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  • : Communauté; catholique du Bon Pasteur de Thionville
  • Communauté; catholique du Bon Pasteur de Thionville
  • : Rencontre avec une communauté chrétienne catholique de Moselle, à Thionville (rive gauche). Trouver les infos qu'il vous faut: prière, réflexion, méditation, baptême, première communion,confirmation, sacrement de l'ordre, mariage, funérailles, .......
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Adoration du St Sacrement




"Christ au centre,
Christ pour tous!"

Tous les mercredis soir, de 20h15 à 21h30, à l'église de Veymerange, venez prier et louer le Seigneur, sur fond de chants de taizé et de l'Emmanuel. Le Saint Sacrement est exposé pour l'adoration.

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Réconciliation


Recevoir le pardon de Dieu: tous les premiers mardis du mois à 18h00 à l'église de TERVILLE; avant chaque messe; ou en faisant appel au curé de la paroisse

Que Dieu vous bénisse

Je vous souhaite la bienvenue sur le blog de la communauté de paroisses du Bon Pasteur ! Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez le faire à l' adresse ci-dessous ou en me téléphonant au presbytère. 

  Le secrétariat est au presbytère de Veymerange,

16 rue St Martin, 57100 Veymerange.

Hors vacances, les heures d'ouverture du secrétariat sont: mardi et vendredi de 17h00 à 18h30 et mercredi de 10h00 à 12h00.

Durant les vacances scolaires, il n'y a qu'une permance le vendredi.

l:  03.82.50.40.06

 courriel: jp.kovacs@eveche-metz.fr

----------------------------------Pour vous informer:------------------

 
KTO, la télé catho:Lien vers KTO
 
FPour aider la quête diocésaine:faire-un_don2.jpg

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Ensemble, avec le Christ au centre, le Christ pour tous!
  Jean-Pierre Kovacs
Le curé de la Communauté du Bon Pasteur
 Notre partenaire:
http://toplouange.over-blog.fr

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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 18:37
Script diaporama                                     
Toutes les belles histoires commencent par ces mots : « il était une fois... ». L'histoire que nous allons vous raconter cet après-midi est une histoire un peu particulière. Elle nécessite d’emblée une toute petite correction: 
 (« il était une foi ... »)… voilà qui est fait. 
 
Nous allons bien sûr vous raconter l'histoire de la  construction de l'église Saint-Sébastien dans laquelle nous sommes réunis. Nous allons surtout essayer de goûter à l'audace et à la foi qui animaient le coeur des tervillois. Car il s’agit bien d’une histoire de cœur d’abord. Et ils en avaient du cœur, nos chers tervillois. Ce sont ces hommes et ces femmes, nos parents et grands parents, pour la plupart ouvriers dans la sidérurgie, qui ont permis que nous soyons là cet après-midi.
 
Mais sans plus tarder, plantons le décor !
 
Pendant de longs siècles, Terville dépendait de la paroisse mère de Volkrange au même titre que Beuvange, Metzange, Marspich, Veymerange, et Elange. Ce qui aujourd'hui est devenue  la communauté de paroisses du Bon Pasteur n'était en fait qu'une  seule et unique paroisse. Ce découpage datait probablement de l’époque mérovingienne. Il n’y avait alors qu’une seule église à Volkrange, probablement en bois. Les 4 kms qu’il fallait parcourir à l’aller puis au retour,  par tous les temps et sur des chemins pas toujours très praticables, rendaient les déplacements fatiguants voire périlleux. Après moult et moult péripéties et de très nombreuses requêtes auprès des autorités religieuses, Terville obtint enfin son statut de paroisse quelques siècles plus tard. Le registre des délibérations du conseil de fabrique en fait foi. Elle est érigée le 27 août 1897, et est donc récente. Vous pouvez voir sur cette photo M. le Maire qui est assis à gauche et Monsieur le Curé à droite. N’y voyez là rien de politique, simplement l’esprit d’une entente cordiale.
 
Si l’érection de la paroisse est récente, elle est pourtant bien le fruit d'une longue histoire religieuse puisque dès 1472, une chapelle gothique construite au centre du hameau témoigne de la ferveur des chrétiens. En effet l’accroissement de la population rurale conduit les autorités ecclésiastiques à accepter la construction de chapelles annexes, comme celle de Veymerange au XIIIème siècle.
 
« Treville »  n'avait alors que trois rues: la rue Haute, la rue Basse, la rue de Wain (Wain signifie « blé d’hiver » : le saviez vous ?). La chapelle dont le titulaire était déjà St Sébastien était le coeur du hameau, le lieu de rassemblement des tervillois quand ils faisaient la fête, mais aussi  le lieu de refuge contre les pillages et les guerres de toute sorte. Et les tervillois en ont connu !
Pourquoi le titulaire était-il St Sébastien ? Faute de moyens, les habitants avaient fait appel à la confrérie de St Sébastien pour financer la construction de leur lieu de culte. Par ailleurs on peut supposer qu’ils ont dû directement participer aux travaux pour faire baisser le coût de la dépense. Eh oui, déjà à l’époque !
Précision : à partir de ce moment là,  une messe par semaine y sera dite  par le curé de Volkrange.
 
Malgré tous les nombreux conflits et brimades que subiront les tervillois, ils demeurèrent fermes pour défendre leur lieu de culte, notamment lorsque celui-ci fût vendu comme bien national lors de la révolution. En effet, lorsque deux experts vinrent estimer le prix de la chapelle,  ceux-ci furent accueillis par un groupe de femmes armées de pierre et durent très vite rebrousser chemin. L’acquéreur, Monsieur Lafontaine de Thionville, n’entra jamais en possession de son bien et en 1800, les messes hebdomadaires y étaient à nouveau dites.
 
Malheureusement cette petite chapelle se dégrada au cours du temps, et en 1858, décision fut prise de la détruire. Entre-temps, le 15 février 1855,  le conseil municipal de Veymerange dont dépendait à présent notre commune se réunit en séance ordinaire pour traiter d'une demande des habitants de Terville : la construction et le financement d'une nouvelle église.
Le 9 juin 1865, ce fut chose faite. Cette nouvelle église fut déclarée chapelle de secours, l’église principale demeurant celle de Veymerange. Cette chapelle pouvait contenir 268 paroissiens.
 
Seulement voilà :  le développement industriel de la France se réalise au cours du XIXe siècle. Et la sidérurgie prend son essor dans nos régions. Le début du XXe siècle voit se poursuivre l'effort d'industrialisation, et l'acier devient très vite un enjeu stratégique. La première guerre mondiale consacre cette priorité. Et toute la vie du bassin minier de Lorraine s’organise autour du précieux métal. La société « Lorraine Minière et Métallurgique » est créé en 1921 en vue de cette mission. L’accroissement continuel des effectifs des usines nécessite la construction massive de nouveaux logements.
 
Vers 1930, trois cités minières se construisent à Terville : les cités Lyautey et Jeanne d’Arc à l’Est, la cité de Verdun  (baptisée alors cité du Moulin) au Sud, et le Parc Mon-Logis à l’Ouest. En deux ans, la population passe de 1000 à 2700 habitants. On se bat pour venir habiter Terville, car les logements y sont confortables, et la ville est desservie par un tramway très pratique qui relie Thionville à Fontoy.
 
 L'abbé Houldinger, prêtre depuis 1916, ancien vicaire de Mohrange et de Thionville, est nommé curé de Terville le 1er juin 1930. Il se trouve très vite confronté à l'exiguïté de son église. 8350 enfants fréquentent le catéchisme, et l'église peut à peine les contenir. Que doit-il faire ? Que peut-il faire ?
La crise de 1929 avait affecté l'économie du pays. Les tervillois, pour la plupart ouvriers dans la sidérurgie, n'avait pas de gros revenus.
À son arrivée, le budget du conseil de fabrique de Terville s'élève à 706,20 Francs. Et la paroisse supporte une dette de 1000 F. Comme le révèle encore le registre des délibérations du conseil de fabrique, le presbytère est dans un mauvais état et nécessite une rénovation urgente, et donc l’engagement d’une dépense supplémentaire.
 
Que peut-il faire, ce brave curé, devant une telle situation ?
Pourtant, avec courage et espérance, l’abbé Houldinger veut trouver une solution. C’est dans l’intime  de la prière qu’il se confie à Dieu et attend sa volonté. Il sait que par son engagement de foi, il est comme un pont entre le passé et l’avenir, entre Dieu et les hommes. Et il est prêt à retrousser ses manches pour relever le défi et permettre aux tervillois de prier et de louer le Seigneur dans une église digne de ce nom. Quant à l’argent, la Providence pourvoiera. La pauvreté n’est jamais un obstacle pour Dieu. Elle est une force pour engager la foi des croyants et leur énergie…. Et elle appelle la confiance !
 
Comme Dieu répond toujours dans la nuit, deux solutions se profilent très rapidement : agrandir l'église de 1865 ou construire une nouvelle église.
         La première solution semble la bonne. Un couple âgé, sans enfant, se propose d'offrir sa maison, qui est précisément situé derrière l'église. Ainsi l'église pourrait être agrandie facilement, sans que cela engage des frais lourds.
        
         Mais cette solution charitable et séduisante pose quelques difficultés à notre curé soucieux de la qualité du culte célébré. En effet l'agrandissement de l'église se traduirait par un tel allongement que l'église deviendrait comme « un long couloir » peu favorable à la prière et au développement de la liturgie. 
 
         La construction d'une nouvelle église semble la seule solution pour résoudre ce problème. On peut facilement mesurer l'angoisse et les questionnements du curé et de son conseil de fabrique devant la prise d'une telle décision, alors qu'il n'y a pas un seul sou en caisse. Dieu demande toujours le saut de la foi, un saut dans l'inconnu, un vrai saut dans le vide apparent, vécu sans aucun appui , excepté une totale confiance en Dieu.
 
         Ce saut dans la foi exige par là même la détermination et l’engagement de toutes les forces du serviteur de Dieu. Et cette détermination, l’abbé Houldinger l’avait chevillé au corps.
        
Cherchant un financement tous azimuts, voilà ce qu’il écrit le 12 février 1932 à chaque membre du conseil municipal de Terville:
 
« A Talange, un conseil municipal qu'on dit communiste et qui lui aussi à de lourdes charges scolaires et autres à supporter, vient de voter pour l'église une somme d'un demi-million. Vous tiendrez à honneur, monsieur le conseiller, de manifester votre amour pour votre commune par un geste non moins généreux … Devant le désir manifeste de la population tout entière, qui voudrait voir son église, sa mairie et ses écoles réunies, symboliser l'union de tous dans la collaboration au bien-être religieux et morale du village, je dois sortir de ma réserve et vous prier… de bien vouloir me voter le terrain désiré et une contribution financière pour la construction. Une somme de 50 000 F par an pendant 10 ans ne grèverait pas outre mesure le budget municipal et cette charge serait abondamment compensée par les avantages généreux obtenus… »
 
Au printemps 1933, une annonce fut lancée à toutes les écoles du diocèse, ainsi qu'à une grande partie de l'Alsace. De la réponse à cet appel dépendra l'engagement de la construction de l'édifice. L'abbé Houldinger sait que si son projet fait partie du dessein de Dieu, il en obtiendra le financement. La réponse fut massive et généreuse. Le premier pas était fait. L'élan était donné. La volonté de Dieu semblait s'exprimer. Il fallait maintenant aller jusqu'au bout.
 
On forma des groupes de quêteurs bénévoles qui sillonnèrent le diocèse pour récolter des fonds.Une trentainede jeunes s'engagèrent dans l'aventure. Certains plus tard se marieront même et fonderont un foyer grâce à cette aventure. En tout point, la détermination des Tervillois fut exemplaire. Sœur Marie Cécile qui est le chef de choeur actuel de notre chorale Saint-Charles se souvient :
 
« j’avais 15 ans à l’époque. Je faisais du porte à porte pour vendre des billets de 5 francs. Partout où nous allions, les gens nous réservaient un très bon accueil. Il faut dire qu'en ce temps-là, il n'y avait pas autant de sollicitations qu’aujourd'hui. Et c'était un don pour construire une église. Les gens étaient très croyants ».
 
Un fond de caisse fut créé.
 
En septembre 1933, M. curé participa au pèlerinage diocésain de lourdes. Et en revenant il profita d'un court séjour à Paris pour s'informer des prix et du style des différents sanctuaires qui se construisaient à l'époque. C'était l'époque où l'immense basilique de Lisieux sortait de terre. Il se trouve que la patronne secondaire de notre église est précisément Thérèse de Lisieux comme en témoigne l'un des autels du transept. Le désir de l'abbé Houldinger n’était-il pas de faire de l'église de Terville le Lisieux des ouvriers ? Ce qui expliquerait les proportions de notre « grande église » selon l'expression consacrée.
 
À cette occasion, notre curé fit la connaissance d'un architecte, M. Jacques Nasousky, qui est l'inventeur du brevet « Nasousky », une nouvelle technique de construction moins chère et plus moderne grâce à l'utilisation de la pierre reconstituée. Cet homme avait une longue expérience de la construction des églises puisqu'il avait déjà 50 édifices à son actif. Les contacts furent pris en vue d'une première ébauche.
 
Le problème qui se posa alors fut celui du terrain : où allait-on construire cette nouvelle église ?
Chaque obstacle est l'occasion d'un nouvel acte de foi. Et chaque acte de foi est récompensé par une réponse de la providence. En effet, le châtelain de Terville, M. Henri Chatillon, possédait un grand jardin potager qui jouxtait la rue de Verdun. Il se proposa très rapidement d’en offrir une partie comme en témoigne les registres du conseil de fabrique. Et à Noël 1933, le terrain fût acquis. Notre curé prévoyant prit soin de demander encore aux époux Châtillon un droit de passage toujours en vigueur, qui traverserait l’ensemble du jardin pour atteindre la route nationale en direction de Hayange.
 
Durant l'année 1934, il fallut encore recueillir de nombreux fonds par le biais de kermesses, de quêtes, de ventes de charité, le commerce aussi d'objets de piété. Saint Antoine de Padoue et Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus furent souvent mis à contribution dans les appels de l'abbé Houldinger. Tous les deux auront leur autel dans la nouvelle église.
 
Enfin en juin 1935  arriva le premier camion de matériel. Et les fondations commencèrent à être creusées. C'est l'entrepreneur Auguste Picard de Rouen qui fut choisi comme maître d'oeuvre.
 
Sous la pluie, le 29 septembre 1935, Mgr Pelt, l’évêque de Metz, bénit la première pierre du nouveau sanctuaire. Cette célébration marque les esprits. La présence de nombreux notables, dont le député de Moselle Schuman, le docteur Cayet, conseiller général, le directeur général des usines de Wendel M. Bosment, le directeur de la société lorraine minière M. Epron, un représentant des hauts-fourneaux, une délégation des cheminots et des postiers catholiques, de nombreux prêtres et représentants politiques étaient présents aux côtés des Tervillois pour célébrer l'événement. Voilà ce qu'en dit un article du journal local :
 
« Tout Terville avait pavoisé. Des arcs de triomphe avaient été dressés à l'entrée de la commune. Les sociétés de scouts, pompiers, croisé et la Fraternelle allèrent au-devant de son excellence Mgr l’évêque et le conduisirent en cortège jusqu'au presbytère à 15 heures. Puis eurent lieu les vêpres dans l'ancienne église, coquette mais trop petite… Vers 15 heures 45, le cortège se reforma. La musique de la Fraternelle ouvrait la marche et conduisit tout le monde vers le nouvel emplacement de la future église. Et là, malgré la pluie, chacun s'associa aux prières et aux chants liturgiques. Mgr Pelt procéda à la bénédiction et la pose de la première pierre, cérémonie qui dura près d'une heure. »
 
La cérémonie avait effectivement marqué les esprits. Elle donna une nouvelle impulsion et les quêtes s'amplifièrent. Les vitraux furent offerts spontanément. On peut encore voir inscrit dans le verre le nom des familles qui avaient participé à cet achat. D'ailleurs faut-il le préciser : seule la générosité des particuliers permit la construction de cette église qui s'était faite sans l'aide d’aucune subvention.
La batisse s’éleva progressivement, les ouvriers travaillant d’arache pied.
        
Seulement en 1937, l'argent vint à manquer. Nouvelle épreuve et coup dur pour ceux qui avaient été à l'origine d'un tel enthousiasme ! Comment allait-t-on finir la construction de cette église ? La réponse vint des tervillois eux-mêmes. Les ouvriers de notre ville se proposèrent d'achever le gros oeuvre en travaillant durement après leurs heures de travail à l'usine. Pendant cinq mois, les tervillois retroussèrent leurs manches pour achever le travail dans les temps. Sous l’œil avisé du pasteur constructeur, l’abbé Houldinger, avec l’aide de monsieur Nasousky, le génial architecte, l’église put devenir réalité, sous les yeux admiratifs de tous les tervillois.
 
En octobre 1937, notre église était achevée. Il manquait encore le clocher mais l’essentiel était fait. Remarquez cet intérieur original, le détail de chaque chapiteau, qui avait été sculpté par Mme Nasuka. L’originalité du batiment tient aussi à la composition des matériaux employés pour le réaliser. Voilà ce qu’en disait le curé Houldinger:
 
« Je crois, chers paroissiens, que vous seriez fort intéressés si je vous disais, aujourd'hui un mot des matériaux qui ont été employés pour la construction.
Nous sommes dans un pays favorisé pour le bâtiment, car nous avons sur place tout ce qu'il faut : pierres de Neufchef ; chaux à Metzervisse ; du fer, il y en a, il y en a, à tel point qu'on nomme Thionville la métropole du fer ; des briques, là où il y a des usines, il y a aussi des briques ; du bois, il n'en fallait pas beaucoup mais là aussi le pays en fournit; le sable de Moselle est tout proche et ses réserves sont considérables ; sable de laitier, nous en avons véhiculé des trains entiers que Lorraine-Escaut mettait gracieusement à notre disposition pour rehausser l'emplacement de la construction ; le ciment est presqu'à pied d'oeuvre à Ebange et Distroff. Cependant comme nous voulions avoir une église belle et claire, il fallait pour l'intérieur prendre du ciment blanc et même du rouge pour faire nos voûtes. L'usine fabriquant ce ciment coloré, dit ciment Lafarge, se trouve au Teil dans le département de l'Ardèche, ce qui augmentait sensiblement son prix. Grâce à la maison De Wendel nous avions une belle réduction sur les ciments. Pour la couverture, encore ici le département de la Moselle en fournit, par exemple une très bonne tuile à Jouy-aux-Arches qui nous a consenti une grande remise pour la toiture de la maison d'oeuvres. Cependant les tuiles de l'église nous viennent du Nord. L'Architecte avait choisi cette tuile vernisée parce qu'elle résiste mieux à la poussière de la Cimenterie et des Hauts-Fourneaux. »
 
En chiffre, les quantités sont considérables : Moellons brut ordinaire 802 m3 - Moellons appareillés 720m3 - Gravier et sable 1644 m3 - Acier 47 tonnes - Platre de Paris 3,400 tonnes - Ciment Portland extra Ebange 62 tonnes - Ciment Distroff 139 tonnes - Ciment laitier 20 tonnes – Ciment Super Ebange 28 tonnes- et enfin 10.000 Briques.
 
Le 24 octobre 1937, la consécration de l'église venait conclure et consacrer de fait tant d'efforts et de labeur au service de la gloire de Dieu. Pour l'occasion, de nombreux officiels avaient fait le déplacement. Mgr Pelt étant décédé, le diocèse était représenté par le vicaire capitulaire Mgr Schmit. Étaient présents également, Mgr Léonard, évêque missionnaire, monsieur le maire Hym et son conseil municipal, le député, le conseiller général de Thionville et bien d'autres personnalités encore. Le vendredi précédent, dans la soirée, Mgr Beaussard, évêque auxiliaire de Paris était accueilli par l'abbé Houldinger au presbytère. C'est lui qui procédera à la consécration.
Celle-ci eut lieu le dimanche matin. Dès sept heures, les fidèles étaient sur le pied de guerre pour parachever les derniers préparatifs de la fête. Sur tout le parcours que devait suivre la procession, depuis l'ancienne église jusqu'à la nouvelle, de magnifiques arcs de triomphe avaient été érigés. Des banderoles portaient l'inscription suivante : « béni soit celui qui vient au nom du seigneur ». Le rituel de la consécration commença dès 7 h 30 et dura jusqu'à neuf heures 45, heure à laquelle les fidèles purent découvrir l'église et y entrer pour y célébrer l'eucharistie. Avant la célébration, on fit translater les reliques des martyrs de l'ancienne église en grande pompe et en procession. 4000 fidèles entouraient les reliques. La grand-messe dite ensuite fut très solennelle et présidée par le curé Houldinger. Et c’est Mgr Beaussard qui fit l'homélie. Après la célébration de l'eucharistie, les fidèles se réunirent sur le perron de l'église, où ils écoutèrent l'excellent concert donné par la musique des sapeurs-pompiers de Terville. Ainsi se conclueait une journée magnifique qui était comme un point d'orgue à tout l'effort des tervillois durant ces dernières années.
 
         C'est sans clocher que la nouvelle église Saint-Sébastien est consacrée. Ce n'est qu'un peu plus tard, après la guerre qui causa quelques dégâts, entre avril 1950 et avril 1951 que fut bâti le clocher. Pour lui permettre de supporter le poids de l'ouvrage, sa forme traditionnelle en pointe initialement prévue est repensée afin d'alléger sa structure. Ce qui lui donne un cachet unique en son genre. On n'y adjoint les cloches de l'ancienne église qui ont miraculeusement échappées à la refonte durant la seconde guerre mondiale, et au-dessus de la croix, un coq prit place et qui fut d'ailleurs restauré en 2005.
Remarquez également les mosaïques qui illustrent le chemin de croix et qui sont de toute beauté. Elles seront offertes quelques temps après la fin des travaux. Quand les rayons du soleil traversent les vitraux de l'église, la faïence semble s'illuminer et se transformer en or.
 
Les grandes orgues composées de près de 1100 tuyaux trouvèrent également leur place, et furent bénis le 13 décembre 1959.
 
 Aujourd'hui notre église se tourne vers l'avenir. Elle a franchi le XXe siècle et se projette dans le XXIe. Elle veut garder sa  modernité et son originalité. Son passé, loin d’être un obstacle, lui montre qu’elle est solide et qu’elle tient bon. Mais elle n’est pas recroquevillée dans une nostalgie qui serait malsaine. Elle s’ouvre sur le futur en épousant le présent à pleine dent comme le montre les soirées Top Louange. Le projet paroissial manifeste son dynamisme au sein de la communauté du Bon Pasteur.
 
A l'heure du multimédia, notre église veut continuer à être un signe de l'amour de Dieu pour les hommes d'aujourd'hui. Elle invite à vivre l'Eglise composée de pierres vivantes, une église qui pointe vers le ciel mais qui est ouverte à tous, et qui met le Christ au centre pour tous.  Bonne anniversaire.

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Published by Dominique THIRY - dans Faire la fête
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