 16:20

 

Ce matin, à 10h, la messe chrismale a été célébrée à la cathédrale Saint-Etienne de Metz. Plus d'une centaine de prêtres, diacres et séminaristes du diocèse étaient réunis autour de Monseigneur Pierre Raffin, évêque de Metz, qui a consacré le saint chrême, cette huile parfumée utilisée pour les sacrements de baptême, de confirmation et d'ordination. Notre évêque a également béni les autres huiles saintes que sont l'huile des catéchumènes et l'huile pour le sacrement des malades.


Comme chaque année, la célébration a été l'occasion de mettre à l'honneur les prêtres jubilaires. Retrouvez la liste de ces prêtres jubilaires ainsi que des photos de la célébration sur http://catholique-metz.cef.fr


Vous pouvez également lire ci dessous l'homélie prononcée par Mgr Pierre Raffin:



 La Pâque du Seigneur est maintenant toute proche. Comment la célébrer en vérité si notre coeur est divisé et rempli d'animosité à l'égard de nos frères ? si nous ne sommes pas en paix avec notre Eglise et ses divers pasteurs ? L'Eglise catholique a été fortement secouée ces dernières semaines par la levée des excommunications, le 24 janvier, des évêques ordonnés en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre. Beaucoup se sont exprimé sur ce sujet. Dans plusieurs interventions, j'ai essayé de faire comprendre ce qui s'est exactement passé et ce qui est en cause, je n'y reviens pas. Je voudrais présentement proposer quelques réflexions pour avancer. Tout d'abord, il me semble qu'il n'y a pas de bons et de mauvais frères séparés. Nous pouvons nous sentir plus en affinité avec tels ou tels, mais cela ne change pas la réalité de la séparation qui ne peut prendre réellement fin que dans la confession de la même foi. A la fin du deuxième Concile du Vatican, grâce à une décision commune du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras, les anathèmes, mutuellement portés par Rome et Constantinople au moment de la rupture de juillet 1054, furent levés, pour autant, malgré ce geste de portée considérable, nous n'avons pas encore rétabli la pleine communion entre nos deux Eglises. Toutes proportions gardées, la levée d'excommunication par Benoît XVI ressemble à cette initiative de la fin du Concile, à cette forte différence près que les fidèles de Mgr Lefevbre n'ont pour l'heure donné aucun signe clair de leur désir de renouer avec l'Eglise dont ils se sont séparés. Dans un cas comme dans l'autre, les retrouvailles seront sans doute longues, mais nous ne pouvons pas en exclure la possibilité. Nous sommes tous invités à un approfondissement de notre foi et à ne pas surfer sur des opinions publiques plus ou moins inspirées de la foi catholique que véhiculent à plaisir les médias. La foi de l'Eglise catholique, telle que l'a réexprimée il y a quarante ans le 2ème Concile du Vatican, a été condensée dans deux ouvrages majeurs, recommandés par le pape Benoît XVI lui-même lors de sa venue en France, le Catéchisme pour adultes, publié en 1991 par les évêques de France, et le Catéchisme de l'Eglise catholique, promulgué en 1992 par le pape Jean-Paul II. C'est dans ces deux ouvrages que nous pouvons trouver l'expression la plus authentique de la foi catholique dans laquelle nous avons été baptisés. On cite souvent le sens surnaturel de la foi, dont a parlé la Constitution Lumen Gentium, au numéro 12, pour justifier le bien fondé de nouvelles opinions exprimées par les chrétiens. Mais, contrairement aux dires de certains, il ne suffit pas d'être baptisé et confirmé pour exprimer automatiquement le sens de la foi. Il faut adhérer pleinement à la foi de l'Eglise et en vivre habituellement. Les opinions des chrétiens, en tant que telles, ne sauraient être purement et simplement confondues avec le sensus fidei, même si elles sont majoritaires. Au moment de la crise arienne, seule une minorité a gardé la foi définie à Nicée ; si l'on avait alors confondu le sensus fidelium et l'opinion commune, toute l'Eglise eût été arienne. Par ailleurs, le sensus fidei fidelium n'est pas séparable du sentire cum Ecclesia dont a parlé saint Ignace de Loyola dans ses règles de discernement. Au cours de ces dernières semaines, de nombreux catholiques se sont réclamé, parfois avec passion, de la fidélité au deuxième Concile du Vatican. Comment ne pas s'en réjouir, à condition que la connaissance que l'on a du Concile, à quarante ans de distance, ne soit pas réduite à des clichés ou à des interprétations partielles ou partiales qui trahissent une méconnaissance du Concile lui-même. Je suis de ceux qui pensent avec Jean-Paul II, dans Novo millennio ineunte, que le Concile a été « la grande grâce dont l'Eglise a bénéficiée au XXème siècle ; et qu'il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence » (n° 57), mais, en même temps, j'attends que ceux qui s'en réclament le connaissent vraiment et complètement et je me refuse à opposer « les textes du Concile» et «l'esprit du Concile ». Dans sa lettre aux évêques du 10 mars dernier, le pape Benoît XVI écrit à juste titre : « A certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit être aussi rappelé que Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Eglise. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l'arbre vit ». Parce que la pénurie des prêtres s'accentue d'année en année sans signe fort de changement, toutes sortes de confusions sur le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel se répandent dans notre Eglise qui, quoi qu'on en dise parfois, n'ont aucun fondement dans l'enseignement de Vatican II. Vatican II a clairement distingué sacerdoce baptismal ou sacerdoce commun et sacerdoce ministériel ou hiérarchique. Comme le résume le CEC, « Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres, et le sacerdoce commun de tous les fidèles, bien que 'l'un et l'autre, chacun selon son mode propre, participent de l'unique sacerdoce du Christ', diffèrent cependant essentiellement, tout en étant ordonnés l'un à l'autre. En quel sens ? Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d'espérance et de charité, vie selon l'Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun ; il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens. Il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Eglise. C'est pour cela qu'il est transmis par un sacrement propre, le sacrement de l'Ordre » (n° 1547). Pour Vatican II, la vocation et la mission premières des fidèles laïcs, c'est l'évangélisation des réalités séculières (famille, économie, politique et culture). Pour parvenir à cette fin, l'apostolat des laïcs a besoin d'être organisé et soutenu par l'Eglise elle-même, notamment à travers des mouvements ou des associations de fidèles reconnus. Ce souci continue d'animer les évêques de France, comme en témoignent entre autres les travaux de notre dernière réunion provinciale. Mais cet effort d'évangélisation des réalités séculières, rendu plus urgent par la déchristianisation croissante, a besoin précisément du ministère des prêtres. Le pape Jean-Paul II le disait à N.-D. de Paris le 30 mai 1980 et le redisait en 1992 dans son Exhortation apostolique Pastores dabo vobis : « Plus le peuple de Dieu atteint sa maturité, plus les familles chrétiennes et les laïcs chrétiens assument leur rôle dans leurs multiples engagements d'apostolat, plus ils ont besoin de prêtres qui soient pleinement prêtres, précisément dans la vitalité de leur vie chrétienne ». Dans les années qui ont suivi le Concile, le nouveau droit de l'Eglise a invité les fidèles laïcs à prendre des responsabilités dans différentes instances, organisations et conseils (conseils pastoraux, mais aussi conseils économiques) afin de mieux discerner avec les pasteurs la volonté de Dieu. Cette vision de l'Eglise s'est avérée bénéfique : comment aurais-je pu promulguer en l'an 2000 le Projet Pastoral Diocésain sans le travail mené en commun par le Conseil presbytéral et le Conseil pastoral dans une belle harmonie. Au fil des ans, la pénurie persistante des vocations presbytérales a conduit l'Eglise, surtout depuis l'Exhortation apostolique Christifideles laici (n° 23), à promouvoir des ministères laïcs qui relèvent non pas du sacrement de l'Ordre, mais du baptême et de la confirmation, voire du sacrement du mariage. Malheureusement, la promotion de ces ministères laïcs s'est faite de façon trop empirique et sans réflexion suffisante sur leurs relations avec le ministère confié par Jésus aux Douze. Le labeur théologique doit être poursuivi en ce domaine. Merci en tout cas à nos frères et soeurs laïcs qui, d'une manière ou d'une autre, paient de leur personne pour que l'Eglise soit vivante et proche, communicante et appelante, selon les termes de notre Projet Pastoral Diocésain. Nous avons un urgent besoin de prêtres, je ne le répèterai jamais assez, car le déploiement du sacerdoce baptismal a besoin du sacerdoce ministériel et donc du ministère du prêtre. La promotion des vocations presbytérales n'est pas seulement l'affaire de l'évêque et du service des vocations, mais de tous les baptisés. A vous prêtres, qui « portez le poids du jour et de la chaleur », il importe de manifester que cela vaut la peine d'être prêtre et que cela remplit votre coeur. A vous frères et soeurs laïcs, il appartient de désirer des prêtres selon le coeur de Dieu et de les lui demander dans une ardente prière. Puisse l'année du prêtre voulue par Benoît XVI pour marquer le cent cinquantième anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney être l'occasion pour tous les catholiques de reprendre conscience de l'importance du ministère du prêtre et pour les jeunes de répondre à l'appel que les évêques de France leur adressent : venez au service de l'Eglise et de sa mission, comme prêtres diocésains (Lourdes, 3 avril 2009). Même si, espérons-le, à court ou moyen terme, les vocations presbytérales devaient être plus abondantes, le prêtre d'aujourd'hui et de demain devra tenir compte de la pluralité des ministères ; du développement du ministère diaconal envisagé par Vatican II (les diacres du diocèse sont à l'heure actuelle au nombre de cinquante quatre) et des diverses missions dûment confiées à des fidèles laïcs, notamment dans le cadre des Equipes d'Animation Pastorale. Les ministères dans l'Eglise ne sont pas de simples fonctions, ils supposent toujours un engagement de la personne. C'est particulièrement vrai du ministère des prêtres qui incarnent le Christ pauvre, chaste et obéissant donnant sa vie pour le salut du monde. Le début de l'Evangile de la messe de la Cène nous le rappellera demain : « Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout » (Jn 13,1). Dès lors, suivre le Christ, surtout comme prêtre, c'est donner sa vie. Les engagements de l'ordination que les prêtres vont renouveler dans quelques instants ne sont pas des engagements contractuels, mais des vies données à la suite du Christ pour que les hommes aient la vie. Rendons grâce pour ces vies données, pour certains depuis de nombreuses années et qui produisent plus de fruit que nous ne pouvons le percevoir, et redisons la belle oraison du mardi de la 5ème semaine de Carême reprise des anciens sacramentaires pour la messe chrismale : « Seigneur, accorde-nous la joie de persévérer dans ta volonté ; afin qu'au long des jours, le peuple dévoué à ton service augmente en nombre et grandisse en sainteté ». Parce que le célibat sacerdotal est intimement lié à la suite du Christ, bon pasteur donnant sa vie, l'Eglise latine n'appelle à l'ordination presbytérale que des hommes qui ont la volonté de garder le célibat en vue du Royaume. « Appelés à se consacrer sans partage au Seigneur et à ses affaires, commente le CEC, ils se donnent tout entiers à Dieu et aux hommes. Le célibat est un signe de cette vie nouvelle au service de laquelle le ministre de l'Eglise est consacré ; accepté d'un coeur joyeux, il annonce de façon rayonnante le Règne de Dieu » (n° 1579). Certains, je le sais, estiment que, ce faisant, l'Eglise latine met la barre trop haut et qu'elle trouverait sûrement un surcroît de prêtres en ordonnant des hommes mariés, comme cela se fait dans les Eglises orientales, y compris catholiques. Je ne partage pas cette opinion, et je suis convaincu, comme le disait Paul VI dans Sacerdotalis caelibatus, à la suite de Presbyterorum ordinis (n° 16), que ce choix qui remonte à l'âge apostolique présente une haute convenance avec le sacerdoce du Nouveau Testament et que pour cette raison il doit être maintenu.

Le Dieu que nous servons est le Dieu de la joie, d'une joie capable de réjouir le coeur des jeunes, comme nous le rappelait hier l'antienne Introibo ad altare Dei de la messe tridentine. Frères et amis prêtres, en ce temps de crise, nos contemporains attendent de nous que nous soyons pour eux serviteurs de la joie, dans la continuité de l'apôtre Paul qui écrivait aux Corinthiens : « il ne s'agit pas d'exercer un pouvoir sur votre foi, mais de collaborer à votre joie » (2 Co 1, 24). Certes les temps sont durs, mais cela ne devrait pas nous empêcher de témoigner que « la joie du Seigneur est notre rempart » (Ne 8,10), car la condition du chrétien - et donc celle du prêtre -, toute transfigurée qu'elle soit par la lumière de la Résurrection, est marquée du signe de la croix. « Allons de l'avant dans l'espérance, nous disait Jean-Paul II au terme de l'année jubilaire 2000, nous pourrons compter sur la force de l'Esprit lui-même, qui a été répandu à la Pentecôte et qui nous pousse aujourd'hui à reprendre la route, soutenus par l'espérance 'qui ne déçoit pas' (Rm 5,5) » (Novo millennio ineunte, n° 58)




+fr. Pierre RAFFIN, o.p. évêque de Metz

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 11:18
Message de l'évêque de Metz aux habitants de l'archiprêtré de Saint-Avold

Au cours de la visite pastorale, prêtres, diacres et animateurs laïcs ont pris le temps d'échanger avec leur évêque sur les retombées de la crise économique actuelle dans l'archiprêtré. Ils ont souhaité qu'une parole de confiance et d'espérance soit adressée à ses habitants.
« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, ne sont-ils pas aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, puisqu'il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leurs coeurs » (Gaudium et spes, n°1).
Sur cette crise, bien des paroles d'Eglise ont déjà été dites : celle des évêques de France le 8 octobre 2008, celle de plusieurs mouvements apostoliques, la conférence-débat du 17 janvier 2009 à Saint-Avold organisée par le Mouvement Chrétien des Cadres et Dirigeants (La crise, vers quelle humanité ?).
Aux plus meurtris par la crise, qui ont un urgent besoin d'être aidés, l'Eglise offre le savoir-faire et la générosité de ses organismes caritatifs, soucieux non seulement de venir en aide, mais de remettre les personnes debout. Mais cela ne suffit pas : il faut rebâtir un monde de justice et de paix, et cette tâche mobilise l'engagement de chacun. L'évangélisation du monde de l'économie revient en propre aux fidèles laïcs, soutenus le cas échéant par les institutions de l'Eglise. Par ailleurs, nous constatons que la crise économique est liée à une crise de la société : crise de la famille et de l'éducation qui ne sont plus les courroies habituelles de transmission des valeurs qui fondent la vie en société. On ne sortira pas réellement de la crise économique actuelle sans trouver des réponses réalistes à ces graves questions.
C'est ce que déclaraient les évêques de France en octobre dernier en appelant à une réflexion éthique : il ne s'agit pas de toujours avoir plus, il faut d'abord chercher à être plus. Nous devons tous nous interroger sur nos modes de vie, sur notre rapport à l'argent, sur nos manières de faire fructifier notre épargne et de recourir au crédit.
Pour les chrétiens, le carême qui vient de s'ouvrir pourrait être un temps favorable à ce
questionnement. La prière plus intense, la lecture de la Parole de Dieu, le partage avec d'autres chrétiens devraient aider à porter sur la situation actuelle un regard d'espérance et susciter de nouveaux engagements.
Dans son Encyclique sur l'espérance, Benoît XVI écrit : « La vie humaine est un chemin. Vers quelle fin ? Comment en trouvons-nous la route ? La vie est comme un voyage sur la mer de l'histoire, souvent obscur et dans l'orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route. Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d'espérance. Certainement, Jésus Christ est la lumière par excellence, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l'histoire. Mais pour arriver jusqu'à lui, nous avons besoin aussi de lumières proches - de personnes qui donnent une lumière en la tirant de sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée. Et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l'étoile de
l'espérance, elle qui par son « oui » ouvrit à Dieu lui-même la porte de notre monde ; elle qui devient la vivante Arche de l'Alliance, dans laquelle Dieu se fit chair, devint l'un de nous, planta sa tente au milieu de nous (Jn 1,14). » (Spe salvi, n° 49).


le 25.02.09
fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 18:20

Prêtres pour un peuple sacerdotal



Au-delà de la finalité immédiate du renouvellement des saintes huiles, la liturgie de la messe chrismale nous invite à approfondir le mystère de Jésus Christ. Nous sommes tellement habitués à dire Jésus Christ que nous en oublions la signification profonde.
Jésus, qui veut dire en hébreu Dieu sauve (Mt 1, 21), nous sauve entre autres parce qu'il est l'Oint du Seigneur, comme il le déclare lui-même dans la synagogue de Nazareth : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction ». Or oint en grec se dit Christ et en hébreu Messie : oint, Christ et Messie sont trois mots synonymes.
Certes Jésus n'a pas reçu l'onction rituelle qui, sous la Première Alliance, consacrait le grand prêtre, ainsi que les rois et plus rarement les prophètes. En prenant chair dans le sein de Marie, le Verbe de Dieu a conféré à l'humanité de Jésus l'onction divine qui faisait de lui le Prêtre, le Prophète et le Roi de la Nouvelle Alliance et qui conférait la même consécration à tous les membres de son Corps.
La consécration messianique éternelle de Jésus vient de se révéler lors de son baptême par Jean quand, selon l'expression des Actes des Apôtres : « Dieu l'a oint de l'Esprit Saint et de puissance » (Ac 10, 38), « pour qu'il fût manifesté à Israël » (Jn 1, 31) comme son Messie.
Quand il arrive dans la synagogue de Nazareth, Jésus vient d'être baptisé par Jean. Seuls les quarante jours passés au désert à l'épreuve du tentateur le séparent de l'événement. Il peut donc déclarer que c'est bien lui le Messie. Il a reçu l'onction pour accomplir les missions attribuées traditionnellement au Messie et qu'il décline en citant Isaïe 61, 1-9, notre première lecture, et que l'on peut résumer en une phrase : « Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres ».
Les membres du Corps du Christ que sont tous les baptisés participent à la triple consécration du Christ comme Prêtre, Prophète et Roi. C'est la raison pour laquelle, lors de la réforme liturgique, le pape Paul VI a voulu faire de la Messe chrismale, en lien avec le jeudi saint, la fête du sacerdoce : sacerdoce unique du Christ, qui offrit son sacrifice le vendredi saint sur l'autel de la croix et en institua le mémorial le jeudi saint à la dernière Cène ; sacerdoce des évêques et des prêtres qu'il a appelés à continuer son œuvre en annonçant l'Evangile, en conduisant son peuple et en célébrant les sacrements, avec le pouvoir exclusif de célébrer son sacrifice et de remettre les péchés en son nom ; sacerdoce du peuple chrétien chargé lui aussi de faire connaître Jésus Christ, d'être dans le monde un ferment de sainteté et d'instaurer le Royaume de Dieu en accomplissant des tâches temporelles.
* * *
Les chrétiens, devenus d'autres christs par le baptême, n'auront jamais fini de découvrir et d'approfondir leur noble condition. Le Carême leur est offert chaque année pour cela. Les membres des Equipes d'Animation Pastorale du diocèse ont pu le faire au cours des samedis de Carême et, avec une équipe de jeunes frères dominicains, j'ai eu la joie d'animer la retraite dans la ville par internet sur le thème du sacerdoce des baptisés.
Le dernier Concile nous a rappelé qu'« Il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément hors de tout lien mutuel ; il a voulu au contraire en faire un Peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. C'est pourquoi il s'est choisi le Peuple d'Israël pour être son Peuple avec qui il fait alliance et qu'il a progressivement instruit... Tout cela cependant n'était que pour préparer et figurer l'Alliance nouvelle et parfaite qui serait conclue dans le Christ... C'est là la Nouvelle Alliance dans son sang, appelant un Peuple, venu des Juifs et des païens, à se rassembler dans l'unité, non pas selon la chair, mais dans l'Esprit » (Lumen Gentium, n°9).
Quelles sont les caractéristiques de ce Peuple qui le distinguent de tous les groupements religieux, ethniques, politiques ou culturels de l'histoire ?
- il est le Peuple de Dieu, c'est-à-dire qu'il est, selon l'expression de 1 P 2, 9-10, un peuple que Dieu s'est acquis « populus acquisitionis » et qui lui appartient : « Autrefois, vous n'étiez pas son peuple, mais aujourd'hui vous êtes le peuple de Dieu ».
- de ce peuple, on devient membre non par la naissance physique comme c'était le cas dans la Première Alliance, mais par « la naissance d'en-haut, de l'eau et de l'Esprit » (Jn 3, 3-5), c'est-à-dire par la foi au Christ et par le baptême.
- ce peuple a pour tête Jésus le Christ et, de ce fait, ce Peuple qui, par les sacrements du baptême et de la confirmation, a part à l'onction de Jésus, est le Peuple messianique.
- la condition de ce Peuple, c'est la dignité et la liberté des fils de Dieu : dans leur cœur, comme dans un Temple, habite l'Esprit Saint.
- sa loi, c'est le commandement d'aimer comme Jésus lui-même a aimé. C'est la « loi nouvelle » de l'Esprit Saint.
- sa mission, c'est d'être « le sel de la terre et la lumière du monde » (Mt 5, 13-16).
- sa destinée, c'est le « Royaume de Dieu, commencé sur la terre par Dieu lui-même qui doit se dilater de plus en plus, jusqu'à ce que, à la fin des temps, il soit achevé par Dieu lui-même » (Lumen Gentium, n°9).

Dans la continuité de la Première Lettre de Pierre, Lumen Gentium explique que, par le baptême, le chrétien participe à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ.
* * *
Voilà succinctement évoqués les fondements de la vocation et de la mission des fidèles laïcs dans l'Eglise et dans le monde, voilà brièvement rappelées les raisons qui ont conduit notre Projet Pastoral Diocésain à inviter les baptisés à s'engager dans l'Eglise, par exemple dans le cadre des Equipes d'Animation Pastorale, sans déserter pour autant leur poste au cœur du monde.
Mais, pour que les fidèles laïcs puissent accomplir leur vocation et leur mission dans l'Eglise et dans le monde, ils ont besoin du sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres qui seul rend visible la présence du Christ comme Tête et Prêtre de son Eglise : comme le rappelle le Catéchisme de l'Eglise catholique dans la continuité de Lumen Gentium : « Le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens. Il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Eglise » (n° 1547). Loin de s'opposer, sacerdoce baptismal et sacerdoce ministériel ou hiérarchique sont ordonnés l'un à l'autre. Dans l'Exhortation apostolique Pastores gregis du 16 octobre 2003, concernant les évêques, il est écrit : « La réciprocité, qui existe entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel, et que l'on retrouve dans le ministère épiscopal lui-même, se manifeste dans une sorte de « circularité » (périchorèse) entre les deux formes de sacerdoce : circularité entre le témoignage de foi de tous les fidèles et le témoignage de foi authentique de l'évêque dans ses actes magistériels ; circularité entre la vie sainte des fidèles et les moyens de sanctification que l'évêque leur propose ; circularité enfin entre la responsabilité personnelle de l'évêque par rapport au bien de l'Eglise qui lui est confiée et la coresponsabilité de tous les fidèles par rapport au bien de cette même Eglise » (Pastores gregis, n° 20). Il n'y a donc pas d'Eglise sans évêques et sans prêtres. Il peut y avoir moins de prêtres aujourd'hui et demain qu'hier, mais il ne peut y avoir d'Eglise sans un minimum de prêtres. Jésus nous a invité à les demander au Maître de la moisson avec foi et persévérance dans une humble prière.
Dans le concret, le nombre insuffisant de prêtres est le plus souvent la cause du manque d'harmonie entre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel et des dérives qui peuvent naître ici ou là. Chercher à augmenter le nombre des prêtres n'est pas priver les fidèles laïcs « d'avantages acquis », mais au contraire leur permettre de mieux accomplir leur vocation et leur mission.
J'invite les diocésains de Metz à tout entreprendre pour que notre Eglise diocésaine jouisse aujourd'hui et demain d'un nombre suffisant de prêtres et, pour cela, à faire sauter tous les verrous qui empêchent aujourd'hui encore de proposer sereinement aux jeunes le ministère de prêtre comme un chemin de croix sans doute, mais surtout comme un chemin de bonheur et de joie. « Introibo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat iuventutem meam », disions-nous naguère au bas de l'autel avec le psaume 42,4, car c'est vrai que le prêtre est le serviteur de la vraie joie qu'apporte la recherche de Dieu et l'expérience de sa présence. Si seul Dieu est assez grand pour remplir la grandeur, la hauteur, la profondeur et la longueur de notre cœur, le prêtre est par excellence l'humble ministre de la joie du Seigneur.


+fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 16:13
A propos des élections municipales
 
Je reprends ici à mon compte la déclaration de mes frères évêques de Franche-Comté :
 
 
            Au mois de mars se tiendront les élections municipales, dans nos villes, nos villages. C’est un moment important de la vie démocratique, dont il faut se féliciter. Elles concernent en effet l’avenir, afin que personne ne soit laissé pour compte, que nous vivions dans des communautés où règnent la paix, la justice et la fraternité, que nous soyons engagés dans le développement durable, la sauvegarde de la création, la solidarité.
 
            J’invite évidemment tous les électeurs à prendre part au vote et à s’exprimer en étant conscients de leurs responsabilités à l’égard du présent et de l’avenir de leur commune, mais sans oublier non plus le reste du monde, qui est devenu un grand village, et dont nous devons nous vouloir de plus en plus solidaires.
 
            Aujourd’hui, et pour la première fois, l’intercommunalité ne peut plus être ignorée dans la campagne. Il faut désormais faire vivre la commune dans la communauté à laquelle elle appartient.
 
            Je tiens enfin à encourager ceux et celles qui élaborent projets et priorités, qui acceptent des charges municipales, souvent de plus en plus lourdes. Ils doivent pouvoir compter sur le soutien de l’Eglise, au-delà du jour du scrutin, dans l’exercice de la charge qui leur sera éventuellement confiée. Ainsi, ces élections seront-elles vraiment au service de la communauté locale, de son honnête gestion et d’un bon climat social.
 
            Je forme des vœux pour que notre collaboration soit fructueuse là où est engagée l’Eglise diocésaine dont j’ai la responsabilité.
 
 
                                                                                                                                                                                        
                                                                                                                                                                                    Vendredi 1er février 2008
 
 
fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
 
 
 
 
Extrait de la déclaration de la Commission Sociale des Evêques de France – 1999
« Réhabiliter la politique », n°14
 
Notre foi chrétienne nous donne également des repères qui éclairent notre réflexion et inspirent notre action.
§1 – le primat de la dignité de la personne humaine. Toute institution, toute société est au service de la promotion de l’homme, appelé à prendre la parole et à participer . (Mc 2,27)
§2 – l’attention toute particulière donnée au pauvre, au faible, à l’opprimé, vivantes images du Christ incarné : « ce que vous faites à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites » (Evangile de Matthieu, 25,40). C’est la grandeur de la politique de reconnaître, d’intégrer et de promouvoir les plus démunis, les exclus et d’éradiquer les conditions d’existence déshumanisantes.
§3 – le pouvoir conçu comme un service, non comme une domination : « Que celui qui gouverne parmi vous se comporte comme celui qui sert » (Lc 22, 26).
§ 4 – le respect de l’adversaire : il a, lui aussi, sa part de vérité. L’Evangile nous invite même à aller au-delà : « Aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs ; ainsi vous serez fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 44-45).
§5 – l’ouverture à l’universalisme, notamment par le dépassement de tout nationalisme et de tout racisme. « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste » (Ac 10, 34-35).
§6 – le partage et la destination universelle des biens. « Si quelqu’un, jouissant des richesses du monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en en lui ? » (1 Jn 3,17).
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 16:37
NOËL 2007
Message de Mgr Pierre Raffin
 
  
« En lui était la vie
et la vie était la lumière des hommes
» (Jean 1,4)


La vie est le plus beau don de Dieu. Nous le rappelons chaque année à Noël. En la personne du nouveau né de Bethléem est la vie en plénitude, lumière pour les hommes. Aussi les chrétiens sont-ils fortement attachés à la vie, de son fragile commencement à son accomplissement naturel.
A Bethléem, Jésus naît entouré de Joseph et de Marie qui constituent sa famille, la Sainte Famille. La famille est le lieu normal où la vie est accueillie et peut ensuite se développer harmonieusement. C’est la cellule de base de la communauté humaine, le premier lieu où les hommes apprennent la confiance en eux-mêmes et dans les autres. C’est donc un droit, pour tout enfant, que d’avoir un père et une mère unis par les liens du mariage.
A Bethléem, Jésus naît dans la condition précaire de l’immigré, puisque Joseph et Marie n’ont pu lui offrir, pour sa naissance, un logement normal. C’est en regardant la crèche que les chrétiens trouvent les énergies nécessaires à leur engagement en faveur des immigrés, afin qu’ils reçoivent en notre pays un accueil généreux, responsable et respectueux des droits de l’homme. C’est aussi en regardant la crèche que les chrétiens trouvent les énergies nécessaires à leur combat en faveur des biens de la terre, plus équitablement partagés et davantage respectés.
Oui à la vie, oui à la famille, oui à un accueil plus généreux des immigrés, oui à un meilleur partage et à un plus grand respect des biens de la terre. Ces oui, puissions-nous les redire tout au long de l’année 2008, dans l’élan de la prochaine fête de Noël.
 
 
 
+fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
 
 
 
 
 
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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 15:13
Communiqué de l'évêque de Metz à propos du Téléthon 2007
 
 
 
La campagne du Téléthon 2007, on le sait, est pilotée depuis Metz. Un fort engagement des médias à la cause qu’il défend a fait que le Téléthon est devenu, depuis sa première édition en 1987, une grande opération nationale de solidarité destinée à financer les recherches susceptibles de guérir les myopathies.
 
L’Association Française contre les Myopathies (AFM), créée en 1958, favorise et soutient, grâce aux fonds recueillis à l’occasion du Téléthon, des recherches destinées à découvrir l’origine des maladies neuromusculaires et plus largement des maladies d’origine génétique, et à développer des thérapies classiques ou plus innovantes comme la thérapie génique ou la thérapie cellulaire.
 
Mais, en même temps, une partie des fonds de la collecte du Téléthon – un peu moins de 2% - est affectée à la recherche sur les embryons.
 
Certes, je me réjouis de ce que la solidarité nationale finance des recherches concernant la santé – encore que celles-ci pourraient être financées par les seuls fonds publics –, mais je ne puis être d’accord avec le financement de recherches, si minimes soient-elles, en contradiction manifeste avec l’éthique, même dans un cadre strictement défini par la Loi : le légal en effet n’est pas forcément moral.
 
L’embryon humain n’est jamais un objet utilisable au gré d’intérêts divers, même si, parmi ces intérêts, il y a la guérison possible de maladies graves.
 
Par conséquent, tant que l’on n’offrira pas aux donateurs la possibilité de s’opposer à l’affectation éventuelle de leurs dons à la recherche sur les embryons, il m’est impossible de soutenir la campagne du Téléthon.
 
fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
 
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Published by Mgr Pierre RAFFIN - dans Paroles de notre évêque
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