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Présentation

  • : Communauté; catholique du Bon Pasteur de Thionville
  • Communauté; catholique du Bon Pasteur de Thionville
  • : Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......
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Adoration du St Sacrement




"Christ au centre,
Christ pour tous!"

Tous les mercredis soir, de 20h15 à 21h30, à l'église de Veymerange, venez prier et louer le Seigneur, sur fond de chants de taizé et de l'Emmanuel. Le Saint Sacrement est exposé pour l'adoration.

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Réconciliation


Recevoir le pardon de Dieu: tous les premiers mardis du mois à 18h00 à l'église de TERVILLE; avant chaque messe; ou en faisant appel au curé de la paroisse

Que Dieu vous bénisse

Je vous souhaite la bienvenue sur le blog de la communauté de paroisses du Bon Pasteur ! Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez le faire à l' adresse ci-dessous ou en me téléphonant au presbytère. 

  Le secrétariat est au presbytère de Veymerange,

16 rue St Martin, 57100 Veymerange.

Hors vacances, les heures d'ouverture du secrétariat sont: mardi et vendredi de 17h00 à 18h30 et mercredi de 10h00 à 12h00.

Durant les vacances scolaires, il n'y a qu'une permance le vendredi.

l:  03.82.50.40.06

 courriel: jp.kovacs@eveche-metz.fr

----------------------------------Pour vous informer:------------------

 
KTO, la télé catho:Lien vers KTO
 
FPour aider la quête diocésaine:faire-un_don2.jpg

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ensemble, avec le Christ au centre, le Christ pour tous!
  Jean-Pierre Kovacs
Le curé de la Communauté du Bon Pasteur
 Notre partenaire:
http://toplouange.over-blog.fr

Articles Récents

18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 09:43
« Pédophilie dans l'Église. Le Vatican passe à la vitesse supérieure »
Priorité aux victimes et aux enquêtes civiles

ROME, Mardi 17 mai 2011 (ZENIT.org) - « Pédophilie dans l'Église. Le Vatican passe à la vitesse supérieure », titre Radio Vatican, au lendemain de la publication, hier, lundi 16 mai, de la circulaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi adressée aux conférences épiscopales du monde entier.

« Le Vatican est passé à la vitesse supérieure dans la lutte contre la pédophilie dans l'Église. Dans une lettre circulaire, la Congrégation pour la doctrine de la foi exhorte les épiscopats à collaborer avec la justice civile et à mettre au point des programmes de prévention, de formation des séminaristes et de formation permanente du clergé.

« Les Conférences épiscopales ont un an pour élaborer des lignes directrices. Objectif : venir en aide aux victimes, coopérer avec la justice et prévenir de tels crimes, dans les divers contextes nationaux. Tous dans l'Église sont invités à suivre l'exemple du pape, à écouter les victimes, à leur offrir une assistance spirituelle.

« Si le droit canon est en désaccord avec l'enquête civile, les évêques donneront la priorité à cette dernière. Le but est d'affronter le problème sans tarder et de manière efficace grâce à des indications claires. L'Église - souligne la circulaire - a le devoir de donner une réponse adéquate. C'est un tournant voulu par Benoît XVI lui-même.

« Le Directeur du bureau de presse du Saint-Siège, le père Lombardi a souligné combien cette directive donnait aux évêques - et aux supérieurs d'ordres religieux - une responsabilité juridique fondamentale dans la lutte contre la pédophilie. Certains épiscopats, a précisé le Père Lombardi, comme ceux des pays anglophones et d'Allemagne, ont déjà publié de nombreuses directives, alors que d'autres doivent encore tout faire. Et d'ajouter que des aspects comme celui des dédommagements ne pouvaient être abordées précisément dans cette lettre, car ils doivent être réglée entre autorités civiles et ecclésiales des pays, en vertu des législations ».

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 10:31

Maître, montre-nous le Père !

 

C’est à partir de ces paroles de Philippe, dans l’évangile de cette semaine, que nous avons pérégriné dans le beau pays de Bourgogne. Nous étions environ 54 adultes et une douzaine de jeunes à suivre ce pèlerinage d’archiprêtré à Paray-le-Monial, Nevers et Vézelay, sur les pas de Marguerite-Marie Alacoque, Bernadette Soubirous et Marie-Madeleine.

Le tout dans une ambiance fraternelle, la prière et la joie d’être ensemble pouvait se lire sur les visages de chacun des participants. Chacun a pu, à son rythme, participer à la vie de prière de chaque lieu, et approfondir la recherche d’une source spirituelle. Sur les pas des témoins de la Foi dans l’Histoire, nous pouvons à présent mettre les nôtres. Nous laissons ici la parole à quelques paroles retenues :

 

« A la rencontre du Cœur sacré de Jésus, je me sens plus proche de lui, et réconciliée »

 

« Ahlala, dans quoi t’es tu embarquée ?! Je ne sais vraiment pas ce qui allait m’attendre, mais les lieux et les grands témoins m’ont ouvert à l’amour et la charité. »

 

« Ce pèlerinage m’a remis en confiance et joie au Seigneur et Sa Miséricorde malgré mes manquements et mes rechutes dans les mêmes manques d’amour »

 

« Depuis longtemps je vais à Lourdes, mais ce n’est qu’à Nevers que j’ai compris le message de Bernadette. Merci. A présent, c’est à nous d’être des témoins et de partager et faire rayonner tout ce que nous avons reçu aux autres ! »

 

« A leurs exemples, nous pouvons nous aussi aimer les autres et partager celui qui fait notre vie : le Père »

 

Pélerinage d'archiprêtré




 

 

 

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Published by Isabelle BRUNNER - dans Paroles de vie
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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 09:37

Une vocation: devenir prêtre

 

L'Evangile de ce 4ème Dimanche de Pâques est très court. Il va droit au but : "Je suis le Bon Pasteur, le vrai berger ". Ce dimanche est traditionnellement appelé le dimanche du Bon Pasteur, réservé à la prière pour les vocations sacerdotales et religieuses. Un prêtre est un don, un mystère, une grâce, un homme qui vit pour les autres, qui donne sa vie pour les autres, comme le Bon Pasteur. Les religieux et religieuses aussi donnent leur vie.

 

Chaque être humain a sa vocation, toute vie est une vocation : vocation du baptême comme laïc dans le monde et l'Eglise ; puis vocation au mariage, berceau de toutes les vocations, pour augmenter les vocations, car un enfant c'est une vocation ; puis vocation religieuse, car notre monde doit être couvert de charité, d'amour, de solidarité et de prière. Mais Dieu a créé une vocation spéciale pour servir l’ensemble de son peuple : la vocation de prêtre.

 

Le curé d'Ars avait de belles petites phrases sur la grandeur du prêtre: "Si une église, avec son clocher, a la présence réelle, c'est grâce à un prêtre qui a passé par là et qui a célébré la messe". "Lorsqu'une âme a péché, ni la Vierge Marie, ni les anges ne peuvent lui donner le pardon ; seul le prêtre peut le faire". "Que ce mystère est grand!"

 

Jésus nous donne la clef du mystère: "Je suis le Bon Pasteur, le vrai Berger. Mes brebis écoutent ma voix".

 

Ensemble, vibrons dans une unité de foi et de prière. Afin de faire résonner l'appel du Bon Pasteur, pour que des jeunes entendent  l'appel à devenir à leur tour les prêtres dont nous avons tant besoin.

 

Christophe WEINACKER+

 


 

Samedi  

14 mai

St Mathias - Fête

Mariage à Veymerange à 16h30

                          de Marie Anne BAUDELET  et  Jérôme KEIFLIN

Messe à 18h30 à ELANGE – St Isidore

[ Maria Rosa STERI ; Raymond LEONARD et ses parents Anne et François, et ses grands-parents ;

Serge et Liliane BROUILLET ; Renée GOSSE ]

Dimanche

15 mai

4ème DIMANCHE de PÂQUES

Messe à 9h à TERVILLE   

[ Marie et Eugène DURO ; Marcel ARCADE (anniv.) ;

Famille HESLING ; Mme Antoinette FERRARI et sa famille ]

Messe à 10h30 à VOLKRANGE 

1ère Communion des enfants de Volkrange 

[ Famille ANGERMANN-PRINTZ-MARASSE ;

Jean-Claude KLEIN ; Christian SCHAEDGEN ]

Baptême à 12h à Terville de :

                         Quentin RAUH, Ninon TRESEUX, Kyllian BILLE

Lundi 

16 mai

Férie

Mardi

17 mai

Férie 

Messe à 18h30 à TERVILLE  [Maria NARDI (anniv.) ]

Mercredi

18 mai

St Jean 1er

Jeudi

19 mai

St Yves

Messe à 18h30 à TERVILLE 

Vendredi

20 mai

St Bernardin  de Sienne

Messe à 18h30 à BEUVANGE  [ Marthe ANGERMANN ]

Samedi

21 mai

St Christophe Magallanès et ses compagnons

Messe à 18h30 à VEYMERANGE

[Constant VERONESI  ; Raymond FRICHES ; Mme MABBONI ]

 


 

 

Dimanche

22 mai

5ème DIMANCHE DE PÂQUES

Messe à 10h30 à TERVILLE

1ère Communion des enfants de VEYMERANGE-ELANGE

[ Famille WOLFF-DILMANN ; Famille Jean et Else PIGNON ;

Famille CARVALHO-DURAES ;

Maurice COLLIER et la Famille FEHR ]

Baptême à 12h à Terville de  Théo MAILFERT et Efka BONNE

Lundi 

23 mai

St Guibert, St Trond et B. Jean de Vandières, et les saints moines du diocèse

Mardi

24 mai

Férie

Messe à 18h30 à TERVILLE

Mercredi

25 mai

Ste Marie-Madeleine  de Pazzi

Jeudi

26 mai

St Philippe Néri

Messe à 18h30 à TERVILLE

Vendredi

27 mai

St Augustin de Cantorbéry

Messe à 18h30 à BEUVANGE

Samedi

28 mai

Férie

Messe à 18h30 à VEYMERANGE 

[ Raymond FRICHES ; Familles CIRÉ-COLLIGNON-LADRETTE ]

Dimanche

29 mai

6ème DIMANCHE DE PÂQUES

Messe à 9h à VOLKRANGE

Messe à 10h30 à TERVILLE 

[ Elvina DI-FILIPPO (6 sem.); fam PAULIN—SCHATT ]

1ère Communion des enfants de TERVILLE

Baptême à 12h00 à Terville de Théo GASTRIN et Alexandre ZAHM

 

 

Adoration du SAINt Sacrement

 

Mercredi 18 mai : de 20h15 à 21h30 à

l'église de Veymerange

 

Mercredi 25 mai: pas d’adoration

 

CONFESSIONS INDIVIDUELLES

 

 

prochaines confessions :

le mardi 7 juin  à 18 h à Terville

 

A noter dans vos agendas :

 

la prochaine journée communautaire à Veymerange,

le 28 mai 2011 à partir de 9 h 30

 

Au menu, comme tous les ans :

            petits travaux d'entretien, suivis du traditionnel repas.

 

———

 

Comme d'habitude, le Conseil de Fabrique de Veymerange-Elange proposera un barbecue et la boisson ; à votre bon coeur, soit une salade, soit un dessert.

 

Merci de venir nombreux partager cette journée de convivialité, surtout qu'il s'agit de la dernière de notre cher prêtre Dominique !

 

Le Conseil de Fabrique

 

LES INFOS DE NOTRE COMMUNAUTE

 

M.C.R. :  rencontre mardi 17 mai

au foyer Jean-Paul II à Terville à 14h30

 

 

E.A.P. : Mardi 17 mai à 20h, réunion à Veymerange, Salle Ste Marie

 

 

Ecclésiales du Bon Pasteur : rencontre de l'équipe et toutes les bonnes volontés de la Communauté, pour la préparation des

Ecclésiales 2011, le jeudi 19 mai à 20 h

au Foyer Jean-Paul II à Terville

 

 

Première communion : Vendredi 20 mai à 16h45 à l’église de Terville : répétition pour les enfants de Veymerange-Elange

 

 

Top Louange : vendredi 20 mai à 20h15 à l'église de Terville

 

 

Groupe d’oraison : samedi 21 mai de 14h30 à 16h15 Salle Jean-Paul II à Terville

 

 

Première communion : Vendredi 27 mai à 16h45 à l’église de Terville : répétition pour les enfants de Terville

 

Amitiés Interreligieuses

dimanche 29 mai 2011 à 14h30

Visite de l'église Notre-Dame, Thionville

 

Conférences Chrétiennes

 

jeudi 26 mai

à 20 h 30 Salle Albert Schweitzer

L'héritage de Vatican II, 50 ans après

 

par Mgr Pierre RAFFIN

 

Le 2ème Concile a été ouvert le 11 octobre 1962 par Jean XXIII, décédé le 3 juin 1963. C'est son successeur, Paul VI, qui le mènera à son terme, le 8 décembre 1965. L'héritage du Concile, ce sont 16 documents. En quoi ont-ils modifié la vie de l'Eglise ? Ont-ils tous été appliqués ? Sont-ils encore actuels ? Un nouveau Concile est-il envisageable ?

 

Maître, montre-nous le Père !

 

C’est à partir de ces paroles de Philippe, dans l’évangile de cette semaine, que nous avons pérégriné dans le beau pays de Bourgogne. Pèlerinage d’archiprêtré à Paray-le-Monial, Nevers et Vézelay, sur les pas de Marguerite-Marie Alacoque, Bernadette Soubirous et Marie-Madeleine. 

 

Voyez dès à présent la photo de groupe et quelques témoignages sur le blog ; le tout sera publié page 3 du feuillet paroissial du dimanche 29 mai.

 

Ecclésia Thionville :                             la rencontre de secteur  du 19 mai est

                          REPORTEE au jeudi 9 juin

 

Exposition du CEPAL  sur le Livre de la Genèse

 

le dimanche 22 mai de 14h à 18h30 à l'église de Terville

 

J.I.T.             Fête de fin d'année                samedi 28 mai

 

17h  RV à l'église Notre-Dame  -  18h  messe des jeunes - Pique-nique et soirée festive

 

Groupe Théophile                 samedi 4 juin et dimanche 5 juin

 

Retraite à l'Abbaye Bénédictine d'Oriocourt (près de Delme)

 

"Je trouve ma vocation…"

 

Sr V.Wagner 03.87.74.64.51 viv.wagner@wanadoo.fr

P. Guerigen 06.63.28.83.78-p.guerigen@eveche-metz.fr

 

 

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 09:08
Béatification de Jean-Paul II : Homélie de Benoît XVI
Texte intégral

 ROME, Dimanche 1er mai 2011 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée durant la célébration de béatification de Jean-Paul II, place Saint-Pierre, ce dimanche matin.

* * * 

Chers frères et sœurs !


Il y a six ans désormais, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean-Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu'une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier : la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé Prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. Ce jour-là, nous sentions déjà flotter le parfum de sa sainteté, et le Peuple de Dieu a manifesté de nombreuses manières sa vénération pour lui. C'est pourquoi j'ai voulu, tout en respectant la réglementation en vigueur de l'Église, que sa cause de béatification puisse avancer avec une certaine célérité. Et voici que le jour tant attendu est arrivé ! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur : Jean-Paul II est bienheureux !


Je désire adresser mes cordiales salutations à vous tous qui, pour cette heureuse circonstance, êtes venus si nombreux à Rome de toutes les régions du monde, Messieurs les Cardinaux, Patriarches des Églises Orientales Catholiques, Confrères dans l'Épiscopat et dans le sacerdoce, Délégations officielles, Ambassadeurs et Autorités, personnes consacrées et fidèles laïcs, ainsi qu'à tous ceux qui nous sont unis à travers la radio et la télévision.


Ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bienheureux Jean-Paul II a dédié à la Divine Miséricorde. C'est pourquoi ce joura été choisi pour la célébration d'aujourd'hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l'esprit justement la veille au soir de cette fête. Aujourd'hui, de plus, c'est le premier jour du mois de mai, le mois de Marie, et c'est aussi la mémoire de saint Joseph travailleur. Ces éléments contribuent à enrichir notre prière et ils nous aident, nous qui sommes encore pèlerins dans le temps et dans l'espace, tandis qu'au Ciel, la fête parmi les Anges et les Saints est bien différente ! Toutefois unique est Dieu, et unique est le Christ Seigneur qui, comme un pont, relie la terre et le Ciel, et nous, en ce moment, nous nous sentons plus que jamais proches, presque participants de la Liturgie céleste.


« Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. » (Jn 20,29). Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus prononce cette béatitude : la béatitude de la foi. Elle nous frappe de façon particulière parce que nous sommes justement réunis pour célébrer une béatification, et plus encore parce qu'aujourd'hui a été proclamé bienheureux un Pape, un Successeur de Pierre, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Jean-Paul II est bienheureux pour sa foi, forte et généreuse, apostolique. Et, tout de suite, nous vient à l'esprit cette autre béatitude : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16, 17). Qu'a donc révélé le Père céleste à Simon ? Que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Grâce à cette foi, Simon devient « Pierre », le rocher sur lequel Jésus peut bâtir son Église. La béatitude éternelle de Jean-Paul II, qu'aujourd'hui l'Église a la joie de proclamer, réside entièrement dans ces paroles du Christ : « Tu es heureux, Simon » et « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. ». La béatitude de la foi, que Jean-Paul II aussi a reçue en don de Dieu le Père, pour l'édification de l'Église du Christ.


Cependant notre pensée va à une autre béatitude qui, dans l'Évangile, précède toutes les autres. C'est celle de la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. C'est à elle, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, que Sainte Élisabeth dit : « Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 45). La béatitude de la foi a son modèle en Marie et nous sommes tous heureux que la béatification de Jean-Paul II advienne le premier jour du mois marial, sous le regard maternel de Celle qui, par sa foi, soutient la foi des Apôtres et soutient sans cesse la foi de leurs successeurs, spécialement de ceux qui sont appelés à siéger sur la chaire de Pierre. Marie n'apparaît pas dans les récits de la résurrection du Christ, mais sa présence est comme cachée partout : elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun des disciples et la communauté tout entière. En particulier, nous notons que la présence effective et maternelle de Marie est signalée par saint Jean et par saint Luc dans des contextes qui précèdent ceux de l'Évangile d'aujourd'hui et de la première Lecture : dans le récit de la mort de Jésus, où Marie apparaît au pied de la croix (Jn 19, 25) ; et au début des Actes des Apôtres, qui la montrent au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle (Ac 1, 14).


La deuxième Lecture d'aujourd'hui nous parle aussi de la foi, et c'est justement saint Pierre qui écrit, plein d'enthousiasme spirituel, indiquant aux nouveaux baptisés les raisons de leur espérance et de leur joie. J'aime observer que dans ce passage, au début de saPremière Lettre, Pierre n'emploie pas le mode exhortatif, mais indicatif pour s'exprimer ; il écrit en effet : « Vous en tressaillez de joie », et il ajoute : « Sans l'avoir vu vous l'aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d'une joie indicible et pleine de gloire, sûrsd'obtenir l'objet de votre foi : le salut des âmes. » (1 P 1, 6. 8-9). Tout est à l'indicatif, parce qu'existe une nouvelle réalité, engendrée par la résurrection du Christ, une réalité accessible à la foi. « C'est là l'œuvre du Seigneur - dit le Psaume (118, 23) - ce fut une merveille à nos yeux », les yeux de la foi.

Chers frères et sœurs, aujourd'hui, resplendit à nos yeux, dans la pleine lumière spirituelle du Christ Ressuscité, la figure aimée et vénérée de Jean-Paul II. Aujourd'hui, son nom s'ajoute à la foule des saints et bienheureux qu'il a proclamés durant les presque 27 ans de son pontificat, rappelant avec force la vocation universelle à la dimension élevée de la vie chrétienne, à la sainteté, comme l'affirme la Constitution conciliaire Lumen gentium sur l'Église. Tous les membres du Peuple de Dieu - évêques, prêtres, diacres, fidèles laïcs, religieux, religieuses -, nous sommes en marche vers la patrie céleste, où nous a précédé la Vierge Marie, associée de manière particulière et parfaite au mystère du Christ et de l'Église. Karol Wojtyła, d'abord comme Évêque Auxiliaire puis comme Archevêque de Cracovie, a participé au Concile Vatican II et il savait bien que consacrer à Marie le dernier chapitre du Document sur l'Église signifiait placer la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l'Église entière. Cette vision théologique est celle que le bienheureux Jean-Paul II a découverte quand il était jeune et qu'il a ensuite conservée et approfondie toute sa vie. C'est une vision qui est synthétisée dans l'icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère. Icône qui se trouve dans l'Évangile de Jean (19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła : une croix d'or, un « M » en bas à droite, et la devise « Totus tuus », qui correspond à la célèbre expression de saint Louis Marie Grignion de Montfort, en laquelle Karol Wojtyła a trouvé un principe fondamental pour sa vie : « Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria - Je suis tout à toi et tout ce que j'ai est à toi. Sois mon guide en tout. Donnes-moi ton cœur, O Marie » (Traité de la vraie dévotion à Marie, nn. 233 et 266).


Dans son Testament, le nouveau bienheureux écrivait : « Lorsque, le jour du 16 octobre 1978, le conclave des Cardinaux choisit Jean-Paul II, le Primat de la Pologne, le Card. Stefan Wyszyński, me dit : "Le devoir du nouveau Pape sera d'introduire l'Église dans le Troisième Millénaire". Et il ajoutait : « Je désire encore une fois exprimer ma gratitude à l'Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, envers lequel je me sens débiteur avec l'Église tout entière - et surtout avec l'épiscopat tout entier -. Je suis convaincu qu'il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richesses que ce Concile du XXème siècle nous a offertes. En tant qu'évêque qui a participé à l'événement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et qui seront appelés à le réaliser à l'avenir. Pour ma part, je rends grâce au Pasteur éternel qui m'a permis de servir cette très grande cause au cours de toutes les années de mon pontificat ». Et quelle est cette « cause » ? Celle-là même que Jean-Paul II a formulée au cours de sa première Messe solennelle sur la place Saint-Pierre, par ces paroles mémorables : « N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! ». Ce que le Pape nouvellement élu demandait à tous, il l'a fait lui-même le premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant - force qui lui venait de Dieu - une tendance qui pouvait sembler irréversible. Par son témoignage de foi, d'amour et de courage apostolique, accompagné d'une grande charge humaine, ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d'appartenir à l'Église, de parler de l'Évangile. En un mot : il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de liberté. De façon plus synthétique encore : il nous a redonné la force de croire au Christ, car le Christ est Redemptor hominis, le Rédempteur de l'homme : thème de sa première Encyclique et fil conducteur de toutes les autres.


Karol Wojtyła est monté sur le siège de Pierre, apportant avec lui sa profonde réflexion sur la confrontation, centrée sur l'homme, entre le marxisme et le christianisme. Son message a été celui-ci : l'homme est le chemin de l'Église, et Christ est le chemin de l'homme. Par ce message, qui est le grand héritage du Concile Vatican II et de son « timonier », le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, Jean-Paul II a conduit le Peuple de Dieu pour qu'il franchisse le seuil du Troisième Millénaire, qu'il a pu appeler, précisément grâce au Christ, le « seuil de l'espérance ». Oui, à travers le long chemin de préparation au Grand Jubilé, il a donné au Christianisme une orientation renouvelée vers l'avenir, l'avenir de Dieu, transcendant quant à l'histoire, mais qui, quoi qu'il en soit, a une influence sur l'histoire. Cette charge d'espérance qui avait été cédée en quelque sorte au marxisme et à l'idéologie du progrès, il l'a légitimement revendiquée pour le Christianisme, en lui restituant la physionomie authentique de l'espérance, à vivre dans l'histoire avec un esprit d'« avent », dans une existence personnelle et communautaire orientée vers le Christ, plénitude de l'homme et accomplissement de ses attentes de justice et de paix.


Je voudrais enfin rendre grâce à Dieu pour l'expérience personnelle qu'il m'a accordée, en collaborant pendant une longue période avec le bienheureux Pape Jean-Paul II. Auparavant, j'avais déjà eu la possibilité de le connaître et de l'estimer, mais à partir de 1982, quand il m'a appelé à Rome comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j'ai pu lui être proche et vénérer toujours plus sa personne pendant 23 ans. Mon service a été soutenu par sa profondeur spirituelle, par la richesse de ses intuitions. L'exemple de sa prière m'a toujours frappé et édifié : il s'immergeait dans la rencontre avec Dieu, même au milieu des multiples obligations de son ministère. Et puis son témoignage dans la souffrance : le Seigneur l'a dépouillé petit à petit de tout, mais il est resté toujours un « rocher », comme le Christ l'a voulu. Sa profonde humilité, enracinée dans son union intime au Christ, lui a permis de continuer à guider l'Église et à donner au monde un message encore plus éloquent précisément au moment où les forces physiques lui venaient à manquer. Il a réalisé ainsi, de manière extraordinaire, la vocation de tout prêtre et évêque : ne plus faire qu'un avec ce Jésus, qu'il reçoit et offre chaque jour dans l'Eucharistie.

Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue - nous t'en prions - de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. [Puis, improvisant, Benoît XVI a ajouté :] Tu nous as béni si souvent depuis cette place. Saint-Père, aujourd'hui nous t'en prions, bénis-nous. Amen.


 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 18:56

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2ème Dimanche après Pâques- Béatification de Jean-Paul II

 

O Sainte Trinité,  nous te rendons grâce pour avoir fait don à Ton Eglise du Pape Jean-Paul II

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Published by Dominique THIRY - dans Liturgie
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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 09:58
France : Programme de la béatification de Jean-Paul II sur KTO

ROME, Vendredi 29 avril 2011 (ZENIT.org) - En France, la chaîne de télévision KTO a prévu une programmation spéciale et très complète à l'occasion de la béatification de Jean-Paul II, le 1er mai prochain.

Du 29 avril au 2 mai, en plus de la retransmission en direct de toutes les célébrations liées à la béatification, la chaîne proposera des documentaires sur la vie du pape polonais, des entretiens avec ses anciens collaborateurs et ceux qui ont suivi la cause de béatification, des reportages sur les centaines de milliers de pèlerins venus à Rome pour l'occasion, et le témoignage exceptionnel de sœur Marie Simon-Pierre, la miraculée de Jean-Paul II.

Pour consulter le programme des émissions proposées : http://www.ktotv.com/cms/beatification_Jean-Paul_II

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 16:12

Journal La Croix du 29 avril 2011

ENTRETIEN CHANTAL DELSOL, philosophe, membre de l’Académie des sciences morales et politiques

«Notre époque n’est pas vouée au nihilisme»

Pour la philosophe, notre époque est marquée par l’effacement du christianisme et le renoncement à la quête de la vérité. Un retour aux mythes qui risque d’éclipser la démocratie et la liberté individuelle

RECUEILLI PAR ÉLODIE MAUROT

Dans votre dernier livre, L’Âge du renoncement (1), vous vous démarquez de l’accusation de nihilisme parfois lancée contre la modernité. Pourquoi ?


Chantal Delsol : Je crois que le nihilisme n’a été qu’un bref passage. Une époque ne peut pas vivre dans le nihilisme. Cela n’a jamais existé et cela n’existera jamais, parce que l’homme est un être qui cherche le sens de sa vie et qui a conscience du bien et du mal. Le monde moderne n’est pas voué au nihilisme. Quand je regarde ce qui se passe autour de moi, je vois que mes contemporains, qui ont plus ou moins abandonné le monothéisme, ne sont pas pour autant tombés dans le nihilisme, le sadisme ou le pur relativisme. Notre société conserve un rapport au bien et au mal, au point d’ailleurs qu’il y a des choses qu’il ne faut pas dire ou qu’on n’a pas le droit d’être…


Ces accusateurs, parmi lesquels on trouve des catholiques, jouent-ils à se faire peur ?


C. D. : L’accusation de nihilisme émane surtout de gens désespérés de voir que le judéo-christianisme s’e ace. Ils se disent : « Si cette culture dans laquelle nous avons été élevés s’e ace, c’est le rien, c’est le vide, c’est la mort. » C’est une réaction d’a olement. Comme catholique, je ne me réjouis pas que le christianisme s’efface, mais je pense qu’il ne faut pas jouer avec cette opposition facile et fausse qui consiste à opposer le christianisme et le « rien ». Ce serait absurde d’imaginer que nous puissions n’être livrés qu’à ces deux seules possibilités ! D’ailleurs, ce n’est pas le christianisme qui est perdu, mais notre puissance. Et pour une religion, perdre sa puissance n’est jamais une mauvaise a aire…

 

Votre thèse, c’est qu’une parenthèse se referme en Occident avec l’effacement des grandes religions monothéistes. À quoi revenons-nous ?


C. D. : Quand on regarde la situation présente, on a l’impression que le relativisme partiel de notre époque est quelque chose de complètement nouveau. Mais si l’on regarde l’histoire, on s’aperçoit au contraire que c’est quelque chose qui a toujours existé – et partout – en dehors des deux mille cinq cents ans de monothéisme que nous venons de vivre. Le relativisme consiste à vivre au milieu de vérités faibles, de mythes, d’histoires dont nous ne savons pas si elles sont vraies ou fausses. C’est à cet état que nous sommes en train de revenir. Nous nous désintéressons de la question de la vérité, pour nous intéresser à la question de l’utilité morale. Avant le christianisme, les Anciens vivaient comme cela, au milieu d’histoires traditionnelles, parfois sacrées, dont la question n’était pas de savoir si elles étaient vraies ou fausses, mais si elles aidaient à vivre, si elles étaient édifiantes.


Pourquoi avoir choisi de procéder à une forme de stylisation de l’histoire de notre rapport au monde pour dégager ces deux options que vous opposez ?


C. D. : Ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de montrer où ce changement nous mène. Je pense que nos contemporains ne voient pas qu’ils sont en train de se couper de références qui, pour nous, sont encore sacrées, comme la démocratie ou la dignité humaine. C’est pourquoi je stylise l’histoire, comme vous dites. Je voudrais montrer l’incohérence qu’il y a à se couper des racines judéochrétiennes et à s’imaginer que nous allons conserver les fruits de cette histoire. Comme si ces derniers n’allaient pas pourrir, d’une certaine manière.


Vous n’allez pourtant pas ramener les gens à la foi par le raisonnement…


C. D. : Vous avez raison, mais je pense qu’un très grand nombre de gens sont entre deux eaux. Ils sont encore du côté de la foi chrétienne et, en même temps, ils ont déjà un pied au dehors : ils peuvent aussi bien rester dans le christianisme que partir. Je pense que la vision de cette incohérence peut leur permettre de choisir.


Le « refus de la vérité » que vous diagnostiquez a aussi une histoire. Comment la lisez-vous ?


C. D. : Il y a eu un fanatisme de la vérité, des vérités qui par leurs excès se sont fait détester, et je comprends très bien les critiques modernes adressées à l’idée de la vérité. Personnellement, je crois à une vérité, mais si cette vérité devait retomber dans les erreurs passées, je pense que je la quitterais immédiatement. Je pense qu’il y a malgré tout une vraie rupture à partir du moment où on abandonne l’idée de vérité exclusive. Ou le Christ est ressuscité, ou bien il ne l’est pas, et dans ce cas il s’agit d’une tout autre religion.


Vous citez cette phrase du Christ : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » On pourrait se demander si on n’a pas, en Occident, surévalué la question de la vérité. Certains théologiens essaient de recentrer le christianisme sur la question de l’altérité, de l’éthique, plutôt que sur celle de la vérité…


C. D. : Cela me semble témoigner d’une volonté typiquement contemporaine d’e acer la foi religieuse derrière la morale. Au fond, ce que nous voudrions alors, c’est conserver « le Christ est le chemin et la vie », mais retirer « la vérité ». Le christianisme devient alors un mythe, une belle histoire utile, édifiante, qui nous aide à vivre. Il faut pourtant comprendre que la vérité sur laquelle s’assoit la foi traditionnelle signi e l’altérité radicale de cette religion, qui est la révélation d’une transcendance, une sortie de l’immanence. Le Christ que certains voudraient, un bon type ni vrai ni faux, réinvente complètement cette religion en prétendant la recentrer. Mais je ne suis pas théologienne…


Quelles sont pour vous les priorités du christianisme dans ce contexte ?


C. D. : D’abord, la question de la tolérance et de la vérité. L’Église doit être capable d’être tolérante sans pour autant accepter n’importe quoi. C’est un équilibre di cile à tenir. Ensuite, il nous faut être essentiellement une Église de témoignage. C’est pratiquement notre seule possibilité de convaincre : le pharisaïsme a dégoûté beaucoup de gens du christianisme.


« Nos contemporains ne voient pas qu’ils sont en train de se couper de références qui, pour nous, sont encore sacrées. »
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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 11:33
Comment est née l’amitié de Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger ?
Entretien de Benoît XVI à la TV polonaise, 16 octobre 2005

ROME, Jeudi 28 avril 2011 (ZENIT.org) - Comment est née l'amitié de Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger ? Benoît XVI en a parlé en 2005, à l'occasion de l'anniversaire de l'élection de Jean-Paul II, le 16 octobre, à l'occasion de la « Journée Jean-Paul II » célébrée en Pologne chaque année à cette date.

Benoît XVI répondait aux questions de Andrzej Majewski, responsable des émissions catholiques pour la télévision publique polonaise


Voici les principaux passages de cet entretien exceptionnel:


A. Majewski - Saint Père, comment est née cette amitié et quand votre Sainteté a-t-elle connu le Cardinal Karol Wojtyla?


Benoît XVI - Personnellement, j'ai fait sa connaissance lors des deux pré-conclave et conclave de 1978. J'avais naturellement entendu parler du Cardinal Wojtyla, au départ surtout dans le contexte de l'échange de lettres entre les évêques polonais et allemands, en 1965. Les cardinaux allemands m'ont raconté combien le mérite et la contribution de l'Archevêque de Cracovie étaient grands et qu'il était vraiment l'âme de cette correspondance réellement historique. J'avais également eu écho, par des amis universitaires, de sa philosophie et de sa stature de penseur. Mais comme je l'ai dit, la première rencontre personnelle a eu lieu lors du conclave de 1978. Dès le départ, j'ai éprouvé une grande sympathie et, grâce à Dieu, sans l'avoir méritée, j'ai reçu dès le début le don de son amitié. Je suis reconnaissant de cette confiance qu'il m'a accordée, sans que je le mérite. Surtout en le voyant prier, j'ai vu et pas seulement compris, j'ai vu que c'était un homme de Dieu. Telle était l'impression fondamentale: un homme qui vit avec Dieu, et même en Dieu. Ensuite, j'ai été impressionné par sa cordialité sans préjugés vis-à-vis de moi. Au cours de ces rencontres du pré-conclave des cardinaux, il a pris plusieurs fois la parole et, là, j'ai eu l'occasion d'apprécier l'envergure du penseur. Ainsi était née, en toute simplicité, une amitié qui venait vraiment du cœur et, juste après son élection, le Pape m'a appelé plusieurs fois à Rome pour des entretiens et, à la fin, il m'a nommé préfet de la congrégation pour la Doctrine de la Foi.


A. Majewski - Donc, cette nomination et cette convocation à Rome n'ont pas été une surprise?


Benoît XVI - Pour moi c'était un peu difficile, parce que depuis le début de mon épiscopat à Munich, par la consécration comme évêque dans la cathédrale de la ville, il y avait pour moi comme une obligation, presque un mariage avec ce diocèse, et ils avaient aussi souligné que j'étais, depuis dès décennies, le premier évêque originaire du diocèse. Je me sentais donc très engagé et lié à ce diocèse. Puis il y avait des problèmes difficiles qui n'étaient pas encore résolus, et je ne voulais pas quitter le diocèse avec des problèmes non résolus. J'ai discuté de tout cela avec le Saint Père, avec cette grande ouverture et avec cette confiance qu'avait le Saint Père, qui était très paternel à mon égard. Il m'a alors donné le temps de réfléchir, lui-même voulait réfléchir. Il a fini par me convaincre, parce que c'était la volonté de Dieu. J'ai pu ainsi accepter cet appel et cette grande responsabilité, pas facile, qui en soi dépassait mes capacités. Mais confiant dans la bienveillance paternelle du Pape et guidé par l'Esprit Saint, j'ai pu dire oui.

A. Majewski - Cette expérience dura plus de vingt ans...


Benoît XVI - Oui, je suis arrivé en février 1982 et elle a duré jusqu'à la mort du Pape, en 2005.


A. Majewski - Quels sont, selon vous, Saint Père, les points les plus significatifs du pontificat de Jean Paul II?


Benoît XVI - Je dirais que l'on peut adopter deux points de vue: un externe, sur le monde, et un interne, sur l'Eglise. En ce qui concerne le monde, il me semble que le Saint Père, avec ses discours, sa personne, sa présence, sa capacité de convaincre, a créé une nouvelle sensibilité pour les valeurs morales, pour l'importance de la religion dans le monde. Cela a entraîné une nouvelle ouverture, une nouvelle sensibilité pour les problèmes de la religion, pour la nécessité de la dimension religieuse chez l'homme et, par dessus tout, l'importance de l'Evêque de Rome s'est accrue de manière inimaginable. Tous les chrétiens, malgré les différences et malgré leur non reconnaissance du successeur de Saint Pierre, ont reconnu qu'il était le porte parole de la chrétienté. Personne d'autre au monde, ne peut parler ainsi au nom de la chrétienté au niveau mondial ni donner voix et force à la réalité chrétienne dans l'actualité du monde. Mais aussi pour la non-chrétienté et pour les autres religions, c'était lui, le porte parole des grandes valeurs de l'humanité. Il faut aussi dire qu'il est parvenu à créer un climat de dialogue entre les grandes religions et un sens commun des responsabilités à l'égard du monde, mais aussi que les violences et les religions sont incompatibles et que, ensemble, nous devons chercher le chemin de la paix, dans le cadre de notre responsabilité commune de l'humanité.

En ce qui concerne par ailleurs la situation de l'Eglise. Je dirais que, avant tout, il a su susciter l'enthousiasme des jeunes pour le Christ. Il s'agit d'une chose nouvelle, si nous pensons à la jeunesse de 1968 et des années 70. Seule une personne aussi charismatique pouvait susciter l'enthousiasme de la jeunesse pour le Christ et pour l'Eglise, ainsi que pour des valeurs exigeantes, lui seul pouvait réussir de cette façon à mobiliser la jeunesse du monde pour la cause de Dieu et pour l'amour du Christ. Il a créé dans l'Eglise, je pense, un nouvel amour pour l'Eucharistie . Nous sommes encore dans l'année de l'Eucharistie, qu'il a voulue avec tant d'amour; il a créé une nouvelle perception de la grandeur de la Divine Miséricorde ; et il a aussi beaucoup approfondi l'amour pour la Sainte Vierge , et il nous a ainsi conduits à une intériorisation de la foi et, en même temps, à une plus grande efficacité. Naturellement, il importe de mentionner également, comme nous le savons tous, sa contribution aux grands changements dans le monde en 1989, à l'effondrement du soi-disant socialisme réel.


A. Majewski - Au cours de vos rencontres personnelles et des entretiens avec Jean Paul II, qu'est-ce qui vous impressionnait le plus? Votre Sainteté, pourriez-vous nous raconter vos dernières rencontres avec lui, celles de cette année, peut-être?


Benoît XVI - Oui, nos deux dernières rencontres ont eu lieu, la première, à la polyclinique Gemelli , aux alentours du 5-6 février; et la deuxième, la veille de sa mort, dans sa chambre. Lors de la première rencontre, le Pape souffrait visiblement, mais il était pleinement lucide et très présent. J'y étais allé simplement pour un entretien de travail, parce que j'avais besoin qu'il prenne quelques décisions. Le Saint Père, bien que souffrant, suivait avec grande attention ce que je disais. Il me communiqua ses décisions en peu de mots, me donna sa bénédiction, me salua en allemand, tout en m'accordant sa pleine confiance et son amitié. Pour moi, cela a été très émouvant de voir, d'une part, qu'il souffrait en union avec le Seigneur souffrant, qu'il portait sa souffrance avec le Seigneur et pour le Seigneur; et, d'autre part, de voir qu' il resplendissait d'une sérénité intérieure et d'une lucidité complète.

La seconde rencontre a eu lieu le jour précédant sa mort: il était manifestement plus souffrant, entouré de médecins et d'amis. Il était encore très lucide, il m'a donné sa bénédiction. Il ne pouvait plus parler beaucoup. Pour moi, cette patience dans la souffrance qui fut la sienne a été un grand enseignement; surtout de voir et de sentir combien il était entre les mains de Dieu et comment il s'abandonnait à la volonté de Dieu. Malgré les douleurs visibles, il était serein, parce qu'il était entre les mains de l'Amour Divin.


A. Majewski - Très Saint Père, vous évoquez souvent dans vos discours le souvenir de Jean Paul II, et vous dites que c'était un grand Pape, un prédécesseur regretté et vénéré. Nous pensons toujours à vos paroles prononcées lors de la messe du 20 avril dernier, des paroles spécialement dédiées à Jean-Paul II. C'est vous, Saint Père, qui avez dit, je cite: « c'est comme s'il me tenait fortement par la main, je vois ses yeux rieurs et j'entends les paroles, qu'il m'adresse en particulier: ‘N'aie pas peur!' ». Saint Père, une question très personnelle: continuez-vous à sentir la présence de Jean-Paul II, et si oui, de quelle manière?


Benoît XVI - Certainement, je commence par répondre à la première partie de votre question. En parlant de l'héritage du Pape tout à l'heure, j'ai oublié de parler des nombreux documents qu'il nous a laissés - 14 encycliques, beaucoup de lettres pastorales et tant d'autres - et tout ceci représente un patrimoine richissime qui n'est pas encore suffisamment assimilé dans l'Eglise. Je pense que j'ai pour mission essentielle et personnelle de ne pas promulguer de nombreux nouveaux documents mais de faire en sorte que ces documents soient assimilés, car ils constituent un trésor très riche , ils sont l'authentique interprétation de Vatican II . Nous savons que le Pape était l'homme du Concile, qu'il avait assimilé intérieurement l'esprit et le lettre du Concile et, par ces textes, il nous fait vraiment comprendre ce que voulait et ce que ne voulait pas le Concile. Il nous aide à être véritablement Eglise de notre temps et des temps futurs.

A présent, j'en viens à la deuxième partie de votre question. Le Pape est toujours à mes côtés par ses textes: je l'entends et le vois parler, et je peux rester en dialogue continu avec le Saint Père, parce qu'il me parle toujours avec ces mots; je connais également l'origine de beaucoup de textes, et je me souviens des dialogues que nous avons eu sur l'un ou l'autre d'entre eux. Je peux poursuivre le dialogue avec le Saint Père. Naturellement, cette proximité qui passe par les mots est une proximité non seulement avec les textes, mais avec la personne, derrière les textes j'entends le Pape lui-même. Un homme qui va auprès du Seigneur, qui ne s'éloigne pas: de plus en plus je sens qu'un homme qui va auprès du Seigneur se rapproche encore davantage et je sens que, par le Seigneur, il est proche de moi, parce que je suis proche du Seigneur. Je suis proche du Pape et lui, maintenant, m'aide à être près du Seigneur et je cherche à entrer dans son climat de prière, d'amour du Seigneur, d'amour de la Sainte Vierge et je m'en remets à ses prières. Il y a également un dialogue permanent et aussi un « être proches », sous une forme nouvelle, mais une forme très profonde .

(...)


A. Majewski - Saint Père, au nom de tous les téléspectateurs, je vous remercie de tout cœur pour cette interview. Merci, Saint Père.


Benoît XVI - Merci à vous.

[Traduction réalisée par Radio Vatican]

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Published by Dominique THIRY - dans Paroles du pape Benoît XVI
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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 11:30

Le jour du Ressuscité !

 

Pour ce deuxième dimanche de Pâques, ou dimanche de la Miséricorde institué par Jean Paul II, dimanche particulier choisi par Benoît XVI pour célébrer sa béatification, je trouve ce passage de l'évangile de Jean fort intéressant car tous les ingrédients du Jour du Seigneur y sont déjà réunis.

 

Oui, c'est vraiment le jour du Ressuscité ! C'est lui, le Sauveur qui, par son irruption au milieu des apôtres apeurés et déboussolés, fait de ce groupe informe une assemblée vivante, accompagnée, soutenue et guidée pour lui donner la force de rendre témoignage. Il en est ainsi depuis lors, car de nos assemblées dominicales, Jésus fait des assemblées reconnues, accueillies, pardonnées, renouvelées et recréées.

 

Il le fait aujourd'hui comme il l'a fait au milieu des siens : par le don de l'Esprit Saint qu’il insuffle par des signes mystérieux de sa présence. D'abord, il nous manifeste son pardon, nous libère du mal et nous réconcilie. Il ne cesse de guérir nos doutes comme celui de Thomas dans la contemplation d'un crucifié, ressuscité, qui nous montre à nouveau les plaies de sa passion. Puis, il nous offre sa Parole : communication de "l'Esprit qui a parlé par les prophètes" et d'autres disciples afin que nous croyions et que par notre foi nous ayons la vie. Puis, l'Esprit Saint nous achemine jusqu'à la profession de notre foi qui rejoint celle de Thomas, l'incrédule. Il nous souffle ces mots qui nous engagent à dire avec confiance : "Mon Seigneur, et mon Dieu." Enfin, le Christ dans le pain et le vin sanctifiés de son Eucharistie, continue à nous insuffler son Esprit pour vivre avec Lui en communion.

 

Comprenons ainsi que nous avons toujours à progresser dans l'intimité avec Celui qui nous sauve par son Esprit si nous confessons en Eglise et dans le monde, la réalité de son humanité et en même temps la splendeur de sa divinité. Faisons nôtres les premières paroles du Bienheureux Jean-Paul II : « N’ayez pas peur ! Ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! »

 

Alain OBRECHT

 

1er mai 2011 : Béatification de S.S. Jean-Paul II 

 

 

 

Samedi  

30 avril

Samedi dans l’octave de Pâques

Mariage à Terville, 17h : Angélique STAHLE et Jérémy IACOMUCCI

Messe à 18h30 à VEYMERANGE 

Dimanche

1er mai

2ème DIMANCHE de PAQUES

- Dimanche de la Divine Miséricorde

Messe à 9h à VOLKRANGE

[Armand KREBER ; Werner STEINER]

Messe 10h30 à TERVILLE  [ Bernard FEUERSTOSS ;

Angelo BEI ; en l’honneur de la Vierge Marie ;

Joseph et Stanislawa MIELCAREK ; Jean-Marie MIELCAREK ; Edward et Léocadie PINIEWSKI ;

Jerzy ZYCH et Famille CEGLARSKI ]

Baptême 11h30 à Terville : Siana FILLMANN et Manon SCHMITT

Lundi 

2 mai

St Athanase

Mardi

3 mai

St Philippe et St Jacques - Fête 

Messe à 18h30 à TERVILLE  [ Bernard JUNGMANN ]

Mercredi

4 mai

B. Jean-Martin Moyë

Jeudi

5 mai

Férie

Messe à 18h30 à TERVILLE 

Vendredi

6 mai

Férie

Messe à 18h30 à BEUVANGE

[ Familles HENNEQUIN, KISSEL et AUZOLLE ]

Samedi  

7 mai

Férie

Messe à 18h30 à VEYMERANGE

Dimanche

8 mai

3ème DIMANCHE de PÂQUES

Messe à 10h45 à TERVILLE

[Raymonde THIL ; Familles LEONARD-BAUSCHEZ ]

Lundi

9 mai

Férie

 

 

 
 

 

 

Mardi

10 mai

Férie

Messe à 18h30 à TERVILLE

Mercredi

11 mai

Férie

Jeudi

12 mai

St Pancrace

Messe à 18h30 à TERVILLE

Vendredi

13 mai

Notre Dame de Fatima

Messe à 18h30 à BEUVANGE

Samedi

14 mai

St Mathias - Fête

Mariage à Veymerange à 16h30

                          de Marie Anne BAUDELET  et  Jérôme KEIFLIN

Messe à 18h30 à ELANGE – St Isidore [ Maria Rosa STERI ]

Dimanche

15 mai

4ème DIMANCHE de PÂQUES

Messe à 9h00 à TERVILLE   [ Marie et Eugène DURO ]

Messe à 10h30 à VOLKRANGE  -  1ère Communion des enfants de Volkrange

[ Famille ANGERMANN-PRINTZ-MARASSE ;

Jean-Claude KLEIN ]

Baptême à 12h à Terville de :

                         Quentin RAUH, Ninon TRESEUX, Kyllian BILLE

 

 

 

Adoration du SAINt Sacrement

 

Annulation de l'adoration du 4 mai

 

CONFESSIONS INDIVIDUELLES

 

pas de confessions en mai

prochaines confessions 7 juin -18h00 Terville

 

 

béatification et  canonisation de Jean-Paul ii


Le jour de la mémoire liturgique de Jean-Paul II a été fixé pour les diocèses de Rome et de Pologne par un décret de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Il s’agira du 22 octobre, jour de l’intronisation du pape polonais, six jours après son élection le 16 octobre 1978.

Les célébrations de la béatification de Jean-Paul II auront lieu du 30 avril au 2 mai 2011, à Rome. Cinq temps forts sont prévus.

Samedi 30 avril  :  Veillée de prière (20h30-22h30) au Circo Massimo, organisée par le diocèse de Rome. Le pape Benoît XVI sera en union de prières via une vidéo.

Dimanche 1er mai  :  Messe de béatification à 10h Place Saint-Pierre, présidée par le pape Benoît XVI. Après la cérémonie, la dépouille du nouveau bienheureux sera accessible à la vénération des fidèles, devant l’autel de la Confession.

Lundi 2 mai  :  Messe d’action de grâces à 10h30, célébrée Place Saint-Pierre par le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat. L’installation de la dépouille dans la chapelle Saint-Sébastien de la Basilique vaticane ne sera pas publique.

 

LES INFOS DE NOTRE COMMUNAUTE

 

Informations :

 

- il n'y aura pas de permanence le mercredi 3 mai.

- la messe anticipée du samedi 14 mai sera célébrée à 18h30 à ELANGE

- horaires des messes du 15 mai : Volkrange à 10h30 (1ère communion) - Terville à 9 h      

 

Récitation du chapelet : les vendredis de mai - chapelle de Beuvange avant la messe

 

Première communion : répétition pour les enfants de Volkrange, vendredi

13 mai à l’église de 16h45 à 18h

 

Groupe Jeunes Adultes : rencontre le 11 mai à 20h30 - presbytère St Maximin

 

PELERINAGE à LUXEMBOURG

 

à Notre-Dame Consolatrice des Affligés

 

lundi 16 mai 2011

 

Thème :   "Reste avec nous Seigneur  - pour une Eglise d'accueil et d'écoute"

 

Inscription : Mme Lemmer 03.82.88.14.77-en son absence : Mme Vigneron 06.88.17.10.77

 

Exposition du CEPAL sur le Livre de la Genèse

 

le dimanche 22 mai à l'église de Terville

 

Exposition ouverte à l'heure de la messe, ainsi que de 14h à 18h30

 

 

l’onction des malades : une force pour vivre


Dans la maladie, l’homme fait l’expérience de son impuissance, de ses limites et de sa finitude. Toute maladie peut nous faire entrevoir la mort, conduire à l’angoisse, au repliement sur soi, parfois même au désespoir et à la révolte contre Dieu. Elle peut aussi rendre la personne plus mûre, l’aider à discerner dans sa vie ce qui n’est pas essentiel pour se tourner vers ce qui l’est. Très souvent, la maladie provoque une recherche de Dieu, un retour à Lui.

 

Le sacrement des malades, c’est le sacrement du réconfort de Dieu

Par le sacrement, les malades sont appelés et aidés à vivre dans la confiance le chemin parfois très rude qu’ils ont à parcourir. En le célébrant dans la foi, ils peuvent reconnaître de façon presque palpable la présence de Dieu dans leur vie. Dieu qui nous veut toujours Vivants, nous appelle toujours à la  Vie.

 

Un appel pour nos Communautés chrétiennes...

La maladie, le grand âge, le handicap, isolent souvent en mettant à part de la société.

Et dans nos communautés chrétiennes, quelle place faisons-nous réellement à toutes ces personnes qui ont peu de moyens de se faire entendre ? Quels liens de communion sont maintenus ou tissés avec elles ?

Le sentiment d’être à charge ou même, simplement, de ne plus intéresser personne est une des souffrances des malades. C’est toute l’Eglise qui doit être « sacrement », vrai signe parlant de l’amour du Dieu Sauveur, au service des malades et de tous.

 

Célébration communautaire du Sacrement des malades

Dimanche 15 mai 2010 à 10h à l’église St Pierre

 

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 16:56

Article de l'Ami Hebdo du 24 avril 2011


La dramatique question de Ponce Pilate

«Qu’est-ce que la vérité ?»

      

Le personnage sceptique et cynique de Ponce Pilate nous est connu par les récits évangéliques de la Passion de Jésus. La question aussi. Elle est toujours d'actualité. « De nos jours aussi, dans le débat politique tout comme dans la discussion à propos de la formation du droit, on éprouve en général une certaine difficulté à son égard ».

 

C'est le constat fait par Benoît XVI (Jésus de Nazareth. Tome II., éditions du Rocher 2010) qui surtitre son discours d'admission à l'Académie des Sciences morales et politiques (1992) avec la question de Ponce Pilate, dans lequel il voit un représentant du relativisme « le concept du bien et à plus forte raison celui de la vérité sont exclus de la politique ».

 

La réponse de Ponce Pilate

 

Parce qu'il croit la question sans réponse, Ponce Pilate laisse crucifier un innocent. En effet, comme l'écrit le philosophe André Comte-Sponville, « s'il n'y a pas de vérité, ou si l'on ne peut pas du tout la connaître, quelle différence entre un coupable et un innocent, entre un procès et une mascarade, entre un juste et un escroc ?... quelle justice sans la vérité ? » (Le Monde des religions – Janvier-février 2009)

Il est symptomatique que Ponce Pilate n'attende pas de réponse à sa question. L'Évangile selon Jean rapporte que « sur ce mot, il alla de nouveau trouver les Juifs dehors ».

Pour mener le procès, le gouverneur fait l'aller-retour entre les accusateurs, les maîtres du Temple, qui sont en dehors du prétoire et l'accusé Jésus qui est à l'intérieur. La question de Ponce Pilate est en réalité une négation de la vérité.

 

 « Confronté au témoignage de la vérité, porté par le Témoin de la vérité, le représentant du politique est sommé d'énoncer sa vérité à lui, à la lumière de celle-là ». Il adopte une tactique « d'évitement de la vérité » (ein Ausweichen vor der Wahrheit). C'est le jugement que porte l'exégète Heinrich Schlier, auquel se réfère le Cardinal Ratzinger dans son article. Peu importe la tonalité du questionnement de Ponce Pilate, « curieuse, intéressée, arrogante, ironique », son fond seul est déterminant : c'est une fuite devant la vérité, « il ne connaît, ni ne reconnaît une vérité ». Il laisse donc perpétrer « un assassinat judiciaire » (H. Schlier).

Parce qu'il « dénature son pouvoir et le pouvoir de l'Etat » en ne le dérivant pas « d'un ordre supérieur défini par la vérité », (Cardinal Joseph Ratzinger), il condamne Jésus, pour s'éviter personnellement des ennuis et pour ne pas causer des troubles et des désordres pen­dant les fêtes de la Pâque.

 

Préfet de Judée (son titre offi­ciel) de 26 à 36, Ponce Pilate s'est rendu impopulaire par des provocations inopportunes à l'encontre des Juifs. L'historien Flavius Josèphe (La guerre des Juifs) en rapporte deux. Il a introduit, de nuit, à Jérusalem, les images de César, autrement dit, les effigies de l'empereur romain, accrochées sous forme de médaillons aux hampes des enseignes militaires. Scandalisés par cette infraction à l'interdit religieux « de placer dans la ville quelque image que ce soit », les Juifs se sont rendus en foule à Césarée et ont manifesté durant cinq jours et cinq nuits autour du palais de Ponce Pilate qui a finalement cédé et retiré les enseignes.

Une autre provocation a consisté à prélever sur le trésor sacré du Temple les fonds nécessaires à la construction d'un aqueduc. A cette occasion, les manifestations sont réprimées par la force, « beaucoup de Juifs périrent...le peuple fut réduit au silence » (Flavius Josèphe). L'Evangile selon Luc (13,1) se fait l'écho d'un autre massacre perpétré par Ponce Pilate : des Galiléens, tués alors qu'ils célèbrent un sacrifice.

 

Le relativisme démocratique

 

Au nom de la vérité qui est accessible, au moins partiellement, à la raison humaine ou qui est révélée aux hommes par Dieu, l'exégète Heinrich Schlier et le théologien Joseph Ratzinger critiquent l'attitude de Ponce Pilate. Le professeur de droit autrichien Hans Kel­sen, considéré comme le grand juriste du XXème siècle, approuve sa posture qu'il considère devoir être celle de l'Etat : la vérité n'est pas de son ressort. Selon Hans Kel­sen, Ponce Pilate a raison de s'en remettre au peuple et de faire décider par la majorité du sort de Jésus. Par trois fois, le peuple décide la crucifixion : en préférant Barabbas à Jésus (Jn 18, 39-40), en réponse à l'Ecce Homo de Pilate, (Jn 19, 5-6), en réponse à la seconde présentation de Jésus au peuple « Voici votre roi » (Jn 19,14-16).

Hans Kel­sen pratique un « relativisme strict : pour lui, la relation de la démocratie et de la religion ne peut être que négative. C'est en particulier le cas du chris­tianisme qui professe des véri­tés et des valeurs absolues et qui se trouve ainsi en opposi­tion frontale avec le nécessaire scepticisme du relativisme démocratique ». (Cardinal Joseph Ratzinger).

 

En effet, il y a une tension quasi-névralgique entre le reli­gieux et le politique. Le pre­mier soutient que le vrai et le faux, le bien et le mal, le juste et l'injuste, s'imposent à toute intelligence et à toute conscience saines, éclairées par la Révélation et fonde ainsi des normes morales valables pour tous les hommes. Cette position a été fermement défendue par Jean-Paul II notamment dans deux encycliques, données dans la dernière décennie du XXème siècle : Veritatis splen­dor (1993) et Fides et ratio (1998). Dans la première, Jean Paul II met l'humanité en garde contre un affaiblisse­ment de la raison et contre une ambiance culturelle jugée délétère : « en s'abandonnant au relativisme et au scepti­cisme (cf. Jn18,38), l'homme recherche une liberté illusoire en dehors de la vérité elle-même » (Veritatis splendor, n° 1), alors que « la splendeur de la vérité se reflète dans toutes les oeuvres du Créateur et d'une manière particulière dans l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu ». Dès les premières lignes de l'encyclique, il y a une référence explicite (Jn 18,38) à la question de Ponce Pilate. Quant à l'Encyclique Fides et ratio, elle traduit dans un paragraphe central la préoccupation de Jean Paul II, quant à l'affaiblissement de la raison : « Le rapport actuel entre foi et raison demande un effort attentif, parce que la raison et la foi se sont toutes deux appauvries et se sont affaiblies l'une par rapport à l'autre.., Il est illusoire de pen­ser que la foi, face à une rai­son faible, puisse avoir une plus grande force ». (Ency­clique Fides et ratio, n° 48).

 

Dans l'Encyclique Centesimus annus (1991), Jean-Paul II rejette l'opinion courante que le système démocratique que « l'Eglise apprécie » ne soit compatible qu'avec le relati­visme sceptique : « On entend affirmer aujourd'hui que l'ag­nosticisme et le relativisme sceptique représentent la phi­losophie et l'attitude fonda­mentale accordées aux formes démocratiques de la vie poli­tique, et que ceux qui sont convaincus de connaître la vérité et qui lui donnent une ferme adhésion ne sont pas dignes de confiance, parce qu'ils n'acceptent pas que la vérité soit déterminée par la majorité ou qu'elle diffère selon les divers équilibres politiques » (Encyclique Cen­tesimus annus, n° 46).

 

Dans le tome II de son livre « Jésus de Nazareth », Benoît XVI rappelle que la question « Qu'est-ce que la vérité ? » est « une question grave, dans laquelle, de fait, est en jeu le destin de l'humanité... (Elle) n'a pas seulement été mise de côté uniquement par Pilate. De nos jours aussi dans le débat politique tout comme dans la formation du droit, on éprouve en général une cer­taine difficulté à son égard... (Or) sans la vérité, l'homme ne peut saisir le sens de la vie, il laisse alors le champ libre au plus fort » Qu'est-ce que la vérité ? « C'est une question que se pose aussi la doctrine moderne de l'Etat : est-ce que la politique peut prendre la vérité comme catégorie pour sa structure ? Ou bien faut-il laisser la vérité comme dimen­sion inaccessible à la subjecti­vité et s'efforcer au contraire de réussir à établir la paix et la justice avec les instruments disponibles dans le domaine du pouvoir ? » (Benoît XVI)

 

La vérité procédurale

 

Du point de vue de la religion, la vérité a un fondement objectif et transcendant, du point de vue de la démocratie libérale, la vérité est la résul­tante du consensus social.

 

C'est la position défendue par le philosophe allemand Jürgen Habermas avec qui a débattu le Cardinal Joseph Ratzinger, le 19 janvier 2004, à Munich, devant les membres de l'Aca­démie catholique de Bavière. Les exposés du philosophe et du théologien ont été publiés sous le titre « Dialectique de la sécularisation ; de la raison et de la religion (Herder 2005). Jürgen Habermas dit de lui-même qu'il « opère sans cou­verture métaphysique et donc sans transcendance. Selon lui, il n'y a pas de fon­dement absolu et ultime (Letztbegründung), ni pour la recherche de la vérité, ni pour la connaissance du bien moral. Sujets parlants et agis­sants, les hommes ne peuvent qu'émettre des prétentions à la vérité, à la justesse norma­tive et à l'authenticité et ils ne peuvent qu'espérer obtenir un accord, un consensus de leurs interlocuteurs sur leurs pré­tentions. Cette compréhen­sion réciproque (Verständi­gung) suppose qu'il y ait com­munication, c'est-à-dire, dis­cussion et argumentation, donc dialogue et finalement acceptation partagée des faits et arguments avancés. Vérité et validité reposent sur une reconnaissance intersubjective justifiée et, donc, sur le consensus de participants rai­sonnables à la discussion.

 

Pour Jürgen Habermas, auteur de la théorie de l'agir commu­nicationnel (Theorie des kom­munikativen Handelns), la communication est le vecteur de la raison, elle porte sur la rationalité, c'est-à-dire, sur la raison inhérente au langage, à la connaissance et à l'action : locuteurs et auditeurs dialo­guent et argumentent sur leurs prétentions respectives à la validité (Geltungsans­prüche).

 

Ces prétentions à la validité sont de trois ordres. Il y a les prétentions à la vérité (Wahrheit), à l'adéquation du discours à la réalité objective. Il y a les prétentions à la jus­tesse normative (Richtigheit), elles concernent la réalité sociale et la validité des normes morales, Il y a les pré­tentions à l'expressivité sub­jective (Wahrhaftigkeit), elles traduisent le vécu subjectif du locuteur, son authenticité.

Au professeur Jürgen Haber­mas, le philosophe, qui admet la faillibilité de la raison, le Cardinal Joseph Ratzinger, le théologien, concède que la religion a besoin de « la divine lumière de la raison, en quelque sorte comme un organe de contrôle. Mais il ne voit qu'un remède à « l'hy­bris de la raison : qu'elle reste à « l'écoute des grandes traditions religieuses de l'hu­manité ».

Aux lecteurs de son livre « Jésus de Nazareth, Benoît XVI dit que « Rendre témoignage à la vérité signifie met­tre au premier plan Dieu et sa volonté face aux intérêts du monde et à ses puissances.

Ainsi, « en partant de Dieu, de la Raison créatrice...et de sa vérité, l'homme trouve son « critère d'orientation dans le monde ».

 

Antoine Moster 24 avril 2011

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